
© Ibrahim Ezzat/Anadolu Source: Gettyimages.ru
Rima Hassan, eurodéputée française et membre de La France insoumise, au tribunal de Paris, le 19 octobre 2026, lors de son procès pour apologie présumée du terrorisme
Jugée pour "apologie du terrorisme", l'eurodéputée LFI a exercé son droit au silence, le 19 octobre à Paris, dénonçant une "tentative d'intimidation", tandis que les débats ont viré à l'affrontement entre la défense et les parties civiles.
L'audience s'est ouverte dans un climat électrique au tribunal correctionnel de Paris. Rima Hassan, poursuivie pour un tweet publié en mars et citant l'un des auteurs de l'attentat de 1972 à l'aéroport de Tel Aviv, a choisi de garder le silence après une brève déclaration, tandis que les incidents se multipliaient dans la salle.
Le message incriminé, supprimé depuis, reprenait les propos de Kozo Okamoto : "J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir." En marge du procès, un individu a proféré des menaces à l'encontre de l'élue insoumise.
🚨 ALERTE INFO - Un homme menace de FRAPPER la députée Rima Hassan devant des agents de police au tribunal. "J'ai envie de la défoncer !" t.co
- Focus (@FocusMedia_Fr) October 19, 2026
Les tensions sont rapidement montées. L'avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, a quitté la salle après que Me Galina Elbaz, avocate de la Licra, a évoqué des "tropes antisémites" dans sa plaidoirie. Plus tôt, un autre avocat d'une partie civile lui avait reproché d'avoir suggéré une "double allégeance".
"On m'insulte ! On me menace !", s'était insurgé Me Brengarth, affirmant avoir été traité de "salopard". Plusieurs suspensions d'audience ont été nécessaires.
Être avocat, défendre @RimaHas, exercer librement sa mission : voilà ce qui m'a valu des injures, jusque dans l'enceinte judiciaire, de la part du président de l'Observatoire juif de France. C'est parfaitement inacceptable. La défense ne se laissera pas intimider.
- Vincent Brengarth (@v_brengarth) October 19, 2026
La défense a dénoncé le caractère politique de la procédure, engagée après un signalement du ministre de l'Intérieur, et soulevé des exceptions de nullité concernant la garde à vue et le "déferlement" de parties civiles.
Des témoins, dont l'ancien journaliste Alain Gresh, ont contesté la qualification de "terrorisme" pour l'attentat de 1972. Du côté des parties civiles, Yves Klejman, fils d'une victime blessée, a joué sur la corde de l'émotion : le tweet l'aurait "blessé". Il a exprimé sa volonté de "rendre justice à Maman".
🔴Procès de Rima Hassan pour apologie du terrorisme "Comment une députée qui représente la France, qui me représente, peut-elle dire que ce n'est pas du terrorisme, que maman n'a pas été victime d'un acte terroriste ?" Yves Klejmann t.co
- Radio RCJ (@RCJRADIO) October 20, 2026
Les plaidoiries sont prévues le 20 octobre. Rima Hassan encourt jusqu'à sept ans de prison et 100 000 euros d'amende.