Le territoire palestinien de la bande de Gaza traverse actuellement la "pire crise économique jamais observée" dans le monde, a alerté jeudi 24 septembre l'agence de l'ONU pour le commerce et le développement (Cnuced). Cette crise "anéantit des décennies de développement", a déclaré devant la presse à Genève Pedro Manuel Moreno, secrétaire général de la Cnuced par intérim, à l'occasion de la publication d'un rapport par l'organisation.
Avant octobre 2023, "deux habitants de Gaza sur trois vivaient dans la pauvreté. Aujourd'hui, toute la population de Gaza est touchée", a expliqué Mutasim Elagraa, coordinateur de l'assistance au peuple palestinien pour la Cnuced, évoquant une situation "déjà catastrophique" qui "s'est considérablement aggravée".
Il a détaillé l'ampleur des dégâts : le secteur du logement a subi les dommages les plus lourds, estimés à 19 milliards de dollars pour 2025. Parallèlement, l'activité industrielle et la production agricole ont reculé de 94 %, avec seulement 1,5 % des terres cultivables encore accessibles. Une réalité qui "implique une dépendance totale à l'aide alimentaire humanitaire".
Plus de 70 milliards de dollars pour reconstruire
Selon le rapport, qui repose notamment sur des données de la Banque mondiale et du Bureau central palestinien de statistique "le conflit a détruit des centaines de milliers d'emplois", entraînant une perte cumulée de revenus du travail estimée à 2,8 milliards de dollars (2,46 milliards d'euros) depuis 2023. Aujourd'hui "plus de 90 % de la population de Gaza en âge de travailler est sans emploi", note l'organisation.
Les frappes israéliennes ont détruit 92 % des établissements économiques, indique encore la Cnuced. Le montant nécessaire à la reconstruction de Gaza, évalué à 71,5 milliards de dollars, "risque encore d'augmenter". Le rapport conclut qu'il faudra "plusieurs années à la Cisjordanie et bien plus d'une décennie à Gaza pour retrouver le niveau de PIB par habitant qui était le leur avant la crise".
