
par E. Michael Jones
Hommage à la Perse éternelle, Téhéran, le 26 juillet 2026
Je suis ici pour assister aux funérailles de l'ayatollah Ali Khamenei, assassiné par l'armée américaine le 28 février 2026.
"Il s'est élevé au-dessus de l'ombre de notre nuit
L'envie, la calomnie, la haine et la douleur
Et ce trouble que les hommes appellent délice
Ne peuvent plus l'atteindre ni le tourmenter
À l'écart de la contagion de la lente souillure du monde
Le voici à l'abri".
- Percy Bysshe Shelley, Adonais, élégie à la mort de John Ketas
Je tiens à présenter mes excuses pour ce que mon gouvernement a fait subir à votre guide suprême et à vous remercier pour l'occasion que sa mort nous offre de nous rencontrer dans un esprit de conciliation. Dieu est si puissant qu'il peut faire naître le bien du mal, ce qui peut être considéré comme un résumé de l'histoire humaine. Lorsque Joseph fit face à ses frères, qui l'avaient vendu comme esclave en Égypte, il dit : "Le mal que vous aviez l'intention de me faire a été transformé en bien par la puissance de Dieu". Que cela soit notre espoir en ce moment crucial de l'histoire humaine, alors que l'empire américain touche à sa fin et que l'Iran émerge comme une puissance régionale, ointe par Dieu pour apporter la libération du joug de l'esclavage juif, dans le monde entier.
Je suis arrivé en Iran pour la première fois en février 2013, à l'invitation du cinéaste Nader Talebzadeh, qui organisait une conférence sur ce qu'il appelait le "hollywoodisme", qu'il considérait comme la grammaire cachée de l'empire américain. Dans mon intervention j'expliquais comment les juifs qui produisent les films hollywoodiens utilisent la libération sexuelle comme un outil de contrôle politique, et lui donnent une forme avenante, et cela depuis leur arrivée en Amérique en tant qu'immigrants russes dans les années 1890. Leur tentative grossière de saper la moralité sexuelle avait uni le pays contre eux. Après l'échec des protestants à dompter Hollywood, les catholiques ont mené une bataille couronnée de succès, qui a abouti en 1933 à l'imposition du Code de production, interdisant la nudité, l'obscénité et bien d'autres choses jusqu'en 1965, date à laquelle les juifs en question ont sorti un film pornographique sur l'Holocauste qui enfreignait le code, car les catholiques avaient perdu leur sang-froid. Les catholiques n'ont jamais repris l'initiative culturelle contre la pornographie et sont désormais, comme le disait Milton à propos de Samson, "aveugles à Gaza, moulant le grain au moulin avec des esclaves".
Nader Talebadzeh me connaissait car je réalisais des reportages pour PressTV depuis des années. À peu près au moment où Nader m'a invité à donner une conférence à Téhéran, j'ai rencontré une Iranienne qui était fascinée par ce que je disais sur les rapports entre libération sexuelle et contrôle politique. Après des années de discussions sincères sur Internet, cette personne a rédigé un article sur sa vie que nous avons publié dans la revue Culture Wars. L'article s'intitulait "Al-Ghazali, mon père et moi : une méditation sur les conflits internes de l'Iran" et le pseudonyme qu'elle avait choisi pour dissimuler son identité était "Shéhérazade". Le nom qu'elle s'était choisi était significatif. L'Iran, à l'instar de l'auteure de l'article, apparaissait comme une femme intelligente dont l'identité s'était forgée à la lecture de la poésie persane sous la menace du calife, qui sombrait sans cesse dans l'irrationalité, ce qui finissait invariablement par mettre sa vie en danger, comme le découvrit le découvrit le philosophe Suhrawardi (1155-1191) lorsque Saladin ordonna à son fils, devenu l'un des disciples de Suhrawardi, de lui couper la tête. La philosophie était trop dangereuse pour les Perses, qui se réfugiaient dans la poésie. Ferdowsi sauva l'identité persane deux cents ans après la conquête islamique en écrivant le Shâhnamêh, ou Livre des rois, qui ne contenait pas un seul mot d'arabe, la langue des conquérants et de leur religion. Le poète Hafez confirma que l'identité persane était enracinée dans leur langue et leur poésie en célébrant le vin, les femmes et le chant d'une manière qui subvertissait indirectement l'islam, car une attaque frontale était trop dangereuse. Cette attaque frontale s'appelait la philosophie, et elle a trouvé la mort aux mains d'Al-Ghazali lorsqu'il eut écrit son célèbre traité L'Incohérence des philosophes (vers 1093).
Shéhérazade disait que son père lui rappelait Al-Ghazali :
"Mon père a toujours regretté de ne pas avoir eu la chance de reprendre ses études pour accéder à l'enseignement supérieur. C'était pourtant quelqu'un qui avait une soif d'apprendre, qui m'encourageait sans cesse à poursuivre mes études et à devenir une femme forte et indépendante. La connaissance, disait-il, c'est le pouvoir. Il était également - en théorie, du moins - un fervent défenseur de mon émigration hors d'Iran. Selon lui, la société iranienne était encore en pleine transition, longue et douloureuse, de la culture perse traditionnelle vers la modernité. Outre la conscience de cette transition, il avait toujours le sentiment qu'il existait un conflit entre la religion islamique et la culture perse. Ce conflit se manifestait dans sa vie chaque fois qu'une fête islamique, basée sur le calendrier lunaire, entrait en conflit avec une fête perse, basée sur le calendrier solaire. Ce conflit l'obligeait à décider lui-même quand célébrer chaque événement.
La rencontre de l'Iran avec le modernisme occidental rendait la vie encore plus compliquée que le conflit entre l'islam et la culture perse traditionnelle. En tant qu'homme honnête désireux de mener une vie décente, mon père avait résolu ce conflit en restant autant que possible en retrait. Il s'était tout simplement coupé de la société qui était à l'origine de ces conflits. Il évitait autant que possible toute relation avec les autres. Il n'a jamais créé sa propre entreprise, ce qui aurait certainement été possible compte tenu des compétences qu'il avait acquises, et, plus important encore, il a décidé de vivre seul dans une maison individuelle, avec tout le travail d'entretien supplémentaire que cela impliquait, alors même que la norme en Iran était de vivre en appartement ou dans un complexe résidentiel".
Le père de Shéhérazade n'a jamais résolu ce conflit, pas plus qu'elle.
Après avoir obtenu son diplôme en physique nucléaire à l'université de Téhéran, Shéhérazade avait trouvé un emploi en Angleterre, où elle était tombée amoureuse d'un Irlandais. Lorsqu'elle avait annoncé à son père qu'elle comptait épouser Jim, celui-ci s'était envolé pour Londres et avait organisé un "mariage d'un an", ce qui avait gâché sa vie. À l'expiration de cette année, le mariage de Shéhérazade a pris fin, et elle et Jim se sont séparés. Au cours d'une de nos conversations, j'ai demandé à Shéhérazade ce qui se serait passé si elle était tombée enceinte à cette époque. Cette question ne s'était jamais posée grâce à la contraception, qui a d'ailleurs contribué à l'échec de son mariage d'une manière qu'elle ne comprenait pas :
"Mon père avait reçu une éducation de musulman pieux et de technicien compétent en chauffage, ventilation et climatisation, mais personne ne lui avait jamais appris à concilier ces deux univers en un tout cohérent. Comme il ne pouvait pas m'apprendre, à moi, la nano-physicienne musulmane pieuse, à faire ce qu'il ne savait pas faire lui-même, l'héritage qu'il m'a laissé à sa mort fut cet héritage persan persistant d'un conflit non résolu".
Le conflit non résolu dans la vie de Shéhérazade découlait de la nature inconciliable des deux pôles de son identité, symbolisés par la physique nucléaire et le mariage d'un jour ou d'un an.
Shéhérazade en tenait Al-Ghazali pour responsable :
"Mon père n'était pas le premier Persan à être confronté à ce conflit. En fait, il me rappelait toujours le philosophe musulman persan du XIe siècle, Al-Ghazali. Ou devrais-je dire qu'Al-Ghazali me rappelait mon père ? Al-Ghazali était né à Tus, dans la province du Khorasan, vers l'an 1058, selon le calendrier en usage. Contrairement à la plupart des Persans de l'époque, Al-Ghazali était sunnite, ce qui signifiait que l'influence arabe sur sa pensée était plus forte qu'elle ne l'aurait été s'il avait été chiite. Après avoir étudié auprès des érudits islamiques les plus éminents de son temps, Al-Ghazali devint un conseiller très recherché par les souverains seldjoukides d'Ispahan. Puis, soudainement, en 1095, il fut pris d'une crise spirituelle, abandonna son poste de conseiller du sultan et partit en pèlerinage (hadj) à La Mecque, où il devint un mystique de la tradition soufie, renonçant à tout ce qu'il avait appris des philosophes grecs, qui commençaient alors à être en vogue dans le monde islamique grâce aux écrits d'Al-Farabi. Al-Ghazali résuma ce qu'il avait appris au cours de sa crise spirituelle dans son ouvrage intitulé L'Incohérence des philosophes. Selon John Walbridge, "l'âge d'or islamique de la raison et de la science sous les Abbassides, période durant laquelle la théologie était dominée par les mutazilites rationalistes tandis que la science et la philosophie étaient influencées par les traductions d'ouvrages grecs... prit fin brutalement lorsque Al-Ghazali s'en prit à la logique et à la science au nom d'une théologie acharite antirationaliste. Par la suite, le monde islamique devait s'enfoncer dans un sommeil dogmatique qui n'a pas encore pris fin". Après sa conversion, Al-Ghazali rejeta toute notion de causalité matérielle et il affirmait que chaque événement dans l'univers se produisait en raison de "la volonté immédiate et présente de Dieu".
Le terme technique désignant cette croyance est "occasionnalisme", ce qui revient à dire qu'il n'existe pas ce que nous appelons la causalité secondaire, ce qui signifie la fin de la science ; en effet, pour savoir pourquoi le coton s'enflamme lorsqu'on l'approche d'une flamme - pour reprendre l'exemple d'Al-Ghazali -, il faudrait sonder l'esprit de Dieu, qui, selon les acharites, est inconnaissable. La science ne pourrait pas exister dans un monde dépourvu de causalité secondaire. Shéhérazade n'était pas seulement une scientifique, c'était aussi une physicienne nucléaire, qui devait mettre de côté ses croyances religieuses chaque fois qu'elle se rendait au CERN pour fractionner des atomes, ce qu'elle faisait avec succès, si par "succès" on entend la capacité à gagner de l'argent en le faisant.
Si l'on définissait le succès comme l'intégration de la foi et de la raison en une identité cohérente, alors la vie de Shéhérazade était un échec. La question cruciale était celle de la sexualité. L'homme est-il une machine, comme l'affirmaient des personnages des Lumières telles que le marquis de Sade ? La sexualité était-elle simplement une question de dynamique des fluides, comme il l'affirmait également ? Si tel est le cas, comment l'amour et les enfants s'inscrivaient-ils dans ce tableau ? La réponse est qu'ils n'y ont pas leur place. Le marquis de Sade et Al-Ghazali partageaient l'idée selon laquelle l'utérus est dépourvu de logos. Il s'agirait simplement d'un morceau de chair sans signification intrinsèque, qui doit être géré selon la volonté du propriétaire de la "machine de chair" dont il fait partie. L'idée que l'homme était une machine est ce qui a aliéné les femmes de leur propre corps. Cette idée est tout à fait compatible tant avec le mariage d'un jour à l'iranienne qu'avec la contraception.
Ce qui nous amène à 1989, année de la mort de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique, et année où son successeur, Ali Khamenei, avait introduit la contraception légale en Iran, une décision qu'il avait par la suite regrettée. En 2010, Ali Khamenei publiait une déclaration dans laquelle il affirmait que l'introduction de la contraception avait été la plus grande erreur de sa vie, pour laquelle il implorait le pardon d'Allah.
J'ai pu constater les conséquences de cette décision lors d'une de mes visites à Téhéran, alors que je donnais une conférence sur la libération sexuelle en tant qu'outil de contrôle politique, assis sur le siège de l'imam à la mosquée du campus de l'université de Téhéran. À l'issue de mon intervention, j'ai demandé combien d'hommes mariés se trouvaient dans l'assistance et une vingtaine d'entre eux ont levé la main. Je leur ai ensuite demandé un par un combien d'enfants ils avaient et, à ma vive surprise et à ma grande consternation, j'ai appris qu'aucun de ces hommes mariés n'avait d'enfant. Tel est le fruit amer de la décision d'Ali Khamenei d'introduire la contraception, et c'est la raison pour laquelle il a fini par implorer le pardon d'Allah.
L'Iran a gagné la guerre contre le Grand Satan, mais il perdra la paix s'il ne fait rien pour éviter la catastrophe démographique qui se profile à l'horizon.
En 2014, je me trouvais à Téhéran et j'ai eu l'occasion d'écouter en personne le discours de l'ayatollah Ali Khamenei adressé au peuple iranien.
L'ayatollah Khamenei est issu d'une longue lignée de martyrs remontant jusqu'à l'imam Hussein, qui avait trouvé la mort aux mains du méchant calife Yazid alors qu'il tentait d'apporter la paix.
Le rôle de la Perse dans l'histoire du salut précède de plusieurs siècles la conquête islamique.
Lorsque les Hébreux refusèrent d'écouter les prophètes et redoublèrent de méchanceté, Dieu les punit : Nabuchodonosor détruisit Jérusalem et les emmena en captivité à Babylone. À l'issue de leur châtiment, Cyrus, roi de Perse, les renvoya à Jérusalem pour qu'ils reconstruisent leur temple.
Lorsque Julien l'Apostat tenta d'éradiquer le christianisme de l'Empire romain, il fut contrecarré par chapour II, roi de Perse. Julien s'était allié aux juifs de son époque et leur avait promis de reconstruire leur temple, mais son projet échoua car nul ne peut bâtir ce que Dieu veut détruire. Julien attaqua alors la Perse, mais il mourut dans une tempête de sable alors qu'il battait en retraite après le siège infructueux de Ctésiphon, lorsqu'un homme monté sur un cheval pâle surgit de nulle part et le transperça de sa lance. Ses derniers mots furent : "Tu as triomphé, ô pâle Galiléen".
Lorsque Jésus-Christ naquit à Bethléem, les premiers non-Hébreux à venir l'adorer furent des Perses.
Les Mages étaient des astronomes et des philosophes perses qui comprenaient le logos des étoiles. Lorsqu'une nouvelle étoile apparut dans le ciel, ils en saisirent la signification et eurent le courage d'agir en fonction de ce qu'ils savaient, en suivant cette étoile. Les mages furent conduits vers le Logos incarné en l'Enfant sauveur, guidés par le Logos de l'univers, qu'ils étudiaient depuis des années. Lorsqu'ils arrivèrent en sa présence, ils adorèrent librement le Logos incarné, ce qui correspond à la manière dont Dieu préfère être adoré, ce qui nous amène au principe fondamental de notre discussion. Le Logos c'est Dieu. La foi est l'accomplissement de la raison ; on ne peut imposer la foi, mais on doit imposer la raison.
Avant d'arriver en présence du Logos incarné, les mages rencontrèrent Hérode, qui fut troublé lorsqu'ils lui demandèrent où se trouvait "l'enfant roi des juifs". Les mages auraient pu trahir le Christ auprès d'Hérode, qui leur dit : "Allez vous renseigner sur cet enfant, et quand vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j'aille moi aussi lui rendre hommage".
Comme la plupart des hommes politiques, Hérode était un menteur. Il n'avait nullement l'intention de rendre hommage au Logos incarné. Il était, en réalité, prêt à assassiner le Logos incarné afin de conserver son emprise sur le pouvoir, comme il allait le prouver en ordonnant le massacre des innocents. Les mages auraient pu se rendre complices de ce crime, mais "ils furent avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, et ils regagnèrent leur pays par un autre chemin".
À l'instar des mages, nous sommes appelés à éviter Hérode et ses successeurs des temps modernes, et à coopérer avec le Logos. Au cours d'une des interviews que j'ai accordées pendant mon séjour en Iran, j'ai laissé échapper en m'adressant à Nader Talebzadeh, d'heureuse mémoire, que l'Iran était le chef de file du monde libre. J'en suis toujours convaincu. Je continue de croire que la Perse a un rôle à jouer dans la libération du "Nouvel Israël", autrement dit l'Église, qui, aujourd'hui comme alors, se trouve dans un esclavage dont elle est elle-même responsable.
C'est Cyrus, roi de Perse, qui avait libéré Israël de sa captivité. Ce sont les trois Perses que nous appelons les Rois Mages qui nous ont montré que le Logos, et non la révolution, est la source de notre libération. C'est vers ces trois Iraniens que nous devrions nous tourner pour trouver une alternative à l'esprit révolutionnaire juif qui a causé tant de ravages dans le monde. Notre modèle à cet égard devrait être celui des trois Perses, que nous qualifions de sages parce qu'ils avaient étudié le Logos que Dieu rendait manifeste par l'Etoile nouvelle apparue dans le ciel. Les trois Mages venus d'Orient étaient différents des philosophes décadents d'Occident qui, comme nous le dit saint Paul, étaient et restent formés pour "maintenir la vérité prisonnière de leur méchanceté".
À l'instar de Michel Foucault, qui fut baptisé catholique et peut incarner l'état de décadence de la philosophie en Occident, "ils ont connu Dieu et pourtant ont refusé de l'honorer en tant que Dieu ou de le remercier ; au contraire, ils transformaient la logique en absurdité et leurs esprits vides se sont obscurcis. Plus ils se disaient philosophes", poursuit saint Paul, "plus ils devenaient stupides". Avec l'homosexuel Foucault pour guide, l'Occident s'est "détourné des rapports naturels pour se livrer à des pratiques contre nature... leurs hommes ont renoncé aux rapports naturels pour se consumer de passion les uns pour les autres, des hommes commettant des actes sans vergogne avec d'autres hommes et recevant une récompense appropriée pour leur perversion".
Michel Foucault est mort du sida en 1984, après une décennie passée à s'avilir dans les saunas de San Francisco. Michel Foucault est le saint patron de l'Occident décadent. C'est pourquoi "l'Occident", comme l'a dit Denethor dans Le Seigneur des Anneaux, "a échoué". Contrairement à l'Europe et à l'Amérique, qui ont suivi Foucault dans l'esclavage, nous prenons pour modèle les trois Perses qui avaient su suivre une étoile. Pourquoi sont-ils notre modèle ? En raison de leur intelligence. Ils savaient discerner le logos dans le ciel en étudiant la création de Dieu. Mais aussi en raison de leur volonté. Les Rois mages méritent d'être imités car, lorsque l'étoile est apparue dans le ciel, ils ont eu le courage de la suivre où qu'elle les mène. Avons-nous le même courage d'agir en fonction de ce que nous savons ? Si ce n'est pas le cas, nous ne réussirons rien. Et enfin, nous aspirons à leur ressembler en raison de leur ruse. Ils étaient assez avisés pour comprendre qu'ils ne pouvaient pas accepter des catégories politiques obsolètes. Après avoir été avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils "rentrèrent dans leur pays par un autre chemin" (Mt 2, 12).
À l'instar des mages, nous, Américains, à la fin de notre empire, sommes appelés à rentrer dans notre propre pays par un autre chemin. Nous sommes appelés à éviter Hérode et à ne pas devenir complices de ses plans visant à massacrer les innocents. Nous sommes appelés à abandonner les catégories politiques obsolètes d'Hérode, qui ont causé tant de chaos dans le monde. Nous sommes donc appelés à nous opposer ouvertement et activement à l'esprit révolutionnaire juif.
C'est pourquoi je voudrais conclure mon intervention par la requête qu'Ali Khamenei a formulée avant de mourir en martyr : Mesdames, jetez vos pilules contraceptives. Ne laissez pas l'occasionalisme d'Al-Ghazali ruiner votre vie comme il a ruiné celle de Shéhérazade. Respectez le Logos de votre utérus, qui est la procréation, que Dieu a placé en vous comme but de votre vie en tant qu'être sexuel. Soyez comme les mages perses. Découvrez le Logos de votre corps, puis agissez en conséquence en ayant des rapports sexuels non protégés. Sauvez la race perse de l'extinction que le Grand Satan ne peut que provoquer, mais que vous seules pouvez empêcher.
Dans son discours, Ali Khamenei établissait une distinction entre l'islam "américain", qu'il définissait comme étant les takfiris de Syrie et d'Irak, également connus sous le nom de DAESH ou ISIS, et le "véritable" islam, qui recherche la paix et repose sur la raison. Le Grand Satan mène une guerre contre la raison. Qu'ont en commun les révolutionnaires homosexuels comme Michel Foucault et les takfiris mangeurs de foies humains ? Ils croient que la volonté est supérieure à la raison. Nous sommes appelés à suivre les trois Rois mages parce que nous croyons le contraire ; nous croyons qu'il faut subordonner notre volonté au Logos. Nous croyons qu'il faut suivre l'Étoile qui symbolise le Logos, qui est Dieu. En prenant pour modèles les Rois mages, nous demandons le courage de suivre cette étoile où qu'elle nous mène.
(The Pawner Broker "Le prêteur sur gages", 1964, film de Sidney Lumet, avec Rod Steiger et Geraldine Fitzgerald ; le site ok.ru écrit : "Un film admirable, magistral sans aucun doute. Il se déroule comme un puissant drame psychologique, avec des références aux camps d'extermination d'Auschwitz et à la dangerosité des rues de Harlem dans les années 60. C'est l'un des premiers films qui explore les séquelles psychologiques et émotionnelles qui affectaient les survivants des camps de concentration nazis... Synopsis : Un survivant de l'extermination des juifs tient un magasin de prêt sur gages dans le quartier de Harlem à New York. Les effrayants et douloureux souvenirs du camp d'extermination dominent complètement son existence". Voir 20' du film ici : youtube
source : Entre la plume et l'enclume
traduction Maria Poumier