
par Mohammad Sio
Gilad Kariv qualifie la loi de "raciste et extrémiste" et avertit qu'elle pourrait nuire à la position internationale d'Israël
Le député israélien d'opposition Gilad Kariv a annoncé lundi, avoir déposé une requête auprès de la Cour suprême pour faire annuler une loi récemment adoptée autorisant l'exécution des prisonniers palestiniens.
Membre du Parti démocratique, Kariv a précisé sur le réseau social américain X que la requête a été déposée en coopération avec l'Institut Zulat et le groupe Rabbins pour les droits humains.
"C'est une loi raciste et extrémiste. Ce n'est pas une législation, mais une campagne électorale populiste et nationaliste menée par un parti ayant échoué dans toutes ses fonctions gouvernementales", a dénoncé Kariv, en référence au parti d'extrême droite Otzma Yehudit dirigé par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir.
Le député a également critiqué le parti au pouvoir Likud, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, l'accusant de se radicaliser davantage à droite, ainsi que le parti religieux Shas, prêt selon lui à "vendre toutes ses valeurs pour un peu d'argent".
Kariv a décrit la loi comme "mettant en danger les commandants de l'armée israélienne (IDF) et du service pénitentiaire" et "portant gravement atteinte à la réputation internationale du pays".
Il espère que les conseillers juridiques de la Knesset et du gouvernement soutiendront la Cour suprême pour abroger totalement ou partiellement la loi.
La Cour suprême, plus haute juridiction d'Israël, peut annuler les lois adoptées par la Knesset si elles sont contraires aux lois fondamentales du pays.
Le 31 mars, le groupe de défense des droits Adalah, avec des députés arabes de la Knesset, avait déjà déposé une requête contre la loi. Une autre a été déposée la semaine dernière par l'Association pour les droits civils en Israël.
Adoptée le 30 mars par 62 voix pour, 48 contre et une abstention, la loi ne peut être appliquée tant qu'elle fait l'objet d'un examen judiciaire. Elle cible les personnes accusées d'avoir tué délibérément des Israéliens et pourrait concerner jusqu'à 117 prisonniers purgeant des peines de réclusion à perpétuité.
Plus de 9 500 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes, dont 350 enfants et 73 femmes, où des abus, la faim et des négligences médicales sont régulièrement signalés par des organisations de défense des droits humains palestiniennes et israéliennes.
Traduit de l'anglais par Ben Amed Azize Zougmore
source : Agence Anadolu