Les Carnets de Nicolas Bonnal
Dans Quatre-vingt-treize, Hugo défie les hommes et leur barbarie. Il se fait le chantre en pleine guerre civile française, en pleine horreur révolutionnaire, de la sagesse, de la beauté et de la richesse de la nature.
Il décrit ainsi une promenade :
"Pendant que ceci se passait près de Tanis, le mendiant s'en était allé vers Crollon. Il s'était enfoncé dans les ravins, sous les vastes feuillées sourdes, inattentif à tout et attentif à rien, comme il l'avait dit lui-même, rêveur plutôt que pensif, car le pensif a un but et le rêveur n'en a pas, errant, rôdant, s'arrêtant, mangeant çà et là une pousse d'oseille sauvage, buvant aux sources, dressant la tête par moments à des fracas lointains, puis rentrant dans l'éblouissante fascination de la nature, offrant ses haillons au soleil, entendant peut-être le bruit des hommes, mais écoutant le chant des oiseaux."