22/07/2026 reseauinternational.net  6min #320902

Spartacus, figure de révolutionnaire

par Geoffrey Delavallée

Rappel historique : 70 ans avant la naissance d'un certain Jésus de Nazareth, un esclave (1)-gladiateur originaire de Thrace (Bulgarie actuelle) fomente une révolte d'esclaves dans le sud de l'Italie. Il constitue une armée capable de battre une légion romaine... et qui le prouve. Ça se termine mal pour eux : crucifiés pour l'exemple.

Mais qu'a fait Spartacus, exactement, pour passer à la postérité ?

Ceci : en combattant hors de l'arène plutôt que dedans, il est sorti de la matrice. (2)

Comprenez → il y avait deux dimensions à son acte :

(1) ) l'aspect sensible/matériel → sortir armé de l'enceinte et tuer tout ceux qui voulaient l'y renvoyer

(2) ) l'aspect idéologique → détourner l'infrastructure (3) qu'il maîtrisait (le gladius/glaîve) de sa finalité superstructurelle (combattre dans l'arène pour le divertissement sadique de citoyens libres).

Réalisez l'exploit intellectuel : sortir de la normalité, créer sa propre référence éthique. En désobéissant au maître, l'esclave décide d'obéir à quelque chose d'original, d'objectivement illégal mais subjectivement irrépressible → la volonté d'être libre. "Cogito ergo sum (4)", nous enseigne Descartes : non seulement j'ai conscience de moi mais en plus je le prouve, par un acte posé entièrement non-déterminé par ma condition (d'esclave, de prolétaire, d'immigré...) → je sors de la matrice !

Spartacus ne quitte pas de l'enceinte de l'arène pour flâner une après-midi avec l'idée de "taquiner le tendron" → il avait un projet radical en tête : changer sa condition. Par le viol de la loi, le glaive dressé (5) haut et clair !

Un parallèle peut être établi avec notre époque :

Nos concitoyens y ont la furieuse tendance à se conformer, à obéir : que ce soit au code de la route, aux directives du patron, aux échéances des factures ou aux prescriptions du médecin. Mais aussi : aux modes vestimentaires, à l'ordre de passage dans la file au bureau de poste, aux pénalités de retards à la bibliothèque, aux conditions de promotions du supermarché...

C'est devenu une seconde nature chez eux ! Leurs vies ressemblent à un parcours fléché : du berceau à la tombe, une succession d'événements hautement prévisibles (et particulièrement mornes). Mais pourquoi tant de docilité ?

(3) raisons :

(1) ) On a été éduqué comme çà (... et certains "à la dur"). Difficile de se défaire de tant d'habitudes : on trouve ça normal, on ne se pose pas de questions. À noter que certain(e)s s'en foutent royalement, des contraintes sociales : ce sont les sales types (et les garces) (6) dont on a tous dû subir les manières détestables, un jour ou l'autre.

(2) ) On sait les conséquences très concrètes de la désobéissance : pour le portefeuille (amendes), pour la vie professionnelle (chômage)... Ne pas faire de vagues, rester dans le rang, faire comme les autres sont des expressions communes au boulot, en rue ou quand on partage ses opinions politiques. À noter encore que certaines populations s'en moquent totalement, des lois de la République : on les appelle les affranchis. (7)

(3) ) On est convaincu que des règles, 'y en faut. Sinon, c'est le chaos, l'anomie (8). Et donc pas touche... car sinon, qu'est-ce qu'on va avoir ? Quelque chose de pire ? La Révolution donne le vertige au Peuple, d'où l'inertie que l'on sait.

C'est surtout ce dernier argument qui donne à réfléchir. Oui, il faut des lois pour organiser la société : ses conditions de survie, de reproduction, de prospérité... mais quelles lois ? N'importe lesquelles ?

Depuis des années, les lois/réglementations/normes/injonctions pèsent de plus en plus dans le quotidien des citoyens, comme un carcan, comme un étau. Et pour un mieux ? Bien au contraire :

Comment encore s'imaginer prospère à moyen terme si les impôts prennent "tout" ?

Comment s'assurer de la tranquillité de notre quartier si un centre pour migrants va ouvrir à proximité ?

Comment préserver son emploi si une entreprise peut nous licencier tout en recevant des subsides publics ?

Comment protéger nos enfants de la perversité de certains adultes, avec l'éducation sexuelle que l'on sait imposée par l'école publique ?

Comment demeurer libre de s'exprimer avec ces nouvelles lois votées soi-disant pour lutter contre l'apologie de terrorisme/antisémitisme/crimes de haine ?

Et le tout grand paradoxe, c'est que cette obéissance (9) peut désormais conduire à la mort alors qu'elle est censée la prévenir :

- Géopolitique : la guerre avec la Russie, en pente douce et dans l'euphorie générale

- Santé : un cancer déclaré car vacciné 3 fois, les médecins la bouche en cœur nous assurant du contraire

- Chômage/pauvreté : des travailleurs remerciés par une entreprise reconnaissante (qui va installer des robots à la place)

Les lois qui nous assomment sont désormais inhumaines, financièrement insupportables et injustes. Elles émanent d'un état de plus en plus tyrannique - le léviathan de Hobbes (10) devenu fou, et qui s'abstient désormais de rendre des comptes : les élections ne changent plus rien, n'ont plus d'impact. Les lois ne sont plus les "règles du jeu" de la société, elles sont des ordres aboyés d'en haut. Des coups de fouet donnés pas des élites perverses et cyniques pour nous faire avancer... jusqu'à l'abîme ?

Pour finir, une réflexion à partager (et à méditer) :

Si il faut des lois pour "faire société", il faut aussi de la compassion, de la charité/solidarité et un minimum de bienveillance... sinon c'est juste un camp de concentration. Ou une arène de gladiateur.

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