03/08/2026 dav8119.substack.com  8min #322119

Faut-il suivre l'actualité ?

 Davy Hoyau

Il y a un effet amusant de la systémique qui s'apparente à la téléologie, qui consiste à mesurer l'impact d'une finalité sur les développements qui permettent d'y aboutir.

L'exemple topique est celui de la construction de buts d'après les méthodes qui ont envie d'être appliquées (pour une raison ou une autre). C'est à dire que la méthode préempte sur les buts, et en réalité les résultats importent peu. Les objectifs déclamés sont superficiels, tandis que les résultats réels sont à l'opposé des buts déclamés, à ceci près qu'ils sont négligés. C'est le cas par exemple pour la destruction de l'écosystème, qui serait une conséquence indolore du système économique, qui lui-même n'accorde aucune valeur au capital naturel.

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Le problème des dictatures est qu'elles préemptent sur la raison d'imposer une dictature et construisent ces raisons.

Dans l'absolu - normalement dans un monde normal - on devrait interdire les actes non-libres, et encourager les actes libres. La dictature interdit les actes libres, et en fait des actes non-libres, au même titre que le sont les pulsions morbides. Elle construit une habitude de devoir exprimer sa liberté par esprit d'opposition à la loi.

Mais voilà ce qui se passe, le syndrome d'opposition devient prééminent, et l'acte en lui-même, qu'il soit libre ou pas, passe au second plan. Ainsi le seul fait d'être en opposition détermine si un acte doit être accompli.

Si, dans ce cadre, on retourne soudain à une société normale, alors les actes pulsionnels guidés par la thymie seront prééminents, favorisés. Par exemple après le nazisme en Allemagne est apparu le mouvement Bauhaus, la déconnexion des générations, et le mouvement punk, qui reprend les symboles nazis, comme pour expier les pêchés. C'était un stade intermédiaire d'un retour à la paix.

Dans le cas contraire, si la dictature devient la norme, seuls les actes non-libres guidés par une pulsion de mort sont autorisés, tandis que les actes libres guidés par une pulsion de vie sont interdits, et entrent dans le syndrome de l'opposition, sous forme de résistance.

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En principe, lorsqu'une personne est guidée par une pulsion de mort et agit de façon pulsionnelle, il ne faut simplement pas lui adresser la parole. Le renforcement positif consiste à n'accorder d'attention qu'à ce qui procède d'un désir réel et sincère de progresser, de questionner, et d'exercer sa liberté de façon intelligente, dans le cadre d'un contrat social. Pas le genre de liberté égoïste du pervers-narcissique qui dit "j'ai le droit".

Alors pourquoi dans l'actu, à chaque fois qu'un pervers-narcissique fait son cinéma pour attirer l'attention sur lui et récolter une adhésion publique, les gens ne cessent-ils d'y prêter attention ?

Même en s'opposant à eux, ils les encouragent, puisque tout ce qui compte pour eux est d'attirer l'attention. Dans leur univers ils se disent "ils font les malins mais c'est parce qu'ils sont jaloux". Ils n'écoutent pas les critiques et rien ne les fera changer d'avis. Au contraire, tout les encouragera à continuer et accentuer leur action morbide et dénuée de liberté. C'est comme une valve.

Un des premiers principes de santé mentale sociale devrait être de savoir adapter son comportement aux circonstances, et en particulier de ne pas répondre, ne pas commenter, ne pas s'offusquer, et simplement laisser à l'abandon les déclarations et les actes des pervers-narcissiques qui agissent sous la pression d'une pulsion de mort. Puisque c'est ce qu'ils veulent, mourir, il ne faut pas les en empêcher.

(Ce que l'affaire de l'euthanasie demande explicitement.)

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Une question que je me posais, est si, après la mort ou juste avant, au moment de prendre conscience de leurs crimes et du fait qu'ils vont passer l'éternité dans la souffrance, les criminels de guerre, qui ont fait leur spectacle pour attirer l'attention et excuser, expliquer, justifier leurs abominations quotidiennes, et toujours plus hallucinantes, vont-ils reprocher aux gens de ne pas les en avoir empêché ?

La réponse est que la principale erreur qui a été commise, est de n'avoir fait que cela, tout le temps, sans prendre en considération la bonne manière de traiter avec ce genre de personne.

L'humain est nativement bon par nature et considère les autres comme étant pareil. Ils disent "ne faites point cela s'il vous plaît". "C'est pas gentil". "Redevenez comme nous, nous sommes vos amis". C'est noble et suffisant si on parle à une personne normale. Mais c'est inapproprié.

L'intérêt est pour la culture sociale de savoir reconnaître et traiter les maladies mentales, justement pour permettre à ces personnes de "redevenir des amis".

On ne peut pas traiter un malade mental comme s'il ne l'était pas, dans l'espoir qu'il ne le soit plus. Intuitivement c'est ce qu'on fait, et cela correspond à la téléologie. Dans ce cas nous avons une personne dénuée de liberté, qui agit de façon pulsionnelle, comme un ressort qui saute au visage si on relâche le clapet. Il n'y a rien à faire contre lui. On essaie pas de convaincre un ressort par la raison et les bons sentiments.

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Et justement c'est cela qui caractérise la dictature, de considérer des personnes conscientes, saines et libre comme des ressorts qu'il faut contenir par la force. C'est parfaitement inapproprié, et dans ce cas, oui, cela conduit à adopter des comportements thanatophobiques avec un syndrome de l'opposition.

Mais on ne peut pas inculquer cela dans l'autre sens à une personne qui a déjà ces syndromes. Encore une fois c'est l'effet de valve.

La bonne démarche est d'agir dans la lumière. Tant qu'on reste dans la réponse, on est envahis, et on ne peut envahir l'autre. Dans la lumière on refuse d'être envahi, et on ne cherche pas à envahir l'autre.

Ses commentaires, ses actions, sont déplorables, mais on ne lui adresse pas la parole. Surtout pas. Jamais. À aucun prix. C'est comme Hannibal Lecter : "Ne lui adressez pas la parole, surtout pas, à aucun prix". Sinon il vous triture le cerveau comme il veut.

Quand un criminel a commis un crime, et qu'on l'a vu enfoncer son couteau dans le ventre de la grand-mère, on ne pas lui parler pour lui demander pourquoi il a fait ça, comment il se sent, quels sont ses arguments, et chercher à lui expliquer pourquoi il ne faudrait peut-être pas recommencer.

Il a commis un crime, et c'est la fin de la discussion. Il ne lui reste qu'à vivre avec ça, seul, face à ses démons.

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Au niveau de la société, la question qui se pose est "comment empêcher qu'un tel crime ne se renouvelle" et dans ce cas, on en reviens à ce que je disais au début : "les actes pulsionnels devraient être interdits, et les actes libres devraient être récompensés et encouragés".

Dans notre société actuelle, les actes encouragés ou découragés sont mesurés au profit financier. Et on suppute, très approximativement et sans se soucier de rien, qu'il y a une congruence entre les deux, entre "ce qui est bien et qui rapporte de l'argent, et ce qui est mal et qui n'en rapporte point". C'est la loi de "l'offre et la demande", "la main invisible du marché" de Adam Smith. On y revient toujours, à cette gabegie.

Il est certain que c'était le premier pas vers la société thanatophobique (et donc guidée par une pulsion de mort).

Le bon comportement à avoir, à quelque circonstance que ce soit, est de rester maître de soi, et donc de s'empêcher de parler avec le criminel. Ce qu'il perd avec son crime, et son absence de liberté, c'est de pouvoir profiter de la vie en société dans laquelle le dialogue est porteur de lumière et de joie partagée, et où il consiste à aider, encourager, et soutenir les personnes dans le besoin.

Les criminels, eux, ne sont plus dans ce registre. Ils s'en sont exclus eux-mêmes. Il faut respecter cela. Sinon notre action "bienfaitrice" ne fait que les invalider encore plus, les brimer, et les contrarier, en refusant d'admettre leur acte de se retirer de la société en commettant des crimes.

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Ici, nous ne parlons pas d'une personne qui a fait une "bêtise" et qui le regrette, nous parlons des politiciens, des gens des gouvernements, qui sont irrécupérables, fiers d'eux, couverts d'or et d'argent public, récompensés, encouragés, applaudis, et qui ne savent agir que de façon pulsionnelle et non-libre.

On parle de ces personnalités publiques qui se font mousser, qui disent n'importe quoi pourvu que ça fasse parler d'elles, et bien évidemment on parle des millions de personnes qui les suivent sur les réseaux, leur envoient des "likes" (qui sont interprétés comme des soutiens), et de la somme incroyable de bonnes personnes inconséquentes qui leur répondent pour essayer de les raisonner ou se moquer d'elles.

C'est peine perdue les gars. Vous ne faites que les encourager. Ils ne sont pas libres, et ils vous privent de votre liberté. Ils vous prennent votre temps. Reprenez le contrôle de vous-mêmes. N'écoutez pas l'actualité.

Vous direz : "Et alors quoi, il faut les laisser faire ?" et la réponse est : "Oui, bien sûr !". Il faut les laisser dans le vent. De toutes façons vous les laissez déjà faire, vous n'empêchez rien, et sans le savoir vous les encouragez.

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Les deux choses à savoir, c'est le contrôle de soi, et comment il se communique par la pratique.

Face à un pervers-narcissique, il ne faut pas répondre, c'est tout. C'est la règle.

Et la deuxième règle, c'est le renforcement positif, qui consiste à consacrer son attention et son énergie aux actes libres, et aux personnes qui font des bonnes choses. Ce sont leurs actes qu'il faut célébrer, et non eux. De même, que les actes répréhensibles doivent être dénoncés, les personnes doivent être ignorées.

La non-violence est une arme puissante, une stratégie gagnante à tous les coups.

On ne parle pas des personnes mais des actes. Et on concentre notre attention sur ce qu'on veut encourager, car c'est le seul moment où on peut avoir un effet sur les choses.

Et si on vous dit demain qu'il est interdit de respirer, ce n'est qu'une tentative puérile d'attirer l'attention. Évidemment que c'est inutile et stupide. Il n'y a rien à répondre.

 dav8119.substack.com