Le prix de l'essence atteint des niveaux historiques en France, alimentant davantage la pression sur le budget des ménages.
La semaine dernière, les prix à la pompe ont encore augmenté, au point que l'essence a atteint un niveau record : près de 2,11 euros le litre de sans-plomb 95-E10 en moyenne en date du vendredi 11 septembre, selon les chiffres hebdomadaires du gouvernement dévoilés ce lundi. C'est 2,3 centimes de plus que la semaine précédente, et même un plus haut absolu depuis que ces données sont compilées par l'État, soit 1985. C'est aussi la sixième semaine consécutive de hausse.
C'est un niveau inédit depuis le début de la compilation des données en 1985. Cette flambée intervient dans un contexte de forte hausse des cours du pétrole, sur fond d'escalade des tensions en Asie de l'Ouest et de perturbations persistantes du marché énergétique.
Le litre de sans-plomb 95-E5 a lui aussi atteint un tarif jamais vu, à environ 2,17 euros en moyenne (+2,7 centimes par rapport à la semaine précédente).
Un ancien ministre français met en garde contre un retour de la colère sociale, alors que la hausse des prix du carburant ravive le retour des Gilets jaunes.
Quant au gazole, le carburant routier le plus consommé en France, il s'affichait en fin de semaine dernière à quelque 2,29 euros le litre en moyenne, en hausse de 3,4 centimes en une semaine. Le diesel s'approche ainsi de son record absolu, atteint en avril dernier à 2,31 euros.
Les prix à la pompe sont portés par l'escalade de la guerre en Asie de l'Ouest, qui fait de nouveau flamber les prix du pétrole. Après la fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz depuis fin février en riposte à l'agression américano-israélienne non provoquée, par lequel transitent habituellement 20% de l'or noir mondial, un nouveau front s'est ouvert la semaine dernière, avec l'offensive du mouvement de résistance yéménite Ansarallah sur la côte yéménite de la mer Rouge. Et ce, jusqu'à prendre le contrôle, vendredi, du stratégique détroit de Bab el-Mandeb, l'un des quatre principaux passages maritimes mondiaux pour les pétroliers.
La poursuite des tensions pourrait entraîner une nouvelle hausse des cours du pétrole et, par conséquent, des prix des carburants. Selon l'expert en énergie Thierry Bros, une nouvelle flambée des prix du pétrole constitue l'un des scénarios possibles à court terme. Un litre d'essence à 3 euros reste toutefois jugé irréaliste dans les prochaines semaines, même si, en cas de prolongation du conflit, une forte hausse des prix ne pourrait plus être exclue.
Le gouvernement français n'envisage pas de réduire les taxes sur les carburants malgré la hausse des prix à la pompe.
