🇵🇸 22/09/2026 palestine-solidarite.fr  5min ⁑️ #327456

 Effondrement d'un immeuble à Gaza : 12 morts et une centaine de disparus

À l'intérieur du piège mortel de Gaza et des immeubles bombardés qui s'effondrent

Des familles palestiniennes vivent parmi les ruines de bâtiments endommagés, menacés d'effondrement,
à Khan Younès, dans le sud de Gaza, le 17 septembre 2026. (Photo : Tariq Mohammad/APA Images)

Par Mohamed Al-Astal

Avec plus de 40 000 Palestiniens abrités dans des immeubles sujets à l'effondrement et un hiver "cauchemardesque" qui approche, la Défense civile de Gaza met en garde contre une catastrophe évitable qui se déroule au grand jour.

Mohamed Al-Astal est un journaliste basé à Gaza, qui travaille pour des médias régionaux et internationaux à la radio, dans la presse écrite et sur les supports numériques. Son travail porte principalement sur les questions humanitaires et environnementales, apportant au public du monde entier des reportages de terrain réalisés depuis Gaza.

Source :  Mondoweiss, 18 septembre 2026

Traduction :  lecridespeuples.substack.com

Note du Cri des Peuples : Ce n'est pas parce qu'il a perdu son caractère spectaculaire que le génocide ne se poursuit pas. Face à l'indifférence médiatique, nous continuerons à proposer des articles et analyses qui remettent Gaza et la Palestine à l'ordre du jour.

Après la traduction de l'article de Mondoweiss, nous publions trois communiqués du Hamas sur les meurtres quotidiens perpétrés par l'occupation israélienne à Gaza, la profanation de la mosquée Al-Aqsa par Netanyahou et les restrictions imposées aux musulmans à la mosquée Ibrahimi d'Al-Khalil (Tombeau des Patriarches à Hébron).

Amr Adas tire les vêtements restants de sa famille des décombres de l'immeuble Al-Sa'ada, des amis le soutenant pour qu'il ne s'effondre pas. La structure s'est écroulée sur les familles déplacées qui s'y abritaient, dont sa femme et ses cinq enfants. Il place chaque vêtement dans un sac de farine vide. Lorsqu'il arrive aux vêtements de ses deux enfants, Bilal, 6 ans, et Dunia, 12 ans, morts lorsque l'immeuble s'est effondré avant l'aube ce mercredi, il éclate en sanglots.

Ses cris s'élèvent du côté est du site, se mêlant au bruit des bulldozers qui déblaient les décombres à l'ouest pour un deuxième jour consécutif. Des amis et des voisins tentent de le calmer, certains avec des mots, d'autres avec des versets coraniques sur la patience.

"Ce n'est pas la volonté de Dieu", crie-t-il, à personne en particulier. "C'est le silence du monde face à notre anéantissement. C'est l'absence du moindre soutien, même minimal, pour trouver un abri sûr. Cela nous force à accepter n'importe quel endroit pour nous loger, aussi dangereux soit-il."

Adas, 37 ans, s'agenouille sur le site où il a été secouru, au milieu des décombres et de la poussière. Il désigne ce qui était la chambre de ses enfants. Deux sont morts ; trois ont survécu : Sama, 14 ans, avec de multiples blessures ; Malak, 10 ans, avec une fracture du bassin ; et Mennatullah, un an et demi.

Il se rappelle que lorsque l'effondrement a commencé à 2h45 du matin, il a bondi pour protéger le bébé, mais sa femme, Nawal, 32 ans, l'avait déjà couverte de son propre corps. Il les a enlacées toutes les deux tandis que l'immeuble s'effondrait autour d'eux, criant à ses autres filles dans la pièce voisine : "Venez ici, venez ici."

"L'immeuble a continué de s'effondrer pendant quelques minutes, et tout nous tombait dessus, et je n'entendais rien d'autre que le bruit des briques et du béton", a déclaré Adas. "Je pouvais entendre les cris de mes quatre enfants dans la pièce voisine, mais je ne pouvais pas bouger, et je pouvais à peine prononcer quelques mots dans l'espoir de les rassurer."

"Soudain, l'endroit est devenu silencieux une fois l'effondrement terminé, et les voix de mes enfants qui m'appelaient se sont tues elles aussi, surtout celles des deux qui sont morts", a-t-il dit. "Quand les voix de mes enfants se sont arrêtées, ce fut le moment le plus dur de ma vie : j'étais à quelques mètres d'eux et je n'ai pas pu les sauver." L'effondrement de l'immeuble Al-Sa'ada n'est pas un incident isolé. Selon l' analyse satellitaire la plus récente d'UNOSAT, fondée sur des images de juillet 2026, environ 78 % de toutes les structures de Gaza ont été endommagées ou détruites depuis octobre 2023, soit environ 282 904 logements endommagés.

 substackcdn.com
Des équipes de la Défense civile palestinienne recherchent des survivants sous les décombres de la tour Saadah effondrée, dans la ville de Gaza, le 17 septembre 2026. (Photo : Mohamed al-Astal).

Au moment où l'immeuble Al-Sa'ada s'effondrait, Adas ne savait pas au début s'il s'agissait d'une frappe israélienne ou d'un effondrement. Il a entendu des voisins appeler : "Y a-t-il quelqu'un de vivant ?" et a répondu une fois : "Nous sommes là, sauvez-nous", avant de ne plus pouvoir parler. Sa femme a continué d'appeler jusqu'à ce que les secours arrivent, dirigent une lumière vers eux, et soulèvent les décombres avec leurs mains et des outils rudimentaires. Adas a déclaré qu'il avait été coincé sous des pierres et un pilier de béton.

Adas, mécanicien de motos avant la guerre et sans emploi depuis, a déclaré avoir accepté de vivre dans l'immeuble bombardé faute d'autre espace disponible. "L'occupation a détruit ma maison à Zeitoun, à l'est de la ville de Gaza, qui se trouve maintenant à l'intérieur de la zone dangereuse, et il n'y avait de place nulle part ailleurs", a-t-il dit. "Certains spécialistes nous avaient dit que l'endroit était dangereux et risquait de s'effondrer, mais nous n'avions pas d'autre option. Je ressens une culpabilité immense d'avoir accepté ce choix et d'avoir perdu deux de mes enfants, mais je jure devant Dieu que nous n'avions pas d'alternative."

/

La suite sur Substack
 lecridespeuples.substack.com

Notre dossier  Palestine

 palestine-solidarite.fr