๐Ÿ‡ต๐Ÿ‡ธ 22/09/2026 palestine-solidarite.fr  6min โŽ๏ธ #327486

Vers la tente Rafah

Par Rami Abou Reida

๐˜'๐˜ข๐˜ช รฉ๐˜ค๐˜ณ๐˜ช๐˜ต ๐˜ค๐˜ฆ ๐˜ต๐˜ฆ๐˜น๐˜ต๐˜ฆ ๐˜ฆ๐˜ฏ ๐˜ซ๐˜ข๐˜ฏ๐˜ท๐˜ช๐˜ฆ๐˜ณ 2024, ๐˜ญ๐˜ฐ๐˜ณ๐˜ด ๐˜ฅ๐˜ฆ ๐˜ฏ๐˜ฐ๐˜ต๐˜ณ๐˜ฆ ๐˜ฑ๐˜ณ๐˜ฆ๐˜ฎ๐˜ชรจ๐˜ณ๐˜ฆ ๐˜ฏ๐˜ถ๐˜ช๐˜ต ๐˜ด๐˜ฐ๐˜ถ๐˜ด ๐˜ญ๐˜ข ๐˜ต๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ต๐˜ฆ.

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๐˜‘๐˜ฆ ๐˜ฏ๐˜ฆ ๐˜ด๐˜ข๐˜ท๐˜ข๐˜ช๐˜ด ๐˜ฑ๐˜ข๐˜ด ๐˜ฒ๐˜ถ๐˜ฆ ๐˜ค๐˜ฆ๐˜ต๐˜ต๐˜ฆ ๐˜ฏ๐˜ถ๐˜ช๐˜ต ๐˜ฏ๐˜ฆ ๐˜ด๐˜ฆ๐˜ณ๐˜ข๐˜ช๐˜ต ๐˜ฑ๐˜ข๐˜ด ๐˜ถ๐˜ฏ๐˜ฆ ๐˜ฏ๐˜ถ๐˜ช๐˜ต ๐˜ฑ๐˜ข๐˜ด๐˜ด๐˜ข๐˜จรจ๐˜ณ๐˜ฆ, ๐˜ฆ๐˜ต ๐˜ฒ๐˜ถ๐˜ฆ ๐˜ญ๐˜ข ๐˜ต๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ต๐˜ฆ ๐˜ฅ๐˜ข๐˜ฏ๐˜ด ๐˜ญ๐˜ข๐˜ฒ๐˜ถ๐˜ฆ๐˜ญ๐˜ญ๐˜ฆ ๐˜ฏ๐˜ฐ๐˜ถ๐˜ด รฉ๐˜ต๐˜ช๐˜ฐ๐˜ฏ๐˜ด ๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ต๐˜ณรฉ๐˜ด ๐˜ฑ๐˜ณ๐˜ฐ๐˜ท๐˜ช๐˜ด๐˜ฐ๐˜ช๐˜ณ๐˜ฆ๐˜ฎ๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ต ๐˜ฅ๐˜ฆ๐˜ท๐˜ช๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ฅ๐˜ณ๐˜ข๐˜ช๐˜ต, ๐˜ข๐˜ถ ๐˜ง๐˜ช๐˜ญ ๐˜ฅ๐˜ฆ๐˜ด ๐˜ซ๐˜ฐ๐˜ถ๐˜ณ๐˜ด, ๐˜ฅ๐˜ฆ๐˜ด ๐˜ฎ๐˜ฐ๐˜ช๐˜ด ๐˜ฆ๐˜ต ๐˜ฅ๐˜ฆ๐˜ด ๐˜ข๐˜ฏ๐˜ฏรฉ๐˜ฆ๐˜ด, ๐˜ญ๐˜ฆ ๐˜ญ๐˜ช๐˜ฆ๐˜ถ ๐˜ฅ'๐˜ถ๐˜ฏ๐˜ฆ ๐˜ท๐˜ช๐˜ฆ ๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ต๐˜ชรจ๐˜ณ๐˜ฆ ๐˜ฅ๐˜ฆ ๐˜ฅรฉ๐˜ฑ๐˜ญ๐˜ข๐˜ค๐˜ฆ๐˜ฎ๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ต.

๐˜ˆ๐˜ถ๐˜ซ๐˜ฐ๐˜ถ๐˜ณ๐˜ฅ'๐˜ฉ๐˜ถ๐˜ช, ๐˜ฆ๐˜ฏ ๐˜ณ๐˜ฆ๐˜ฑ๐˜ถ๐˜ฃ๐˜ญ๐˜ช๐˜ข๐˜ฏ๐˜ต ๐˜ค๐˜ฆ ๐˜ต๐˜ฆ๐˜น๐˜ต๐˜ฆ, ๐˜ด๐˜ฆ๐˜ด ๐˜ฎ๐˜ฐ๐˜ต๐˜ด ๐˜ฎ๐˜ฆ ๐˜ฑ๐˜ข๐˜ณ๐˜ข๐˜ช๐˜ด๐˜ด๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ต ๐˜ต๐˜ณรจ๐˜ด ๐˜ฅ๐˜ช๐˜ง๐˜งรฉ๐˜ณ๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ต๐˜ด...

๐˜Š๐˜ฆ ๐˜ฒ๐˜ถ๐˜ฆ ๐˜ซ'รฉ๐˜ค๐˜ณ๐˜ช๐˜ท๐˜ข๐˜ช๐˜ด ๐˜ข๐˜ญ๐˜ฐ๐˜ณ๐˜ด ๐˜ด๐˜ถ๐˜ณ ๐˜ญ๐˜ข ๐˜ต๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ต๐˜ฆ ๐˜ฏ'รฉ๐˜ต๐˜ข๐˜ช๐˜ต ๐˜ฒ๐˜ถ๐˜ฆ ๐˜ญ๐˜ฆ ๐˜ฅรฉ๐˜ฃ๐˜ถ๐˜ต ๐˜ฅ'๐˜ถ๐˜ฏ๐˜ฆ ๐˜ญ๐˜ฐ๐˜ฏ๐˜จ๐˜ถ๐˜ฆ ๐˜ฉ๐˜ช๐˜ด๐˜ต๐˜ฐ๐˜ช๐˜ณ๐˜ฆ ๐˜ฅ๐˜ฐ๐˜ฏ๐˜ต ๐˜ฏ๐˜ฐ๐˜ถ๐˜ด ๐˜ฏ๐˜ฆ ๐˜ค๐˜ฐ๐˜ฏ๐˜ฏ๐˜ข๐˜ช๐˜ด๐˜ด๐˜ช๐˜ฐ๐˜ฏ๐˜ด ๐˜ฑ๐˜ข๐˜ด ๐˜ฆ๐˜ฏ๐˜ค๐˜ฐ๐˜ณ๐˜ฆ ๐˜ญ๐˜ข ๐˜ง๐˜ช๐˜ฏ.

๐•๐ž๐ซ๐ฌ ๐ฅ๐š ๐ญ๐ž๐ง๐ญ๐ž...

๐‘๐š๐Ÿ๐š๐ก

La tente a รฉtรฉ notre premiรจre vรฉritable รฉpreuve de la vie de dรฉplacรฉs. C'รฉtait la premiรจre fois que nous quittions une maison avec des murs et des portes pour une simple toile, incapable mรชme de nous protรฉger du froid de l'hiver.

Aprรจs que la famille du poรจte nous eut accueillis chez elle pendant deux mois, j'ai commencรฉ ร  sentir que notre sรฉjour allait se prolonger, et que la guerre ne serait pas ces quelques jours que nous espรฉrions voir passer rapidement, mais une guerre longue dont nous ne savions pas quand elle prendrait fin.

Il n'รฉtait plus raisonnable de rester davantage chez cette famille, mรชme s'ils รฉtaient trรจs attristรฉs ร  l'idรฉe de notre dรฉpart et ne voulaient pas que nous partions. Mais j'รฉtais dรฉterminรฉ.

Nous devions devenir autonomes et leur laisser un peu d'espace et de tranquillitรฉ dans leur propre maison. Il n'รฉtait pas possible de rester leurs invitรฉs indรฉfiniment.

Je n'ai pas cherchรฉ d'appartement, car rien n'รฉtait garanti. On ne savait pas oรน les bombardements auraient lieu le lendemain, ni quel endroit deviendrait sรปr ou dangereux.

Nous avons donc dรฉcidรฉ d'installer une tente dans l'un des camps, en espรฉrant qu'elle serait mieux adaptรฉe ร  notre nouvelle rรฉalitรฉ.

Aprรจs quelques recherches, j'ai trouvรฉ un terrain dans le secteur d'Al-Fadila, au nord de Tal Al-Sultan, prรจs de ma belle-famille.

Je l'ai dรฉlimitรฉ avec des poteaux en bois et des morceaux de tissu. J'ai achetรฉ le bois, fait venir un ouvrier, et nous avons commencรฉ ร  construire la tente.

Je l'aidais et lui donnais quelques indications, lorsqu'il s'est mis ร  plaisanterย :

"Ingรฉnieur, ce n'est qu'une tente, pas du bรฉtonย ! Et puis, dans quelques jours, on sera de retour chez nous..."

J'ai ri ce jour-lร , mais ses paroles sont restรฉes gravรฉes en moi.

J'รฉtais triste.

๐‰๐ž ๐ฆ๐ž ๐๐ž๐ฆ๐š๐ง๐๐š๐ข๐ฌย : ๐ฃ๐ฎ๐ฌ๐ช๐ฎ'๐จ๐ฎฬ€ ๐ž๐ง ๐žฬ๐ญ๐ข๐จ๐ง๐ฌ-๐ง๐จ๐ฎ๐ฌ ๐š๐ซ๐ซ๐ข๐ฏ๐žฬ๐ฌย ? ๐„๐ญ ๐ฃ๐ฎ๐ฌ๐ช๐ฎ'๐จ๐ฎฬ€ ๐ง๐จ๐ญ๐ซ๐ž ๐ฏ๐ข๐ž ๐ง๐จ๐ฎ๐ฌ ๐š๐ฏ๐š๐ข๐ญ-๐ž๐ฅ๐ฅ๐ž ๐œ๐จ๐ง๐๐ฎ๐ข๐ญ๐ฌ ?

Nous qui vivions dans une maison, nous รฉtions dรฉsormais en train de construire une tente de quinze mรจtres carrรฉs pour en faire toute notre vie.

๐๐ฎ๐ข๐ง๐ณ๐ž ๐ฆ๐žฬ€๐ญ๐ซ๐ž๐ฌ ๐œ๐š๐ซ๐ซ๐žฬ๐ฌ ๐ฌ๐ž๐ฎ๐ฅ๐ž๐ฆ๐ž๐ง๐ญ...

C'รฉtait le salon, la chambre ร  coucher, la cuisine, la chambre des enfants, tout.

Quant aux toilettes, elles ne ressemblaient en rien ร  celles auxquelles nous รฉtions habituรฉs.

Mais j'ai essayรฉ de les amรฉnager du mieux possible. Et elles รฉtaient effectivement meilleures que celles de nombreux autres dรฉplacรฉs autour de nous.

J'ai fabriquรฉ une cuvette ร  partir d'un vieux seau de peinture, sur lequel j'ai fixรฉ un abattant de toilettes. J'ai รฉgalement fabriquรฉ une sorte de douchette rudimentaire ร  partir d'un seau que j'ai suspendu ร  un poteau en bois faisant partie de la structure des parois des toilettes.

Ce n'รฉtait pas une question de confort, mais une tentative de prรฉserver un minimum d'hygiรจne et de nous adapter, autant que possible, ร  notre nouvelle rรฉalitรฉ.

Les toilettes รฉtaient entourรฉes de parois en plastique noir, avec un toit รฉgalement en plastique, ร  cรดtรฉ de la tente, en plein air.

Et c'รฉtait l'hiver.

Cela signifiait que, la nuit, il fallait quitter la chaleur relative de la literie pour affronter le froid glacial et se rendre dans des toilettes sans lumiรจre, sans รฉlectricitรฉ, sans intimitรฉ, sans rien qui ressemble aux conditions les plus รฉlรฉmentaires d'une vie humaine.

Quant au lavabo, c'รฉtait simplement un seau posรฉ sur un sac rempli de sable afin de le surรฉlever du sol, avec un robinet fixรฉ dessus.

Ce lavabo servait ร  toutย : faire la vaisselle, se laver et rรฉpondre ร  tous nos besoins quotidiens.

Pour les eaux usรฉes, nous avions creusรฉ une fosse d'infiltration dans le sol et l'avions recouverte d'une plaque de fer.

Tout รฉtait provisoire, rudimentaire, fabriquรฉ avec ce que nous avions ร  notre disposition.

Et pourtant, nous essayions de faire de ces petits dรฉtails quelque chose qui ressemble ร  une vie.

๐๐จ๐ฎ๐ฌ ๐๐žฬ๐œ๐จ๐ฎ๐ฏ๐ซ๐ข๐จ๐ง๐ฌ ๐›๐ž๐š๐ฎ๐œ๐จ๐ฎ๐ฉ ๐๐ž ๐œ๐ก๐จ๐ฌ๐ž๐ฌ ๐ช๐ฎ๐ข ๐ง๐ž ๐ฌ๐ž ๐ฆ๐ž๐ฌ๐ฎ๐ซ๐š๐ข๐ž๐ง๐ญ ๐ฉ๐ฅ๐ฎ๐ฌ ๐ฌ๐ž๐ฅ๐จ๐ง ๐ฅ๐ž๐ฌ ๐œ๐ซ๐ข๐ญ๐žฬ€๐ซ๐ž๐ฌ ๐๐ž ๐ฅ๐š ๐ฏ๐ข๐ž ๐ช๐ฎ๐ž ๐ง๐จ๐ฎ๐ฌ ๐š๐ฏ๐ข๐จ๐ง๐ฌ ๐œ๐จ๐ง๐ง๐ฎ๐ž ๐š๐ฎ๐ฉ๐š๐ซ๐š๐ฏ๐š๐ง๐ญ... ๐ฆ๐š๐ข๐ฌ ๐ฌ๐ž๐ฅ๐จ๐ง ๐ฎ๐ง ๐ฌ๐ž๐ฎ๐ฅ ๐œ๐ซ๐ข๐ญ๐žฬ€๐ซ๐žย :

๐๐จ๐ฎ๐ฏ๐ข๐จ๐ง๐ฌ-๐ง๐จ๐ฎ๐ฌ ๐ฌ๐ฎ๐ฉ๐ฉ๐จ๐ซ๐ญ๐ž๐ซ ๐œ๐ž๐ฅ๐š ๐จ๐ฎ ๐ง๐จ๐ง ?

Nous avons terminรฉ la tente aprรจs une longue journรฉe de travail.

Je suis retournรฉ le soir chez la famille du poรจte et je leur ai ditย :

"Demain, nous partirons."

Ils รฉtaient en colรจre et attristรฉs. Notre dรฉpart leur faisait aussi mal qu'ร  nous, mais il le fallait.

Le lendemain matin, nous avons rassemblรฉ nos affaires et les avons chargรฉes dans la voiture.

Ce fut un vรฉritable jour d'adieu.

Les larmes coulaient, les mots รฉtaient rares, et la gratitude รฉtait trop grande pour รชtre exprimรฉe.

Ils avaient รฉtรฉ des hรดtes exceptionnels.

Ils nous avaient accueillis ร  un moment oรน nous n'avions plus rien, sinon la peur et la fatigue. Ils avaient ouvert leur maison alors que de nombreuses portes s'รฉtaient refermรฉes devant nous.

Puis nous sommes partis vers les tentes.

๐„๐ญ ๐ง๐จ๐ญ๐ซ๐ž ๐ฏ๐ข๐ž ๐š๐ฏ๐ž๐œ ๐ฅ๐š ๐ญ๐ž๐ง๐ญ๐ž ๐š ๐œ๐จ๐ฆ๐ฆ๐ž๐ง๐œ๐žฬ.

C'รฉtait notre premiรจre nuit.

Aprรจs notre arrivรฉe et aprรจs avoir rangรฉ nos affaires ร  l'intรฉrieur, il faisait froid.

Nous รฉtions tous assis ร  l'intรฉrieur, regardant tantรดt le toit, tantรดt les parois, comme si nous essayions de comprendre ce nouvel endroit, ou peut-รชtre de nous convaincre que cet endroit pouvait devenir une maison.

Nous รฉtions silencieux.

Et chacun de nous avait la mรชme question en tรชteย :

๐‚๐จ๐ฆ๐ฆ๐ž๐ง๐ญ ๐š๐ฅ๐ฅ๐จ๐ง๐ฌ-๐ง๐จ๐ฎ๐ฌ ๐ฏ๐ข๐ฏ๐ซ๐ž ๐ข๐œ๐ข ?

Il n'y avait pas de rรฉponse.

Nous n'avions simplement pas le choix.

Cette nuit-lร , je me suis allongรฉ sur le sol de la tente, mais mon esprit รฉtait restรฉ dans la maison...

Dans ma chambre, ses murs, ses petits dรฉtails, toutes ces choses que nous considรฉrions comme ordinaires et dont nous n'avions compris la valeur qu'aprรจs les avoir perdues.

Je fermais les yeux, puis les rouvrais, en entendant le vent frapper les parois de la tente.

Et je me rรฉpรฉtais intรฉrieurementย :

๐๐ฎ๐š๐ง๐ ๐œ๐ž ๐œ๐š๐ฎ๐œ๐ก๐ž๐ฆ๐š๐ซ ๐ฉ๐ซ๐ž๐ง๐๐ซ๐š-๐ญ-๐ข๐ฅ ๐Ÿ๐ข๐ง ?

Je ne savais pas encore que cette nuit ne serait pas une nuit passagรจre, et que la tente dans laquelle nous รฉtions entrรฉs provisoirement deviendrait, avec le temps, le lieu d'une vie entiรจre de dรฉplacement.

 Rami Abou Reida

๐Ÿ‘๐ŸŽ ๐ฃ๐š๐ง๐ฏ๐ข๐ž๐ซ ๐Ÿ๐ŸŽ๐Ÿ๐Ÿ’

๐‹๐ž๐ฌ ๐ญ๐ž๐ง๐ญ๐ž๐ฌ - ๐‘๐š๐Ÿ๐š๐ก

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