🧠 20/10/2026 dedefensa.org  5min ⁑️ #330526

Lassitude du désordre, attente du chaos

 Journal dde.crisis de Philippe Grasset  

20 octobre 2026 - Il est impossible d'espérer faire un commentaire des événements français, puis européens, - c'est-à-dire les deux à la fois, - qui ne soit pas une sorte de lassitude sous l'amoncellement des lieux communs crisiques de la violence. Mais il est impossible de faire autrement, sinon à enjoliver la chose de diverses hypothèses complotisto-manipulatrices, et par conséquent on ne peut reprocher à personne une telle constitution que d'habitude l'esprit repousse.

Il y a une litanie devant l'aspect désespérant et nihiliste du constat des dégâts commis dans la pure gratuité de l'acte brutal, et les couplets habituels sur l'incroyable médiocrité de la direction politique à laquelle on prête pourtant, en désespoir de cause, des projets fabuleux d'immenses manœuvres pour tromper son monde et installer la dictature tant de fois imprévue. Rien à dire dans tout cela, sinon l'impression d'un éternel recommencement dans le champ terrestre des illusions du simulacre.

Il y a d'ailleurs une sorte de similitude frappante avec le déroulement des événements de guerre en Ukraine selon la narrative du type  bloc-BAO, - américaniste-occidentaliste, portant clairement la marque atlantico-européiste (bloc-BAE dans ce cas). Il nous a fallu suivre avec une passion sublime la marche vers la victoire de l'Ukraine accompagnant l'effondrement russe dans l'enthousiasme de l'anéantissement du Barbare impuissant ; tout cele, en dénonçant les intentions russes d'envahir et d'écraser l'Europe sous sa force indescriptible, déclenchant une fureur révolutionnaire, de la sorte qu'on rencontrait dans la Convention de 1793, du type-"Aux armes, citoyens-européistes ! ". Dans tous les pays de l'UE touchés par la contamination française, - la France reste toujours première en un domaine ou l'autre, cette fois elle a choisi la pire, - on a suivi cette narrative du balancement entre la fureur explicable des émeutiers professionnels, la justesse compréhensible des revendications des autres, les proclamations assez molles et les grandes décisions pleines d'un vide mille fois relifté en séduction d'une extrême et stérile impuissance des directions politiques.

Ces narrative sont épuisantes pour le commentateur mais nous devons découvrir et comprendre qu'elles le sont également, sinon bien plus, pour le narrateur. C'est peut-être là que se situe le nœud de cette immense intrigue qu'est la  GrandeCrise. Car autant les situations de désordre créées par les simulacres du Système enflent sur ces deux fronts examinés (pays européens et Ukraine), autant la résolution de ces désordres à l'avantage du Système s'éloignent. Ces simulacres sont partout des pièges pour nous, les indépendants-dissidents, comme ils sont partout et surtout des pièges qui peuvent se retourner et "prendre le Système à son propre piège". Ainsi le désordre augmente-t-il encore et se transforme en chaos,  passant effectivement d'une définition convenant au Système à une autre définition devenant une menace pour le Système :

"Le désordre est l'opposé de l'ordre.

" Le chaos n'est pas nécessairement l'opposé de l'ordre : il peut être ce qui précède, produit ou annonce un autre ordre."

Le problème qui est en train de surgir est "cet autre ordre". Le Système a fait l'incroyable pari de la destruction d'un ordre qui l'avantageait considérablement tout en donnant aux gentils-"citoyens" le minimum nécessaires pour justifier leur supportabilité de cet ordre. La destruction de son ordre par lui-même (le Système) a comme effet assuré, immédiat, d'installer la notion d'insupportabilité de l'ordre jusqu'alors installé par le Système, et donc courant le danger terrible pour lui-même (le Système) d'être dans l'incapacité d'installer un nouvel ordre parce que celui-ci serait automatiquement ressenti comme insupportable pour les braves-"citoyens" ; tout cela d'autant plus que les directions, les élitesSystème, tous fort intelligents, produisent en grande hâte, beaucoup plus vite et efficacement que des obus ou des 'Patriot',  une extrême stupidité pour eux-mêmes. C'est là le piège de la surpuissance (destruction de l'ordre en place) débouchant sur l'autodestruction (incapacité de produire un "nouvel ordre" autre qu'insupportable pour les toujours-braves "citoyens").

Ce processus est d'autant plus probable que l'intelligence hyper-stupides des dirigeants les enferme dans l'incapacité de sortir avec habileté et décision du simulacre qui semble poursuivre l'ordre qu'ils sont en train de détruire, par simple trouille et une imagination totalement inféconde et désertique. Ainsi leur processus de destruction aboutit à la destruction de l'ordre qu'ils avaient installé et au développement également hyperrapide de la haine par insupportabilité des mêmes braves-et-gentils "citoyens" pour tout ce qui viendrait du Système.

Effectivement, nous serons passés, et d'ailleurs nous sommes en train de passer de l'ordre au chaos, ce chaos qui terrorise par avance le Système parce qu'il n'est plus l'enfant de l'ordre détruit dont il ne veut plus rien savoir, et d'où par conséquent rien de supportable de lui-même (du Système) ne peut sortir. Ils suivent donc tous, sans y rien comprendre, la sombre consigne d'Abraham Lincoln :

"En tant que nation d'hommes libres, nous devons perdurer à travers les âges ou périr par suicide."

Le grand Lincoln avait vu juste, - en 1839, ce qui fait de lui un prophète par le doute et l'anxiété. On comprend que ceux-là, ses successeurs par hérédité dégénérative, s'inquiètent tant à propos de la destinée que leur réserve la "superintelligence artificielle ".

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