🏛️ 20/10/2026 french.presstv.ir  3min #330540

 Violences pendant l'allocution de Macron, démission du ministre de l'Intérieur refusée, aveux d'échec de Darmanin : la terrible soirée de l'exécutif

Après les manifestations du 17 octobre, Macron fragilisé par les critiques politiques

Une allocution présidentielle sans mesures concrètes, un dispositif sécuritaire défaillant et une colère sociale persistante : la réponse d'Emmanuel Macron à la mobilisation du 17 octobre suscite de vives critiques et accentue l'isolement de l'exécutif.

La mobilisation du 17 octobre a mis en lumière les profondes failles de la gestion politique et sécuritaire d'Emmanuel Macron. Au lendemain d'une journée marquée par des manifestations et des dégradations dans plusieurs villes françaises, le président a tenté de reprendre la main en dénonçant les violences et en réaffirmant l'autorité de l'État. Mais son intervention télévisée, loin d'apaiser les tensions, a déclenché une nouvelle vague de critiques au sein de la classe politique.

Au cœur de la tempête, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a reconnu, lundi, sa responsabilité dans les événements. Emmanuel Macron a toutefois refusé sa démission, au nom de la "nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel". Une décision qui relance les interrogations sur les failles du dispositif de sécurité.

Le constat est également sévère du côté du gouvernement. Dans une interview télévisée lundi matin, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a reconnu que les autorités avaient "failli incontestablement". Des propos qui accentuent la pression sur l'exécutif.

Candidat à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon accuse le gouvernement d'être responsable de l'aggravation de la crise et critique fermement sa stratégie de maintien de l'ordre. Le leader de La France insoumise (LFI) appelle Emmanuel Macron à répondre à la colère sociale et aux revendications de la jeunesse, tout en demandant notamment le blocage des prix des carburants et l'indemnisation des commerçants victimes des pillages.

De son côté, le chef du parti Horizons et candidat à la présidentielle Édouard Philippe critique également la gestion de la crise par l'exécutif.

Marine Le Pen a, quant à elle, vivement critiqué Emmanuel Macron après son allocution télévisée. La dirigeante du Rassemblement national (RN) d'extrême droite, également candidate à la présidentielle, fustige un pouvoir "à bout de souffle, épuisé, désorienté", qu'elle juge incapable de répondre à la situation.

Autre candidat à la présidentielle, le social-démocrate Raphaël Glucksmann a appelé lundi à une réponse "extrêmement ferme" des autorités face aux violences.

Sur le terrain, la contestation se poursuit. À Paris, l'accès au Louvre a été bloqué, lundi, par des étudiants en art, qui dénoncent notamment la répression policière ; tandis que des appels à manifester le 24 octobre circulent sur les réseaux sociaux.

La mobilisation du 17 octobre constitue ainsi un sérieux avertissement pour le pouvoir. Entre colère sociale, critiques du maintien de l'ordre et affaiblissement des soutiens politiques, Emmanuel Macron se trouve confronté à une crise qui ne pourra être résolue par une simple allocution ni par des consultations sans engagements précis. Faute de reconnaître clairement les erreurs commises et de répondre aux revendications exprimées, son gouvernement risque d'alimenter davantage encore la défiance qu'il prétend vouloir surmonter.

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