01/03/2026 reseauinternational.net  17min #306313

 Israël et les États-Unis lancent des frappes contre l'Iran

L'Empire frappe encore

Analyse de la mainmise idéologique sur la politique moyen-orientale

par Isaac Bickerstaff

28 février 2026 - Alors que les frappes pleuvent sur Téhéran, Ispahan et Qom, une vérité s'impose avec la violence des bombes : nous ne sommes pas face à un conflit conjoncturel, mais devant l'accomplissement logique de dynamiques idéologiques vieilles de plus d'un siècle.
Cet article se propose d'analyser, avec la rigueur des faits et la lucidité des convictions assumées, ce que signifie vraiment l'agression conjointe américano-israélienne contre l'Iran.

1. Rappel historique exhaustif des interventions américaines en Iran

Pour comprendre le 28 février 2026, il faut remonter le fil d'une longue histoire d'ingérences.
Les États-Unis n'ont jamais considéré l'Iran comme un partenaire égal, mais comme un pion sur l'échiquier stratégique.

1953 : Le premier coup d'État. Tout commence avec l'opération Ajax. La CIA et le MI6 britannique orchestrent le renversement du Premier ministre Mohammad Mossadegh, nationaliste élu qui avait osé nationaliser le pétrole iranien. Son crime ?
Vouloir que les richesses du pays profitent à son peuple. Washington rétablit le Shah, instaurant vingt-cinq ans de dictature, de torture (par la SAVAK formée par la CIA) et d'humiliation.

1979 : La révolution et le choc. La révolution islamique met fin à ce régime fantoche.
La réaction américaine est immédiate : soutien à l'Irak de Saddam Hussein lorsqu'il envahit l'Iran en 1980. Pendant huit ans, Washington arme Bagdad, fournit des renseignements satellitaires, et ferme les yeux sur l'utilisation d'armes chimiques contre les soldats et civils iraniens. Le but ?
Saigner les deux pays.

1988 : Le massacre du vol 655. Point d'orgue de cette guerre larvée :
le 3 juillet 1988, le croiseur américain USS Vincennes abat un avion de ligne iranien, le vol 655, tuant 290 civils, dont 66 enfants. Washington présentera des "excuses" diplomatiques, mais jamais de responsabilité pénale. Le message est clair : la vie des Iraniens ne pèse rien.

2000-2020 : La stratégie de "changement de régime". Après l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak, l'Iran est encerclé de bases américaines. Les sanctions économiques, constamment renforcées, sont qualifiées par les experts de "guerre économique totale".
En 2020, Trump ordonne l'assassinat ciblé du général Qassem Soleimani, commandant des forces d'élite iraniennes, alors qu'il est en visite officielle à Bagdad. Un acte de guerre.

2025-2026 : L'escalade finale. Les assassinats de scientifiques nucléaires, les sabotages, les cyberattaques (Stuxnet) se multiplient. Le 28 février 2026, la "guerre hybride" devient guerre ouverte : des frappes massives sont lancées sur le territoire iranien.

2. Les prétextes et la rhétorique des États-Unis

Chaque intervention américaine s'accompagne d'une novlangue soigneusement calibrée.
La recette est immuable.

Le "péril nucléaire". Le prétexte principal est toujours le même :
empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique.
L'ironie est à peine supportable : Israël possède entre 80 et 400 têtes nucléaires non déclarées, n'a jamais signé le Traité de non-prolifération (TNP), et n'est soumis à aucune inspection.
L'Iran, signataire du TNP, voit ses installations contrôlées en permanence par l'AIEA, qui n'a jamais apporté la preuve d'un programme militaire actif. Pourtant, c'est l'Iran qu'on "sanctionne", c'est l'Iran qu'on bombarde.

La "menace imminente". La rhétorique sécuritaire est systématique.
Le 28 février, Donald Trump a parlé d' "opérations de combat majeures" pour "éliminer la menace imminente". Ce vocabulaire, déjà utilisé pour l'Irak en 2003 (les fameuses "armes de destruction massive" qui n'existaient pas), vise à justifier l'injustifiable : une guerre d'agression.

La "liberté du peuple iranien". Morceau de bravoure classique : l'occupant se présente en libérateur. Trump a appelé le peuple iranien à "s'emparer du pouvoir", promettant que "l'heure de votre liberté est à portée de main".
C'est le même discours que George W. Bush pour l'Irak. Le résultat, on le connaît :
un pays détruit, un million de morts, et une "liberté" qui a accouché de milices sectaires et d'un État failli.

3. Les conséquences pour la population iranienne

Pendant que les think tanks washingtoniens spéculent sur les "scénarios post-rupture", ce sont des êtres humains qui payent.

La mort et la destruction. Les frappes du 28 février visent Téhéran (quartier de Pasteur, où se trouvent des bâtiments gouvernementaux), Ispahan (site militaire) et Qom (ville sainte).
Les bilans officiels sont toujours sous-estimés. Derrière chaque chiffre, il y a des familles, des enfants, des vies ordinaires brisées.

La guerre économique. Les sanctions, présentées comme un outil diplomatique, sont en réalité un massacre à petit feu. Médicaments bloqués, appareils médicaux impossibles à importer, inflation galopante, chômage de masse. La population iranienne subit un étouffement systématique depuis des années. Les frappes d'aujourd'hui ne sont que la version aiguë d'une violence chronique.

L'humiliation nationale. Il ne faut pas sous-estimer la dimension psychologique.
Pour un Iranien, voir son pays bombardé, ses dirigeants traités en parias, son droit à l'énergie nucléaire civile nié alors que d'autres pays (Inde, Pakistan, Israël) ont l'arme atomique sans en être inquiétés, c'est vivre une humiliation quotidienne. Cette blessure ne se referme pas.

4. En quoi la posture des États-Unis est la caractéristique d'un hégémon

Washington n'agit pas en partenaire international, mais en puissance impériale.
Qu'est-ce qu'un hégémon ?

L'extra-territorialité du droit. Les États-Unis se donnent le droit de frapper n'importe où, n'importe quand, au nom de leur "sécurité nationale". Ils exigent que les autres respectent des règles (TNP, droit international) qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes. C'est la définition même de l'arbitraire.

Le contrôle des ressources. Depuis Mossadegh en 1953, l'enjeu est resté le même : le pétrole.
L'Iran possède les quatrièmes réserves mondiales de pétrole et les deuxièmes de gaz.
Un Iran souverain, échappant au contrôle américain, est inacceptable pour Washington.
D'où la pression permanente.

La prétention au "leadership mondial". Le vocabulaire employé par les responsables américains est révélateur : ils parlent d'"ordre international fondé sur des règles" comme s'ils étaient les dépositaires de cet ordre, et non ses principaux transgresseurs.
L'invasion de l'Irak (2003, illégale), le soutien à la guerre en Ukraine (sans mandat de l'ONU), les frappes en Syrie, et maintenant l'agression contre l'Iran : à chaque fois, Washington agit seul, en surplomb, au nom d'un "droit" qu'il s'est auto-attribué.

5. Tous les arguments d'Israël

Israël n'est pas un acteur secondaire dans cette affaire. C'est le moteur principal.
Depuis des années, la diplomatie israélienne martèle les mêmes arguments.

Argument existentiel. Benyamin Netanyahou parle de "menace existentielle" : un Iran nucléaire menacerait la survie même d'Israël. Il omet de préciser qu'Israël possède déjà l'arme atomique et une capacité de frappe sur tout le Moyen-Orient.

Argument historique. La rhétorique israélienne convoque régulièrement la mémoire de la Shoah, présentant l'Iran comme un nouveau nazisme.
Cette instrumentalisation de l'histoire vise à court-circuiter toute critique.

Argument "préventif". Doctrine consacrée : Israël a le droit d'agir "préventivement" pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.
Cette doctrine, reprise par les États-Unis, nie le principe même de souveraineté.

Argument civilisationnel. Présentation d'Israël comme avant-poste de l' "Occident" face à un "orient" iranien obscurantiste.
Ce discours, repris par les néoconservateurs américains, essentialise le conflit et le rend insoluble.

6. La nature de ces arguments

Il faut regarder ces arguments en face et les qualifier pour ce qu'ils sont.

Des arguments sélectifs. Ils s'appliquent à l'Iran, pas aux puissances nucléaires existantes.
Pourquoi Israël aurait-il le droit de posséder l'arme atomique et pas l'Iran ?
Aucune réponse, sinon le rapport de force.

Des arguments adossés à une puissance réelle. Ce ne sont pas des arguments philosophiques :
ils sont soutenus par la première armée du monde, par 3,8 milliards de dollars d'aide annuelle américaine, par un droit de veto automatique à l'ONU.
La "force de l'argument" est ici l'argument de la force.

Des arguments qui ignorent le droit. La "légitime défense préventive" n'existe pas dans la Charte des Nations unies.
L'article 51 autorise la légitime défense en cas d'agression armée, pas en cas de menace potentielle. Les frappes d'aujourd'hui sont donc, au regard du droit international, des actes de guerre illégaux.

Des arguments messianiques. Les déclarations de Mike Huckabee, ambassadeur américain en Israël, sur le "droit biblique" d'Israël de s'emparer de tout le Moyen-Orient, ne sont pas des dérapages. Elles disent tout haut ce que certains pensent tout bas : le projet dépasse le cadre du droit positif pour s'ancrer dans une théologie politique.

7. Les conséquences régionales des actions d'Israël

L'impact des opérations israéliennes dépasse largement le cadre bilatéral.

L'isolement diplomatique annoncé. La déclaration conjointe des 14 pays arabes et musulmans (Égypte, Arabie saoudite, Jordanie, Émirats, Turquie, etc.) condamnant les propos de Huckabee est un signal majeur. Pour la première fois, des alliés traditionnels des États-Unis se désolidarisent publiquement. L'axe Washington-Tel Aviv est perçu dans la rue arabe comme ce qu'il est :
une alliance contre les peuples de la région.

La radicalisation des opinions. Chaque frappe, chaque mort civile, chaque humiliation est enregistrée par des millions de jeunes à travers le monde arabe. Les régimes peuvent signer des accords de normalisation, les peuples, eux, n'oublient pas. Le terreau du terrorisme de demain, c'est aujourd'hui qu'on l'arrose de bombes.

L'affaiblissement du droit international. Quand Israël peut bombarder impunément ses voisins, quand les États-Unis peuvent agresser l'Iran sans conséquences, que reste-t-il des Nations unies ?
La région bascule dans la loi du plus fort. Les puissances émergentes (Chine, Russie, Inde) regardent et tirent les leçons :
le monde multipolaire, elles le construiront par la force, puisque le droit ne protège personne.

8. L'impact sur les populations des pays environnants

Les "dommages collatéraux" ne sont jamais que collatéraux pour ceux qui comptent les morts de loin.

En Irak. L'espace aérien fermé, les milices qui s'agitent, le risque d'un embrasement. L'Irak, déjà exsangue, pourrait redevenir le terrain d'affrontement par procuration.

En Jordanie. Le roi Abdallah doit gérer une population majoritairement palestinienne, furieuse, et une alliance militaire contrainte avec Washington. Les avions jordaniens ont décollé pour "protéger le ciel", mais protéger le ciel de qui ? Le roi marche sur un fil.

Au Liban. Le Hezbollah, allié de l'Iran, est en alerte. Une nouvelle guerre avec Israël signifierait pour le Liban un retour vingt ans en arrière. Le pays est déjà en faillite, les populations n'en peuvent plus.

Dans les Émirats et l'Arabie saoudite. Les régimes du Golfe, engagés dans une normalisation avec Israël, doivent justifier auprès de leurs opinions cette alliance avec l'État qui bombarde un pays musulman. La position est intenable.
Les déclarations publiques de condamnation sont une soupape, mais jusqu'à quand tiendront-elles ?

9. Nommer les idéologies en jeu

Assez de faux-semblants. Nommons ce qui est à l'œuvre.

Le sionisme : mouvement politique et nationaliste né à la fin du XIXe siècle, dont l'objectif est de fonder un État pour le peuple juif. Mais la branche aujourd'hui dominante, le sionisme révisionniste de Vladimir Jabotinsky, prône une "muraille de fer" :
les Arabes n'accepteront jamais l'État juif, donc il faut être assez fort pour imposer sa volonté par la force. C'est cette idéologie, portée par Netanyahou et l'extrême droite israélienne, qui guide aujourd'hui la politique régionale.

L'impérialisme américain : système dans lequel une puissance (les États-Unis) étend sa domination politique, économique et militaire sur d'autres nations. Il ne s'agit pas d'un "leadership" bienveillant, mais d'un contrôle effectif des ressources, des routes maritimes, des alliances.
Depuis 1945, Washington a installé des bases militaires sur tous les continents, renversé des dizaines de gouvernements, et imposé son modèle économique par la force si nécessaire.

Le messianisme néoconservateur : idéologie qui mêle vision géopolitique et croyance religieuse. Les néoconservateurs américains, souvent influencés par un évangélisme militant, voient dans le soutien à Israël un impératif biblique. Pour eux, le "Grand Israël" (du Nil à l'Euphrate) n'est pas un fantasme, mais un objectif politique.
Les déclarations de Huckabee sur le "droit biblique" de prendre tout le Moyen-Orient s'inscrivent dans cette vision.

10. Depuis combien de temps ces idéologies œuvrent-elles ?

Le sionisme politique naît officiellement en 1897, au premier congrès de Bâle.
Theodor Herzl publie Der Judenstaat en 1896.
Cela fait donc 130 ans que cette idéologie structure ses objectifs, ses moyens, son projet territorial.

L'impérialisme américain, sous sa forme moderne, commence avec la guerre hispano-américaine de 1898 (conquête des Philippines, de Porto Rico, de Cuba). Mais c'est après 1945 qu'il devient global, avec l'installation des bases militaires, le plan Marshall (qui lie l'Europe aux intérêts américains), et la doctrine Truman (endiguement du communisme).
Cela fait 80 ans que les États-Unis exercent une hégémonie mondiale assumée.

Le messianisme néoconservateur, lui, est plus récent. Il prend son essor dans les années 1990 avec des intellectuels comme William Kristol ou Robert Kagan, et triomphe après le 11 septembre 2001 avec la doctrine Bush des "guerres préventives".
Cela fait 25 ans que cette idéologie justifie l'invasion de l'Afghanistan, de l'Irak, et aujourd'hui les frappes sur l'Iran.

Trois idéologies, trois temporalités, mais un même résultat : la guerre, la mort, l'humiliation des peuples.

11. Des États incapables d'interroger les moteurs de leur idéologie pourraient être mis au ban des nations

Oser l'affirmer : un État qui refuse d'interroger les ressorts profonds de son action, qui se contente de répéter des mantras idéologiques sans les soumettre à la critique, qui bombarde au nom de "valeurs" qu'il n'applique pas à lui-même, un tel État n'a pas sa place dans une communauté internationale digne de ce nom.

Israël refuse d'interroger le sionisme révisionniste. Il préfère parler de "sécurité" plutôt que de colonies, de "légitime défense" plutôt que d'occupation.
Résultat : 72 000 morts à Gaza en quelques mois, et aujourd'hui des frappes sur l'Iran.

Les États-Unis refusent d'interroger leur impérialisme. Ils préfèrent parler de "défense de la démocratie" plutôt que de contrôle du pétrole, d'"ordre international" plutôt que d'unilatéralisme. Résultat : des guerres permanentes, un droit international en ruines, et la haine d'une grande partie de l'humanité.

L'incapacité à l'auto-critique n'est pas un détail. C'est le signe d'une pathologie politique.
Un État mature sait regarder ses contradictions. Un État démocratique accepte le débat sur ses fondements. Quand ce débat n'a pas lieu, quand l'idéologie verrouille toute remise en question, on bascule dans la répétition compulsive de la violence.

Ces États-là, s'ils persistent dans cette voie, pourraient légitimement être mis au ban des nations. Non pas parce qu'ils sont "méchants", mais parce qu'ils sont dangereux. Pour leurs voisins.
Pour la paix mondiale. Pour eux-mêmes et tout particulièrement pour leurs peuples.

12. Argumenter le pourquoi et au nom de quoi

Au nom de quoi faudrait-il exclure ces États de la communauté internationale ?

Au nom du droit international. La Charte des Nations unies est claire : l'agression est interdite.
Les frappes du 28 février 2026 sont une agression. L'occupation des territoires palestiniens est illégale. La colonisation est illégale.
Quand un État viole systématiquement le droit, la communauté internationale a le devoir de réagir. L'impunité actuelle (veto américain, paralysie du Conseil de sécurité) est une complicité.

Au nom du principe d'égalité souveraine. Les États ne sont pas égaux en puissance, mais ils doivent l'être en droit. Un monde où certains peuvent bombarder sans conséquences et d'autres sont bombardés sans recours n'est pas un monde, c'est une jungle.
La civilisation, c'est précisément la sortie de cet état de nature.

Au nom des peuples. Les peuples iranien, palestinien, libanais, syrien, yéménite ont droit à la paix, à la sécurité, à la souveraineté. Les frappes d'aujourd'hui, les sanctions d'hier, les humiliations de toujours ne sont pas des "dommages collatéraux". Ce sont des vies.
Mettre au ban les États agresseurs, c'est dire que la vie d'un enfant à Téhéran vaut autant que celle d'un enfant à Tel-Aviv.

Au nom de l'avenir. Si nous laissons faire, si nous normalisons l'agression, si nous acceptons qu'Israël et les États-Unis fassent la loi au Moyen-Orient par la force, alors nous préparons des décennies de guerres. Les générations futures nous demanderont :
"Vous saviez, et vous n'avez rien fait ?"
Nous devons pouvoir répondre : "Nous avons essayé. Nous avons parlé. Nous avons résisté".

Conclusion

Ce 28 février 2026 restera dans l'histoire comme une date honteuse. L'Iran est bombardé.
Des hommes, des femmes, des enfants meurent sous les frappes. Et le monde regarde, impuissant, paralysé par les vetos et les lâchetés.

Mais l'histoire n'est pas finie. Les empires tombent. Les idéologies s'épuisent.
Les peuples, eux, restent. Le peuple iranien, courageux, fier, cultivé, survivra à ces frappes comme il a survécu à des siècles d'invasions. Le peuple palestinien, debout malgré 72 000 morts, survivra. Et un jour, dans cent ans peut-être, nos descendants regarderont en arrière et se demanderont comment nous avons pu tolérer si longtemps cette folie.

Ce jour-là, ils sauront que certains, aujourd'hui, ont refusé de se taire. Nous sommes de ceux-là.

*

Isaac Bickerstaff est le pseudonyme collectif d'un observateur contemporain qui, à la suite du satiriste Jonathan Swift, entend pratiquer l'exercice de la raison là où d'autres brandissent des certitudes. Sa plume se veut le scalpel qui dissèque les rhétoriques de puissance pour en révéler les ressorts idéologiques.

Figure discrète de l'analyse géopolitique, Isaac Bickerstaff a fait le choix de l'ironie méthodique.

En ressuscitant le pseudonyme rendu célèbre par les Predictions for the Year 1708, il perpétue une tradition de déconstruction satirique des discours d'autorité. Ses travaux portent sur l'aveuglement des puissances contemporaines et sur les langues de bois qui habillent la realpolitik.

Il collabore régulièrement à des revues de critique internationale et prépare un essai sur l'instrumentalisation du droit international par les puissances hégémoniques.

Il vit là où on ne l'attend pas.

Bibliographie succincte

Pour éclairer les faits et postures étatiques présentés dans cet article, nous proposons une sélection d'ouvrages et d'articles permettant d'approfondir chaque dimension de l'analyse : historique, idéologique et juridique.

1. Histoire des interventions américaines en Iran

Sur le coup d'État de 1953 et ses conséquences

•  Liberation School, The sordid history of US intervention in Iran, 2025. [En ligne]Une synthèse détaillée du rôle de la CIA dans le renversement de Mossadegh, de l'installation du Shah, de la formation de la SAVAK et du contexte de la révolution de 1979.

•  Wikipedia, Révolution iranienne. [En ligne]Chronologie complète des événements de 1978-1979, avec des références sur l'opération Ajax, le rôle de la SAVAK, et les causes du soulèvement populaire contre le régime du Shah.

2. Idéologies à l'œuvre : sionisme, néoconservatisme et messianisme

Sur le sionisme et ses courants

•  Wikipedia, Sionisme. [En ligne]Présentation des différents courants du sionisme (politique, pratique, culturel, travailliste, révisionniste), avec une attention particulière au sionisme révisionniste de Vladimir Jabotinsky et à la notion de "muraille de fer".

•  Uri Eisenzweig, Le sionisme fut un humanisme, Seuil, 2019.
Une réévaluation stimulante des textes fondateurs du sionisme (Herzl, Pinsker, Hess) qui, malgré ses partis pris, offre une analyse littéraire fine des origines intellectuelles du mouvement et de la pluralité des voix qui l'ont constitué.

Sur le néoconservatisme américain

•  Alain Frachon et Daniel Vernet, L'Amérique messianique. Les guerres des néo-conservateurs, Seuil (coll. "La couleur des idées"), 2004.
L'ouvrage de référence en français sur l'histoire et l'influence des néoconservateurs, de leurs origines dans l'intelligentsia new-yorkaise à leur rôle dans la doctrine Bush et la guerre d'Irak.

•  Wikipedia, Néo-conservatisme. [En ligne]Une synthèse complète sur le courant néoconservateur, ses figures majeures (Irving Kristol, Norman Podhoretz, Paul Wolfowitz, Richard Perle), ses think tanks (PNAC, AEI) et son influence sur la politique étrangère américaine.

3. Droit international et hégémonie américaine

•  Robert Charvin, "Le droit international et les États-Unis", Recherches Internationales, n°91, 2011, pp. 89-100.
Une analyse critique, par un juriste, de la position des États-Unis face au droit international : sélectivité dans l'application des normes, contournement de la Charte des Nations unies, et affirmation d'une souveraineté extra-territoriale.

•  Encyclopædia Universalis, Cour pénale internationale - Bibliographie.
Références sur le Statut de Rome et la définition des crimes internationaux (agression, crimes de guerre), utiles pour qualifier juridiquement les frappes du 28 février 2026.

4. Pour aller plus loin : la question palestinienne et le conflit régional

•  Camille Lefèvre, "Le Livre noir du sionisme : bibliographie", Mediapart, 13 avril 2024. [En ligne]Une bibliographie extrêmement riche et documentée sur l'histoire du sionisme, de la Palestine et du conflit israélo-arabe, avec des références en français, anglais et hébreu. On y trouve notamment :
•  Michel Abitbol, Histoire d'Israël, Perrin, 2018
•  Georges Corm, Le Proche-Orient éclaté, La Découverte, 2007
•  Georges Bensoussan, Les origines du conflit israélo-arabe (1870-1950), PUF (coll. "Que sais-je ?"), 2023

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