22/08/2026 les-crises.fr  6min #324137

Le réseau Truth Social vend aux banques et aux traders un accès instantané aux publications de Trump

Cette information intervient alors que Trump fait l'objet d'une enquête pour avoir fait la promotion, sur son réseau Truth Social, d'entreprises dans lesquelles il a acquis des actions.

Source :  Sharon Zhang, Truthout
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Lors de la séance matinale du 13 avril 2026, des courtiers travaillent dans la salle des marchés de la Bourse de New York. A la suite de l'échec des négociations avec l'Iran, les marchés boursiers ont ouvert à la baisse après que le président américain Donald Trump a ordonné un blocus américain du détroit d'Ormuz, ce qui a fait remonter le prix du pétrole au-delà des 100 dollars le baril. Michael M. Santiago / Getty Images

La société de médias du président Donald Trump s'apprête à lancer un nouveau produit qui permettra aux banques et aux opérateurs financiers d'accéder, moyennant paiement, aux données de Truth Social à la vitesse "la plus rapide", leur offrant ainsi un accès exclusif en temps réel aux publications susceptibles d'influencer les marchés, comme c'est souvent le cas des publications de Trump.

Ce produit, baptisé Truth API, devrait permettre à Trump Media & Technology Group, société qui gère Truth Social, d'en faire "une source de revenus significative pour l'entreprise" a déclaré le PDG par intérim Kevin McGurn.

"Les marchés réagissent déjà aux publications sur Truth Social", a déclaré McGurn. Il a également ajouté que la société espérait "créer de nombreuses difficultés" aux entreprises qui ont déjà procédé à l'extraction de données sur Truth Social, ce qui, selon elle, est contraire à ses conditions d'utilisation.

Ce nouveau produit fait son apparition alors que l'administration Trump fait l'objet d'une enquête concernant d'éventuels délits d'initiés, ce qui a poussé la Maison Blanche à adresser un avertissement à son personnel pour les dissuader de parier sur les marchés de prédiction, sur la guerre que mèneraient les États-Unis et Israël contre l'Iran. Cette mesure fait suite à des informations faisant état d'une activité inhabituelle autour des paris avant le début de la guerre, qui a éclaté sans préavis, et au cours de laquelle des traders ont misé plus de 500 millions de dollars sur le déclenchement de la guerre ainsi que 950 millions de dollars sur les cours du pétrole.

Trump lui-même fait aussi l'objet d'une enquête pour des opérations boursières douteuses. Dans une analyse publiée jeudi, CNN a recensé plus de 20 occasions où Trump fait la promotion d'entreprises quelques jours seulement après avoir acheté des actions de ces dernières. Contrairement à ce qui se faisait sous les présidences précédentes, les actifs de Trump ne sont pas placés dans une fiducie sans droit de regard, ce qui signifie qu'il peut voir les transactions boursières effectuées sur son portefeuille - et pourrait, par conséquent, manipuler les marchés à des fins personnelles. Rien que l'année dernière, les gestionnaires des actifs de Trump ont effectué plus de 20 000 transactions boursières.

"C'est la raison pour laquelle nous affirmons depuis longtemps que les responsables gouvernementaux ne devraient pas être autorisés à négocier des actions pendant leur mandat" a déclaré à CNN Dylan Hedtler-Gaudette, vice-président par intérim chargé des politiques et des affaires gouvernementales au sein du Project on Government Oversight. "Cela s'applique clairement au président et au pouvoir disproportionné que confère cette fonction."

Le reportage de CNN soulève de vraies questions quant à l'utilisation par Trump de ses fonctions présidentielles à des fins d'enrichissement personnel. Ainsi, de précédentes informations révélaient que Trump avait gagné 2,2 milliards de dollars au cours de sa première année de retour au pouvoir, dont 1,4 milliard provenant de ses opérations sur les cryptomonnaies, comme sa cryptomonnaie $TRUMP.

L'opérateur du téléprompteur de Trump ferait également l'objet d'une enquête pour avoir empoché plus de 100 000 dollars en pariant sur le contenu des discours du président sur le marché de prédiction Kalshi.

D'après ABC, Gabriel Perez, qui s'occupe du téléprompteur de Trump depuis 2016, serait en train de négocier un accord avec les autorités fédérales concernant les allégations selon lesquelles il aurait utilisé ses connaissances sur les discours pour réaliser des gains. Il aurait misé sur plus d'une douzaine d'opérations boursières.

Kalshi dispose d'une plateforme intitulée "Mentions" qui permet aux utilisateurs de parier sur des mots ou des expressions qui seront utilisés, par exemple, lors de retransmissions sportives, de conférences sur les résultats financiers et de discours politiques. Cela inclut notamment des paris sur le contenu des discours de Trump. Par exemple, dans le cadre d'un marché consacré au prochain discours de Trump à la nation prévu jeudi soir, les utilisateurs peuvent parier sur les mots que Trump prononcera ou non, comme "élection" ou "SAVE America Act", entre autres.

Perez aurait parié plus d'une douzaine de fois lors de discours, dont certains remontant au discours de Trump diffusé en prime time en décembre 2025. Il aurait également parié sur le discours du président au Forum économique mondial en janvier, sur le discours sur l'état de l'Union en février, ainsi que sur ses propos prononcés lors d'une cérémonie de remise de la Médaille d'Honneur.

L'avocat principal de Kalshi affirme que la société a "sans délai" signalé ces transactions à la Commission des opérations de trading (CFTC). La porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, a déclaré aux journalistes que Trump considérait cette information comme "une honte" et que Perez avait été mis en congé administratif rémunéré. C'est une autre personne qui s'occupera du téléprompteur de Trump lors du discours de jeudi soir, a également précisé Mme Leavitt.

"La Maison Blanche applique des règles déontologiques extrêmement strictes sur ces sujets, et comme je viens de vous le dire, cette personne ne fera plus partie de notre équipe" a-t-elle déclaré aux journalistes lors d'une conférence de presse. "C'est une décision du président, je pense donc que cela se passe d'explications."

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Sharon Zhang est rédactrice à Truthout et ses sujets de prédilection sont la politique, le climat et l'emploi. Avant de rejoindre Truthout, Sharon a écrit des articles pour Pacific Standard, The New Republic, etc. Elle est titulaire d'un master en études environnementales. On peut la suivre sur Twitter : @zhang_sharon et Bluesky

Source :  Sharon Zhang, Truthout, 16-07-2026

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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