Olivier Roynard,
La rupture entre la Russie et l'Europe ne peut pas être comprise seulement comme une fracture géopolitique.
Elle repose sur une divergence plus ancienne entre l'Orient orthodoxe, héritier de Byzance, et l'Occident latin, recomposé après l'effondrement du monde romain occidental au Ve siècle. Les lignes de front actuelles, les sanctions, l'élargissement de l'OTAN, la dépendance énergétique et l'alignement transatlantique ne suffisent pas à expliquer la profondeur de l'antagonisme, ni pourquoi la négociation seule peine à le surmonter.