L'appareil diplomatique de la République islamique a le devoir de protéger les droits et les intérêts de la nation iranienne et seul un accord qui garantira pleinement ces priorités sera accepté. Voici les termes utilisés par le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï lors de sa conférence de presse hebdomadaire, qui s'est tenue ce lundi 23 février à Téhéran.
M. Baghaï a affirmé que dans toute négociation, le sérieux se mesure dans les efforts sincères et de bonne foi fondés sur le respect mutuel pour parvenir à un résultat, ajoutant que la rédaction de tout document exige la coopération, la participation et l'assistance de toutes les parties négociatrices. Il a en outre exclu toute proposition qui ne répondrait pas aux exigences fondamentales de la République islamique.
"En tant qu'appareil diplomatique de la République islamique d'Iran, notre devoir est de garantir les droits et les intérêts de la nation iranienne. Aussi, seul un accord qui inclura des garanties pour les droits et les intérêts nationaux de l'Iran, tant sur la question nucléaire que sur celle de la levée des sanctions, sera accepté", a-t-il expliqué.
En réponse à une question concernant les commentaires de l'envoyé spécial américain pour la région, Steve Witkoff, qui appelait l'Iran à se soumettre à l'accord envisagé par les États-Unis, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a réagi en affirmant que ce n'était pas la première fois que des déclarations contradictoires étaient faites.
Witkoff a déclaré samedi que Donald Trump était "curieux" de connaître la position de l'Iran après avoir menacé d'une frappe militaire limitée si aucun accord n'était conclu.
L'envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient a déclaré que le président Donald Trump était "intrigué" par le refus de l'Iran de "capituler" face aux exigences américaines en vue d'un accord sur son programme nucléaire.
Le porte-parole iranien a affirmé que toute négociation entamée, conditionnée par des préjugés et des contraintes ne parviendra naturellement pas à une conclusion.
Le mot "capitulation" n'a aucune place dans la culture et la littérature iraniennes, et nous n'avons jamais accepté un tel terme, a-t-il précisé, rappelant que la nation iranienne a toujours démontré qu'elle ne cède pas à la pression.
Au cours des 47 dernières années, le peuple iranien a réclamé la dignité, l'indépendance et le respect de l'intégrité territoriale et de la souveraineté nationale du pays, a-t-il poursuivi.
Ces remarques ont été formulées alors que la République islamique et les États-Unis ont tenu, le 17 février, le deuxième cycle de négociations nucléaires indirectes, au consulat général d'Oman à Genève, en Suisse. Comme lors du précédent round à Mascate, l'ordre du jour des pourparlers portait principalement sur la question nucléaire et la levée des sanctions américaines illégales.
Les États-Unis insistent sur l'arrêt du programme nucléaire iranien, alors que la République islamique affirme ne pas chercher à se doter de l'arme nucléaire, et qu'elle a le droit d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques. Washington a intensifié sa rhétorique guerrière contre Téhéran à la suite des récentes manifestations économiques dans le pays, qui ont été instrumentalisées par des agences de renseignement étrangères et ont dégénéré en violences. Depuis lors, le président américain n'a cessé de menacer d'une action militaire contre la République islamique, déployant deux groupes aéronavals et des centaines d'avions de chasse, de bombardiers et d'avions de ravitaillement dans les eaux régionales proches de l'Iran.
Interrogé sur la possibilité que Téhéran quitte la table des négociations en cas d'attaque américaine limitée contre l'Iran, Esmaïl Baghaï a répondu : "Il n'y a pas de limites à ce qui constitue un acte d'agression ; toute attaque, quelle que soit son ampleur, constitue une agression et entraînera naturellement ses conséquences".
En réponse à une question sur des récentes déclarations du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, selon lesquelles aucun accord ne pourrait être conclu si l'Iran ne permettait pas à l'AIEA d'inspecter les sites endommagés lors de la guerre des Douze jours de juin 2025, M. Baghaï a confirmé que "tous les engagements concernant les inspections de nos installations nucléaires pacifiques jusqu'en 2025 ont été respectés, et nous avons pleinement coopéré avec l'agence".
En ce qui concerne l'inspection des installations endommagées, il a indiqué qu'il n'existe ni directive ni mécanisme clairement définis. "C'est la première fois que des installations nucléaires pacifiques d'un pays ont été prises pour cible lors d'une agression militaire étrangère. Par conséquent, tant qu'aucun protocole spécifique n'aura été établi, nous nous trouvons dans l'impossibilité d'agir sur ce point", a-t-il dit.
M. Araghchi a exprimé sa reconnaissance envers Rafael Grossi pour sa présence et son rôle lors des pourparlers à Genève, en Suisse.
Dans un autre volet de ses propos, il a abordé le communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères relatif aux forces armées des États membres de l'Union européenne. "Le communiqué que nous avons publié repose sur une décision du Conseil suprême de sécurité nationale ainsi que sur une loi adoptée par le Parlement. Il a été élaboré au regard du droit international, sur la base du principe des contre-mesures", a-t-il expliqué.
Faisant allusion à la décision de l'Union européenne d'inscrire le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) sur sa liste des organisations terroristes, Esmaïl Baghaï a indiqué que cette démarche est contraire aux principes et aux règles fondamentales du droit international, ainsi qu'à la Charte des Nations Unies.
Selon ces mots, cette action injustifiée et illégale des États membres de l'UE constitue une forme d'"étiquetage" visant une partie des forces armées officielles de la République islamique.
"Notre mesure a été prise en réponse à cette démarche illégale. Au-delà de ses implications politiques et juridiques, la présence des forces de maintien de l'ordre des États membres de l'UE dans la région du golfe Persique sera perçue différemment, car elles seront considérées comme des forces terroristes, ce qui aura ses propres conséquences", a-t-il martelé.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué les ambassadeurs des États membres de l'UE pour protester contre une récente résolution européenne visant le CGRI.
