
Par Hua Bin, le 4 mars 2026
Les premiers enseignements de la guerre sont les suivants : la perfidie américaine et la barbarie sioniste vont échouer, et la Chine soutiendra l'Iran dans la victoire.
En psychologie, on observe un phénomène appelé "effet Dunning-Kruger".
Il s'agit d'un principe selon lequel les personnes dénuées de compétences ou de connaissances ont tendance à surévaluer leurs propres capacités et leur jugement.
L'administration Trump en est la preuve vivante.
De Trump à Vance, Rubio et Hegseth, tous les dirigeants politiques américains impliqués dans la guerre contre l'Iran sont des imposteurs sans cervelle et leurs acolytes des charlatans incompétents.
Comme décrit par l'effet Dunning-Kruger, ce groupe d'individus ignorants et incompétents s'est cru suffisamment futé pour lancer une attaque surprise contre l'Iran et remporter facilement la victoire.
Mais la réalité s'est avérée moins rose qu'ils ne l'espéraient.
Il est toujours difficile de prédire l'issue d'un conflit militaire en cours, en raison de la confusion, de la propagande et des manipulations psychologiques.
Mais on peut raisonnablement déduire que les États-Unis et Israël (ou USrael) n'ont pas atteint leur objectif principal, à savoir le changement de régime.
Trump et ses conseillers sionistes ont tablé sur une attaque sournoise pour décapiter le régime, sous couvert de pseudo-négociations, et déclencher une insurrection qui renverserait le gouvernement iranien.
Ils auraient ainsi remporté une victoire éclair (4 à 5 jours, selon la première estimation de Trump) et évité toute riposte conséquente.
Mais le scénario ne s'est pas tout à fait conformé aux attentes du magnat de l'immobilier et de la star de la téléréalité.
Les Iraniens n'ont pas capitulé. Ils ont riposté. Ils ne se sont pas divisés et n'ont pas pris les armes contre le régime. Ils se sont unis et ont rallié le drapeau.
En bref, USrael vient de mettre le feu aux poudres.
Les adeptes d'USrael ont célébré l'assassinat de l'ayatollah Ali Khamenei et les bombardements intensifs des villes iraniennes comme autant de preuves de succès.
Les observateurs sérieux se posent toutefois les questions suivantes :
- En quoi le meurtre d'un vieil homme de 86 ans atteint d'un cancer a-t-il diminué les capacités de l'Iran et fait progresser l'objectif de guerre d'USrael ?
- Comment la guerre d'USrael évolue-t-elle au-delà du "succès" du premier jour ?
- Comment se présente-t-elle pour Israël et ses alliés du Golfe ?
- Les Iraniens se sont-ils soulevés pour renverser le gouvernement ou se sont-ils unis pour venger la mort de leur dirigeant ?
- USrael peut-il bombarder l'Iran et le soumettre, alors qu'il n'y parvient pas au bout de deux ans à Gaza ?
L'Iran subit certes des coups durs et essuiera probablement des pertes plus lourdes qu'USrael et ses vassaux dans la région.
Cependant, le succès d'une campagne militaire ne se mesure pas à l'aune du nombre de bombes larguées et de vies perdues. Selon ces critères, les États-Unis auraient gagné la guerre du Vietnam haut la main.
Non, la véritable victoire s'évalue au regard des objectifs politiques atteints.
L'objectif politique ultime de la guerre d'USrael contre l'Iran est donc le changement de régime. L'Iran gagnera tant qu'il survivra et résistera à l'objectif de guerre d'Israël.
Autrement dit, l'Iran n'a pas besoin de gagner, il lui suffit de ne pas perdre.
Au fur et à mesure que la guerre s'étend à tous les États du Golfe, elle se mue en conflit prolongé. De tels guerres ne se gagnent pas seulement en infligeant des souffrances, mais aussi en étant capable de les supporter.
Et l'Iran démontre sa capacité à encaisser les attaques tout en infligeant des destructions à ses ennemis.
Quels enseignements le monde peut-il tirer de cette guerre ? Plus précisément, examinons ce que la Chine a retenu jusqu'à présent et la contribution qu'elle peut apporter à l'Iran pour survivre à la guerre existentielle menée par USrael.
Les enseignements
- La bassesse des États-Unis et des Israéliens ne connaît pas de limite.
Les États-Unis et Israël ont lancé une attaque en traître pendant les négociations et le ramadan, le mois sacré des musulmans. Ils s'étaient déjà permis le même coup bas en juin dernier.
Cette tactique terroriste de "décapitation" a été mise en œuvre à de nombreuses reprises par USrael : avec les négociateurs du Hamas et du Hezbollah, avec les scientifiques iraniens, avec Maduro au Venezuela, et avec Ebrahim Raisi, le dernier président iranien mort dans un "accident" d'hélicoptère en mai 2024.
Soit la même tactique qu'a déployée l'Ukraine, mandataire de USrael, à plusieurs reprises contre les généraux russes.
Il n'y a pas si longtemps, les nations en guerre ne s'abaissaient pas à ce genre de pratiques. Même pendant la Seconde Guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité, aucun assassinat de dirigeant politique ou militaire d'une telle ampleur n'a été perpétré - et avec une telle duplicité.
L'État juif d'Israël et son serviteur, les États-Unis, sont les pionniers de cette indigne pratique depuis la guerre froide. Aujourd'hui, ils ont atteint un nouveau degré de dépravation.
USrael attaque sans discernement civils, écoles de filles, hôpitaux et cafés de quartier. C'est la démonstration à grande échelle de la "doctrine Dahiya" d'Israël, qui préconise le recours à une force disproportionnée contre les civils pour faire pression sur les populations.
Au grand désarroi d'Israël et des États-Unis, l'assassinat de Khamenei et le massacre de civils n'ont pas seulement échoué à fomenter une rébellion contre le régime, ils ont au contraire contribué à unir le pays et à mobiliser l'Iran pour une guerre totale.
- Les négociations n'étaient qu'une imposture destinée à gagner du temps pour lancer leurs attaques surprises.
Le "négociateur" en chef de Trump, Steven Witkoff, a déclaré à Fox News que les États-Unis ont posé quatre exigences à l'Iran pendant les "négociations" : dénucléarisation complète, renoncement aux missiles balistiques, fin du soutien aux alliés régionaux et démantèlement de la marine iranienne.
Ces exigences maximalistes sont des conditions de capitulation destinées à désarmer l'Iran. Elles n'ont rien d'un compromis, et ne sont conçues que pour gagner du temps en prévision d'une attaque.
Steve Witkoff et Jared Kushner, respectivement surnommés Shitkoff et Jarhead par leur entourage, sont les principaux "négociateurs" américains. Tous deux sont des juifs sionistes endurcis. Ils représentent indubitablement plus les intérêts des Juifs que ceux des États-Unis !
On devrait déjà savoir que les États-Unis ne sont absolument pas désireux de négocier quand on voit qui Trump envoie pour le représenter.
- La perfidie américaine, à l'instar de son prédécesseur impérial, la Grande-Bretagne, n'est qu'un empire malhonnête auquel on ne peut se fier.
À l'instar de la "perfide Albion", les États-Unis ont fait preuve d'une mauvaise foi et de la traîtrise habituelles en guise d'art diplomatique. En moins d'un an, ils ont perpétré deux attaques sournoises contre l'Iran en pleine période de négociations.
Les États-Unis, comme les Britanniques, camouflent une politique étrangère insidieuse derrière une façade hautement moralisatrice, prétendument vouée à la "démocratie", aux "droits de l'homme", à la "stabilité régionale", à un "ordre international fondé sur des règles" et au "droit de protéger".
Ils recourent à cette propagande aux nobles prétentions pour inciter le peuple iranien à se révolter contre son propre gouvernement et ses propres intérêts. Les États-Unis et Israël se moquent éperdument de la vie des Iraniens lambda.
- Les États-Unis sont les marionnettes des Juifs. Ce n'est pas la queue qui remue le chien, c'est Israël la tête du chien.
Trump et ses complices ont encore une fois utilisé la technique du "leurre" avec un électorat américain naïf. MAGA est toujours MIGA.
Cinq jours après le début de la guerre, les États-Unis ont déjà informé les Émirats arabes unis qu'ils ne les protégeront pas, et que seuls les intérêts d'Israël méritent que les intercepteurs de défense aérienne américains soient utilisés.
Les bases militaires que les États arabes hébergent pour les Américains sont des cibles de choix pour l'Iran. Les pertes collatérales seront supportées par les Arabes eux-mêmes.
Kissinger avait raison : être l'ennemi des États-Unis est risqué. Être leur "ami" est fatal, sauf pour Israël et les Juifs, évidemment.
Les militaires américains sont censés mourir avec allégresse pour Israël, afin de déclencher l'"avènement", comme préconise Pete Hegseth.
- La plupart des pays occidentaux ne sont que des sous-fifres éhontés d'USrael. Leur autosatisfaction cible les victimes, et non les auteurs des crimes.
Comme on pouvait s'y attendre, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l'OTAN, l'UE, l'Australie et le Canada ont une fois de plus choisi de se ranger du côté des agresseurs et d'accuser les victimes.
C'est exactement ce qu'ils ont fait lors du génocide israélien à Gaza.
Seule l'Espagne s'est opposée à USrael, comme elle l'a d'ailleurs fait avec Gaza. Vive l'Espagne, ses dirigeants et son grand peuple !
Comparons le soutien de l'Occident à USrael avec les accusations d'invasion "non provoquée" de l'Ukraine par la Russie.
La plupart des pays occidentaux souhaitent être les partenaires soumis du parrain de la mafia dans "l'ordre international fondé sur des règles". Ils veulent vivre à genoux, alors que l'Iran est prêt à mourir debout.
L'indignation de l'Occident vis-à-vis des États-Unis se manifestera le jour où l'arme sera pointée sur leur tempe, comme pour la prise de contrôle du Groenland.
Bien entendu, de telles offenses sont rapidement oubliées et pardonnées.
Le reste du monde connaît désormais la véritable nature du monstre.
- La classe dirigeante occidentale déclenche des guerres étrangères pour détourner l'attention d'un public déboussolé et désemparé face aux scandales nationaux et à la corruption au sein du pouvoir. Et cela fonctionne à tous les coups.
Depuis le début de la guerre, l'affaire Epstein a été reléguée aux oubliettes. Personne ne parle des meurtres commis par l'ICE dans le Minnesota, ni de la décision de la Cour suprême concernant les tarifs douaniers illégaux de Trump.
Le peuple est facile à gouverner. Il suffit de lui présenter une nouvelle distraction.
- Autre point crucial, la puissance militaire des États-Unis et d'Israël n'est qu'un mirage.
Outre l'assassinat lâche de Khamenei et le massacre criminel de près de 200 écolières, les attaques des États-Unis et d'Israël n'ont remporté que peu de victoires tangibles.
Les Iraniens ripostent avec des missiles et des drones. Israël et l'ensemble de sa cohorte de vassaux régionaux ont été touchés, et les Iraniens ont fermé le détroit d'Ormuz.
Le 2 mars, trois F-15E ont été abattus en l'espace d'une matinée. Les États-Unis affirment qu'ils ont été abattus par des tirs amis, ce qui ne rend pas franchement la situation moins embarrassante.
La dernière fois qu'un tel "tir ami" s'est produit, c'était en décembre 2024, lorsque l'USS Gettysburg a abattu un F/A-18F Super Hornet au Yémen, alors que la "plus grande armée du monde" luttait contre les Houthis pour arracher un match nul.
La perte de trois avions de chasse de plusieurs millions de dollars en une seule matinée à cause d'un "tir ami" constitue sans doute un record mondial digne d'un trophée.
Ce mensonge semble toutefois moins plausible pour ceux qui connaissent le système d'identification ami-ennemi (IFF) utilisé par toutes les armées du monde.
Un radar d'alerte avancée amélioré (UEWR) AN/FPS-132, d'une valeur de 1,1 milliard de dollars, situé sur la base aérienne d'Al Udeid, au Qatar, a été détruit par un drone kamikaze iranien, d'une valeur de 10 000 dollars.
Selon Al Jazeera, trois systèmes de défense aérienne Patriot et THAAD auraient également été détruits dans la région.
Des porte-avions et des navires de guerre américains ont été attaqués et ont dû battre en retraite sur des centaines de kilomètres pour rester hors de portée des missiles iraniens.
L'Iran a déployé des missiles balistiques équipés de bombes à fragmentation afin d'attaquer des cibles israéliennes. Le Hezbollah a également lancé plusieurs salves de roquettes sur Israël.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent clairement que la plupart des missiles et des drones iraniens ont traversé le gruyère de la défense aérienne pour toucher des cibles à Tel-Aviv, Dubaï, Doha et au Bahreïn.
Les systèmes de défense aérienne Iron Dome, Patriot, David Sling et THAAD ont échoué de manière spectaculaire. Peut-être sont-ils à court d'intercepteurs et préservent leurs munitions pour des cibles plus stratégiques.
La plupart des bases américaines de la région sont désormais hors service et les GI se sont retirés pour trouver refuge ailleurs. Les ambassades américaines, stations de la CIA, installations militaires et gouvernementales israéliennes, ainsi que les hôtels hébergeant le personnel américain ont été touchés.
De plus, le rapport coût/efficacité est désastreux pour USraël : ils tirent deux ou trois intercepteurs coûtant entre 2 et 4 millions de dollars chacun pour abattre un seul missile ou drone iranien, dont le prix est inférieur à 5 ou 10 % de chaque intercepteur.
Si l'on compare la puissance de feu iranienne à son budget militaire, l'avantage est clairement en faveur de l'Iran pour l'instant.
En 2025, le budget militaire de l'Iran est de 7,9 milliards de dollars, soit moins de la moitié de celui de Singapour (17 milliards de dollars), tandis qu'Israël dépense 47 milliards de dollars par an, sans compter l'aide américaine.
Les dépenses militaires de l'Arabie saoudite s'élèvent à 80 milliards de dollars, et celles des États-Unis à plus de 900 milliards. Presque tous les États arabes du Golfe dépensent plus que l'Iran.
Cependant, l'Iran a non seulement résisté aux attaques d'USrael, mais s'est également attaqué à toute la région.
La puissance militaire colossale d'USrael n'a pas réussi à porter un coup fatal à un adversaire jugé plus faible. Au contraire, l'Iran riposte sans fléchir.
Il est encore trop tôt pour savoir qui l'emportera, mais une chose est sûre : cette guerre durera plus de quatre ou cinq jours.
Avant-hier, Trump a revu son calendrier prévisionnel à la hausse, le portant à 4 ou 5 semaines.
Hier, Trump a nié avec colère toute pénurie de munitions pour USrael, affirmant que les États-Unis sont en mesure de "se battre éternellement". S'agit-il donc d'une nouvelle guerre "éternelle" ?
Un vieux proverbe chinois s'applique parfaitement à ce genre de situation : "此地无银三百两" (ne cherchez pas, il n'y a pas d'argent enterré ici).
Implications pour la Chine et son soutien à l'Iran
J'ai écrit en juin dernier à propos des positions de la Chine sur le conflit au Moyen-Orient, lorsque l'Iran a été attaqué lors de la guerre de 12 jours.
La posture de Pékin reste globalement la même, même si la Chine se doit aujourd'hui d'aider l'Iran à résister à l'offensive d'USrael et à faire échouer leur objectif de guerre.
La principale différence avec la guerre de 12 jours est qu'en juin, l'objectif d'USrael portait principalement sur les capacités nucléaires de l'Iran, tandis que l'objectif de l'agression actuelle est le changement de régime.
L'Iran est un maillon clé de l'ordre mondial multipolaire prôné par la Chine. Il se trouve également dans une région géostratégique cruciale pour la sécurité énergétique du monde.
D'après une analyse des déclarations officielles, des rapports de think tanks et des commentaires sur les réseaux sociaux, la position de Pékin sur la guerre semble s'articuler sur plusieurs axes.
Premièrement, la Chine continuera d'offrir son soutien diplomatique et économique à l'Iran. Environ 20 % de l'économie iranienne dépend du commerce avec la Chine, qui aide également l'Iran à contourner les sanctions et les restrictions imposées par l'Occident sur le dollar.
Deuxièmement, la Chine intensifie le partage de renseignements et fournit des technologies essentielles à l'Iran.
Des entreprises chinoises comme MizarVision fournissent et publient des images satellite haute définition du déploiement militaire américain au Moyen-Orient.
Pékin a également fourni à Téhéran le système de navigation et de guidage Beidou, qui a considérablement amélioré la précision des frappes de missiles iraniens, car les États-Unis ne peuvent pas désactiver ou brouiller les signaux Beidou, comme ils le font avec le système GPS.
Le renseignement spatial est un élément essentiel des guerres high-tech, hors de portée de la plupart des pays. Un tel soutien peut considérablement accroître la létalité des attaques iraniennes.
La Chine a accéléré l'approvisionnement en pièces et composants destinés à la production de missiles et de drones iraniens, ainsi qu'en carburant de propulsion pour les missiles balistiques iraniens.
Elle offre également une technologie de surveillance basée sur l'intelligence artificielle pour aider les forces de sécurité iraniennes à identifier et appréhender les taupes et agents infiltrés en Iran.
Malgré la position traditionnelle de Pékin refusant de fournir des armes cinétiques aux pays en guerre (y compris à la Russie), la Chine accélère sa coopération militaire avec l'Iran et pourrait à l'avenir lui transférer des armes défensives et offensives.
Troisièmement, les États-Unis ne sont qu'un "tigre de papier". Ils sont physiquement incapables de mener une guerre prolongée avec de nombreuses victimes, malgré leur prétention.
Le complexe militaro-industriel américain souffre du même problème que le reste de l'économie financiarisée. Il n'est pas conçu pour fournir des armes à grande échelle à un coût permettant de gagner des guerres. Il est optimisé pour maximiser les profits.
Il est guidé par une production "juste à temps" et une capacité de réserve nulle, afin d'obtenir le meilleur rendement possible sur le capital, plutôt que d'assurer la résilience face à des conflits à grande échelle.
Les armes de haute technologie surdimensionnées de l'arsenal américain s'épuisent rapidement et, une fois ce seuil atteint, il est presque impossible de reconstituer les stocks.
Cinq jours seulement de conflit intense avec l'Iran ont suffi à révéler ces vulnérabilités.
Les États-Unis sont tout simplement incapables de mener une guerre d'usure contre la Chine, qui dispose d'une capacité industrielle inépuisable (qualifiée de "surcapacité" par l'Occident) et d'une grande résilience nationale.
Compte tenu de sa puissance croissante comparée à celle des États-Unis, la Chine peut se permettre de jouer la carte du long terme et de faire preuve de patience stratégique pour attendre le déclin et l'implosion inévitables de la puissance américaine.
Quatrièmement, Pékin est parfaitement conscient de la nécessité de naviguer avec prudence dans les eaux troubles de la politique moyen-orientale.
La guerre a montré que les monarques du Golfe sont toujours profondément dépendants des États-Unis et d'Israël.
Partager ★ Spirit Of Free Speech
Selon le Washington Post, Mohammed ben Salmane a exercé de fortes pressions sur Trump pour qu'il attaque l'Iran.
Et ce, malgré le rapprochement négocié par Pékin entre l'Iran et l'Arabie saoudite en 2023. On ne peut clairement pas faire confiance aux cheikhs.
Quant au président turc, Erdogan, ce serpent à deux têtes a publiquement dénoncé le génocide commis par Israël à Gaza tout en fournissant à l'État hébreu son approvisionnement vital en pétrole.
Il a trahi la Russie en s'alliant perfidement avec les Juifs pour renverser Bachar al-Assad en Syrie.
Le Moyen-Orient redeviendra un désert peuplé de dromadaires lorsque le pétrole et le gaz seront épuisés ou deviendront inutiles après la révolution énergétique verte menée par la Chine.
Pour l'instant, la Chine gère sa vulnérabilité énergétique en constituant des stocks stratégiques et en diversifiant ses approvisionnements, notamment en s'éloignant du Moyen-Orient pour se tourner vers des pays comme la Russie, le Brésil et l'Angola.
Cinquièmement, la guerre en Iran prouve que les bases militaires américaines dans le golfe Persique sont plus un handicap qu'un atout stratégique, et constituent des cibles faciles.
Si l'Iran parvient à vaincre les capacités de défense de ces bases via des salves de missiles et de drones, la Chine peut frapper les bases américaines de la première chaîne d'îles avec des tirs bien plus conséquents.
La doctrine américaine de défense aérienne est tout simplement techniquement et financièrement intenable face à la saturation des attaques à grande vitesse.
Les États qui abritent une présence militaire américaine, comme le Japon, la Corée du Sud et les Philippines, ont une cible dans le dos. Ils connaîtront le même sort que les États du Golfe qui abritent des bases américaines.
Enfin, Pékin est pleinement conscient de la perfidie des États-Unis. Washington n'est qu'un État hors-la-loi qui ne mérite pas une once de confiance.
En déclenchant une guerre non provoquée contre l'Iran, les États-Unis se comportent comme de vulgaires intrus croyant pouvoir modifier fondamentalement la trajectoire culturelle et politique d'une civilisation vieille de six milles ans avec des bombardements.
Ils ont engagé cette guerre en prétextant des "négociations" - une attitude digne d'un État "barbare".
Les États-Unis sont manifestement prêts à déstabiliser toute une région pour préserver leur domination hégémonique, en État convaincu que la puissance peut se substituer à la légitimité.
Les agissements des États-Unis constituent un avertissement clair pour les petites et moyennes puissances : si le droit international peut être bafoué pour détrôner une nation aussi puissante que l'Iran (le pays le plus peuplé du Moyen-Orient), c'est que la souveraineté de n'importe quelle nation ne peut être garantie.
Au-delà des États-Unis, l'Occident dans son ensemble se montre hypocrite et de mauvaise foi.
En soutenant la guerre illégale menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran tout en condamnant la guerre de la Russie en Ukraine comme étant "non provoquée", l'Occident a révélé son éthique douteuse des deux poids deux mesures et sa soumission totale aux États-Unis et à Israël.
Un ancien proverbe chinois dit :
"国虽大,好战必亡;天下虽安,忘战必危". Ce qui signifie : "Même si un État est grand, il périra par la guerre. Même si le monde est en paix, oublier la guerre le mettra en danger".
En Occident, des expressions similaires existent, comme
"Qui vit par l'épée, meurt par l'épée", ou "Qui sème le vent récolte la tempête".
Le bellicisme des États-Unis finira par se retourner contre eux.
Pékin sait que les guerres sont faciles à déclencher, mais difficiles à enrayer. Elle savoure le spectacle des États-Unis tombant une fois de plus dans le piège qu'ils ont eux-mêmes tendu.
Grâce à sa patience stratégique, Pékin attend l'inévitable implosion de Washington.
La situation
Les interventions militaires américaines des deux dernières décennies, survenues au zénith de leur puissance mondiale, ont coûté des milliers de milliards de dollars et fait des millions de victimes civiles.
Ces interventions ont non seulement totalement échoué à atteindre leurs objectifs géopolitiques, mais elles ont également considérablement affaibli la puissance et la légitimité américaines.
Les États-Unis, déjà affaiblis, n'ont pas l'air de réaliser l'ampleur de la catastrophe qui les attend, car l'Iran est bien plus puissant que l'Irak, l'Afghanistan, la Libye ou encore la Syrie.
Comme le dit le proverbe, même la nation la plus puissante finit par s'épuiser et décliner si sa stratégie d'expansion est trop ambitieuse.
Le régime Trump, à l'instar de ses prédécesseurs, n'a pas compris que supériorité militaire ne rime pas avec succès stratégique.
Avec l'opération "Epic Fury", les États-Unis ont renoncé à toute prétention d'"ordre fondé sur des règles". Ils agissent désormais ouvertement en tant que puissance hégémonique, recourant à la force pour façonner une civilisation ancienne au profit des Juifs sionistes.
En ripostant aussitôt contre des cibles américaines et israéliennes dans le Golfe, l'Iran a montré qu'il ne compte pas se laisser faire, même après la mort de ses dirigeants.
Une civilisation vieille de six mille ans, même meurtrie et déstabilisée, résiste mieux qu'un État intrus qui s'appuie sur l'"illusion" d'une domination militaire temporaire.
Dernières nouvelles ! Le président Trump aurait menacé de déchaîner "l'arme la plus meurtrière de l'Amérique" sur l'Iran, déclarant que s'il refuse de s'avouer vaincu, il détruira intégralement le pays en devenant son prochain président.
Traduit par Spirit of Free Speech