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En cause, l'incapacité de la France à adopter un budget capable de redresser ses finances. [Photo d'illustration]
Sur les marchés obligataires, le taux d'emprunt à dix ans de la France a frôlé les 5%, un record depuis plus de 20 ans, tandis que le spread avec l'Allemagne a dépassé les 140 points de base, une première depuis 2012, preuve que les investisseurs doutent de plus en plus de la capacité la France à adopter un budget capable de redresser ses finances.
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La France tiendra-t-elle jusqu'aux prochaines élections présidentielles ? Alors que le gouvernement Lecornu fait face à une énième crise interne, avec la "fronde" lycéenne, et qu'il vient de présenter un budget présentant de nouvelles hausses des dépenses et des prélèvements, nombre d'observateurs économiques tirent le signal d'alarme face à la crise financière qui prend forme.
"On est en train de se demander comment vont se passer ces élections apaisées, tel qu'on y va - là on y va franchement - cela risque d'être une crise financière extrêmement grave", a alerté le 1er octobre sur France TV l'économiste Philippe Dessertine, qui ne croit "absolument pas" que l'objectif de 5 % de déficit du PLF présenté par le gouvernement Lecornu sera tenu et qui souligne au passage que ce budget de "redressement" contient 42 milliards d'augmentation de dépenses.
Ce jour-là, le taux d'emprunt de la France sur le marché obligataire secondaire a atteint les 4,96 %, un record depuis juillet 2002, avant de revenir aux alentours de 4,92 % le 2 octobre, sur fond de léger reflux des cours de l'or noir. Dorénavant, le coût de la dette française dépasse les plus hauts qu'il avait atteint durant la crise financière de 2007-2008.
Le spread France-Allemagne flambe
Soulignons que dans le cadre du marché obligataire, dont le fonctionnement peut paraître au premier abord contre-intuitif, une hausse du rendement des obligations traduit une vente de ces dernières par leurs détenteurs : le taux monte alors afin de tenter les acheteurs.
Témoignage de cette défiance vis-à-vis de la France, alors que le phénomène affecte l'Europe et les États-Unis, le spread, à savoir l'écart entre le taux d'emprunt de la France et celui de l'Allemagne - qui fait figure de référence sur le Vieux continent - a dépassé les 150 points de base le 2 octobre, une première depuis fin 2011.
"Le réel nous rattrape", avait lancé sur X Sébastien Lecornu le 30 septembre, à la veille de la présentation du projet de budget de son gouvernement. Un budget de "redressement", avait-il promis. Un budget qui devrait notamment se traduire par une hausse des prélèvements obligatoires, et ce, alors même que la France figure sur le podium des pays où l'on taxe le plus.
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