USA

🇺🇸 17/09/2026 les-crises.fr  5min #326926

L'administration Trump a perdu 75 des 93 affaires liées au Premier amendement

Ces affaires portaient sur des recours contre les violations commises par le gouvernement en matière de liberté religieuse, de liberté de la presse et de liberté d'expression.

Source :  Chris Walker, Truthout
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le président Donald Trump s'adresse aux médias avant de monter à bord d'Air Force One, le 4 août 2026. Jim Watson / AFP via Getty Images

Une analyse des affaires judiciaires révèle que, depuis janvier 2025, l'administration Trump a été poursuivie à des dizaines de reprises pour violation de plusieurs des droits garantis par le Premier amendement et qu'elle a perdu 8 affaires sur 10 devant les tribunaux fédéraux de première instance dans le pays.

Selon un rapport de Reuters, qui a mené cette analyse, 93 recours ont été formés contre des mesures prises par la Maison Blanche depuis le début du second mandat du président Donald Trump. Parmi ces affaires, 75 ont donné lieu à des décisions défavorables à l'administration.

Les recours - et les défaites - sont incroyablement nombreux. À titre de comparaison, au cours des quatre années du mandat de l'administration Biden, 27 recours fondés sur le Premier amendement ont été introduits devant les tribunaux de première instance, dont seulement 13 ont abouti à des décisions défavorables à la Maison Blanche, selon Reuters.

Parmi les contestations concernant l'administration Trump, on trouvait des allégations concernant des atteintes à la liberté d'expression, à la liberté de religion et à la protection de la presse, toutes garanties par le Premier amendement, dont le texte intégral est le suivant :

Le Congrès ne pourra adopter aucune loi visant à établir une religion ou à en interdire le libre exercice ; ni à restreindre la liberté d'expression ou la liberté de la presse ; ni à restreindre le droit du peuple de se réunir pacifiquement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour obtenir réparation de ses griefs.

L'administration Trump a contesté certaines des décisions défavorables rendues par les tribunaux de première instance, en formant appel devant des juridictions fédérales supérieures afin qu'elles soient infirmées. Au total, Reuters a constaté que 15 des 75 affaires qui s'étaient soldées par un jugement défavorable à l'administration avaient soit été infirmées, soit avaient donné lieu à une injonction provisoire. Quand bien même, cela signifie que 60 des 93 recours fondés sur le Premier amendement ont été maintenus.

Au cours de sa campagne, Trump a souvent mis en avant l'idée qu'il serait le défenseur de la liberté d'expression et de la liberté de culte. Il s'est également présenté comme un défenseur d'une presse libre et ouverte.

Dans les faits, ses "mesures de protection" se sont révélées très sélectives, et il a utilisé ses pouvoirs présidentiels pour intimider ceux qu'il considère comme des ennemis.

Concernant la liberté religieuse par exemple, la conception de Trump semble ne s'étendre qu'à ses partisans chrétiens à condition qu'ils cherchent à ancrer leurs convictions d'extrême droite au sein du gouvernement - ce que les détracteurs qualifient de "nationalisme chrétien". Trump semble avoir pleinement adhéré à cette vision, d'autant que certains de ces partisans le considèrent comme un envoyé de Dieu.

Les attaques de Trump contre la presse ont également été nombreuses et ont notamment conduit à :

Dénigrer les journalistes femmes en recourant à la misogynie et aux insultes lorsqu'elles remettent en cause ses discours ;

Utiliser les pouvoirs d'enquête du ministère de la Justice pour accéder aux relevés téléphoniques de journalistes et de membres de leur famille ;

Faire miroiter la possibilité d'engager des poursuites pour trahison contre des journalistes pour avoir rendu compte avec exactitude de la guerre en Iran ; parmi de nombreuses autres attaques contre la presse.

La "défense" de la liberté d'expression prônée par Trump s'est également avérée très restrictive : elle vise à protéger les droits des conservateurs tout en cherchant à limiter ceux de quiconque défendrait des opinions de gauche. En fait, l'automne dernier, le président s'est même vanté d'avoir "privé de leur liberté d'expression" les personnes qui manifestaient contre son administration.

En réaction au décret présidentiel signé par Trump l'année dernière suite à l'assassinat du militant conservateur Charlie Kirk, décret qui visait à réprimer les militants de gauche et les opposants politiques de Trump, une coalition regroupant plus de 3 700 associations à but non lucratif a signé une lettre ouverte condamnant l'administration pour avoir restreint leur liberté d'expression.

"Aucun président - qu'il soit démocrate ou républicain - ne devrait avoir le pouvoir de sanctionner des organisations à but non lucratif simplement parce qu'il est en désaccord avec celles-ci" spécifiait cette lettre, soulignant que le décret de Trump "ne visait pas à protéger les Américains ni à défendre l'intérêt général" mais bien "à utiliser un pouvoir sans contrôle pour faire taire l'opposition et les voix avec lesquelles il est en désaccord".

*

Chris Walker est rédacteur d'actualités chez Truthout, à Madison, dans le Wisconsin. Spécialisé dans les sujets nationaux et locaux depuis le début des années 2000, il a rédigé des milliers d'articles analysant les enjeux de l'actualité et leur impact sur la population. On peut le retrouver sur la plupart des réseaux sociaux sous le pseudonyme @thatchriswalker.

Source :  Chris Walker, Truthout, 06-08-2026

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

 les-crises.fr