🇵🇸 08/09/2026 palestine-solidarite.fr  7min #325912

La conspiration du silence face aux viols systématiques infligés aux Palestiniens

Hordes sionistes manifestant devant le New York Times et demandant le licenciement de Nicholas Kristof, mai 2026. Kathleen Kingsbury, responsable de la rubrique Opinion du New York Times, a affirmé qu'il ne s'agissait que d'un article d'opinion, et non de la ligne éditoriale du journal : "La distinction entre les articles de la rédaction du Times et les textes d'Opinion n'est pas une distinction de rigueur ou de méthode journalistique. C'est une distinction de forme et de finalité. Une chronique d'Opinion propose une thèse que l'auteur invite ses lecteurs à examiner. Les articles et enquêtes de la rédaction, en revanche, ont pour but de découvrir et de confirmer des faits et des informations dignes d'intérêt, à des fins de partage avec les lecteurs - non de défendre un argument."

Par Nicholas Kristof

Des Palestiniens, hommes et femmes, décrivent de brutales violences sexuelles infligées par les gardiens de prison, les soldats, les colons et les interrogateurs israéliens.

Nous traduisons ci-dessous un article du New York Times qui a fait couler beaucoup d'encre, simplement parce qu'il levait enfin le voile sur un secret de Polichinelle : les viols systématiques et atroces infligés aux milliers d'otages palestiniens, hommes, femmes, enfants, détenus arbitrairement par Israël, et que la presse mainstream a ignorés aussi longtemps qu'elle le pouvait. Si les accusations de viols imputées au Hamas, largement démenties par les observateurs sérieux (voir notamment  Norman Finkelstein pulvérise les accusations contre le Hamas), ont occupé des mois entiers nos rédactions, les traitements inhumains et dégradants infligés aux Palestiniens, assumés, documentés, filmés, et même publiquement défendus par la société israélienne (qui proclame le "droit au viol" et célèbre les violeurs comme des stars) n'ont droit, eux, qu'au silence, à l'instar des horreurs de l'affaire Epstein. Sans surprise, cet article, pourtant jonché de propagande anti-Hamas grotesque, d'atténuations et de non-dits, a suscité l'indignation : des manifestants pro-génocide se sont rassemblés devant le New York Times pour dénoncer un journaliste qui avait osé le crime suprême : humaniser des Palestiniens et demander des comptes au "peuple élu".

Mediapart, en particulier, ne cesse de se draper de l'étendard palestinien tout en relayant la propagande israélienne la plus abjecte : Une après Une consacrée aux rapports indigents sur les violences sexuelles alléguées du 7 octobre ( 1,  2,  3,  4,  5), silence de plomb sur les rapports accablants documentant les viols dans les geôles israéliennes. Le blog d'Alain Marshal, qui documentait précisément cela, a été censuré par Mediapart (lire  Comment Mediapart censure les voix anti-impérialistes et anti-sionistes), comme l'avait été, 5 années plus tôt, Le Cri des Peuples (lire  Censure stalinienne sur Mediapart).

Signez  cette pétition pour démasquer les tartuffes sionistes et atlantistes du gang d'Edwy Plenel, censeurs staliniens qui se proclament pourfendeurs de l'autoritarisme et de la bollorisation des médias !

Par Nicholas Kristof

 New York Times, 11 mai 2026

Traduction :  lecridespeuples.substack.com

C'est une proposition simple : quelles que soient nos opinions sur le conflit au Moyen-Orient, nous devrions pouvoir nous rassembler pour condamner le viol.

Les soutiens d'Israël ont fait valoir cet argument après les agressions sexuelles brutales [imaginaires] commises contre des femmes israéliennes lors de l'attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Donald Trump, Joe Biden, Benyamin Netanyahou et de nombreux sénateurs américains, dont Marco Rubio, ont condamné ces violences sexuelles, et Netanyahou a eu raison d'appeler "tous les dirigeants civilisés" à "s'exprimer".

Et pourtant, dans des entretiens déchirants, des Palestiniens m'ont rapporté l'existence d'un schéma répandu de violence sexuelle israélienne à l'encontre d'hommes, de femmes et même d'enfants - perpétrée par des soldats, des colons, des interrogateurs du Shin Bet, l'agence de sécurité intérieure, et surtout par des gardiens de prison.

Rien ne prouve que les dirigeants israéliens ordonnent des viols [sans blague]. Mais ces dernières années, ils ont bâti un appareil sécuritaire dans lequel la violence sexuelle est devenue, comme l'a formulé un rapport des Nations unies l'an dernier, l'une des "procédures opérationnelles standard" d'Israël et "un élément majeur des mauvais traitements infligés aux Palestiniens". Un rapport publié le mois dernier par le Euro-Med Human Rights Monitor, un groupe de défense des droits basé à Genève souvent critique envers Israël, conclut qu'Israël pratique une "violence sexuelle systématique", "largement pratiquée dans le cadre d'une politique d'État organisée".

Lire le rapport d'Euro-Med Human Rights Monitor en français :  "Un autre génocide derrière les murs" : viols et violences sexuelles dans les prisons israéliennes

 substackcdn.com
Sami al-Sai. Crédit Samar Hazboun pour le New York Times.

À quoi ressemble cette procédure opérationnelle standard ? Sami al-Sai, 46 ans, journaliste indépendant, raconte qu'alors qu'on le conduisait vers une cellule après son arrestation en 2024, un groupe de gardiens l'a jeté au sol.

"Ils me frappaient tous, et l'un d'eux m'a marché sur la tête et le cou", a-t-il raconté. "Quelqu'un a baissé mon pantalon. Ils ont baissé mon caleçon." Puis l'un des gardiens a sorti une matraque en caoutchouc utilisée pour battre les prisonniers.

"Ils essayaient de me la forcer dans le rectum, et je me raidissais pour l'empêcher, mais je n'y arrivais pas", a-t-il dit, parlant avec une anxiété croissante. "C'était tellement douloureux." Les gardiens riaient de lui, a-t-il dit. "Puis j'ai entendu quelqu'un dire :"Donne-moi les carottes"", se souvient-il, ajoutant qu'ils ont ensuite utilisé une carotte. "C'était extrêmement douloureux", a-t-il dit. "Je priais pour mourir."

Al-Sai avait les yeux bandés, a-t-il dit, et il a entendu quelqu'un dire en hébreu, qu'il comprend, "ne prenez pas de photos". Cela lui a suggéré que quelqu'un avait sorti un appareil photo. L'un des gardiens était une femme qui, dit-il, l'a saisi par le pénis et les testicules, et a plaisanté "celles-là sont à moi", puis a serré jusqu'à ce qu'il crie de douleur.

Les gardiens l'ont laissé menotté au sol, et il a senti une odeur de fumée de cigarette. "J'ai compris que c'était leur pause cigarette", a-t-il dit.

Après avoir été jeté dans sa cellule, il en a conclu que l'endroit où il avait été violé avait déjà servi auparavant, car il y a trouvé du vomi, du sang et des dents cassées d'autres personnes, incrustés dans sa peau.

Al-Sai a dit qu'on lui avait demandé de devenir informateur pour les services de renseignement israéliens, et il pense que le but de son arrestation et de son emprisonnement dans le cadre du système de détention administrative était de le pousser à accepter. Parce qu'il était fier de son professionnalisme journalistique, dit-il, il a refusé.

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