par Maria Poumier
Cauchemars, pronostics, angoisses et foi.
José Martí était sujet aux visions grandioses. Elles naissaient de ses tourments intimes, et lui-même les rattachait toujours au destin de son pays. On a ici une extraordinaire anticipation du règne du mensonge médiatique, de la terreur infligée jusqu'à notre inconscient au moyen d'images laides et malsaines, avec deux trouvailles centrales : l'âme, ou la conscience, vue comme un portier qui dort, et le pavot hypnotique et parfumé qui le parasite et l'engourdit.