Plus vite nous abandonnerons les énergies fossiles, mieux nous nous porterons ainsi que notre portefeuille.
Source : Basav Sen, Truthout
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Tout au long de son second mandat, le président Donald Trump n'a cessé de promouvoir les combustibles fossiles, de saper les énergies renouvelables et de mettre fin à toute réglementation fédérale visant à lutter contre le changement climatique. L'administration affirme que cette politique aidera les Américains à faire des économies.
Mais en réalité, c'est tout le contraire : la dépendance aux combustibles fossiles rend la vie plus chère.
Le choc des prix mondiaux
Grace à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, les prix du pétrole brut montent en flèche, entraînant une flambée des prix de l'essence et du gazole. Avec cette guerre, Trump a déclenché un effet domino, montrant à quel point l'industrie des combustibles fossiles a profondément inscrit ses prix dans l'économie américaine.
Par exemple, le prix des denrées alimentaires était déjà en hausse avant que les États-Unis ne déclenchent leur guerre. Mais aujourd'hui, les économistes affirment que cette tendance à la hausse se poursuivra dans les mois à venir. L'une des raisons à cela est la flambée des prix des engrais. Les engrais chimiques fournissant de l'azote, un nutriment essentiel pour les plantes, sont fabriqués à partir de gaz naturel. Et environ 10 % de l'approvisionnement mondial en urée, un engrais azoté courant, provient du Moyen-Orient et est affecté par la fermeture du détroit d'Ormuz. De plus, comme la plupart des produits alimentaires sont distribués par des camions à moteur diesel, nous constatons en temps réel l'impact des prix du gazole sur la hausse des prix des denrées alimentaires.
La guerre non provoquée de Trump aurait été un désastre dans n'importe quel contexte. Mais les populations aux États-Unis et dans le monde entier, en particulier dans la région Asie-Pacifique et en Afrique, auraient ressenti beaucoup moins de difficultés économiques si nous n'avions pas été aussi dépendants du pétrole et du gaz au départ. Les experts prévoient que les pires répercussions restent à venir.
La Banque fédérale de réserve de Dallas avait déclaré dès le mois de mars qu'une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz pourrait entraîner un ralentissement économique mondial. Aujourd'hui, deux mois plus tard, la Banque mondiale prévoit que 45 millions de personnes supplémentaires dans le monde pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, ainsi qu'une inflation nettement plus élevée et un ralentissement de la croissance économique dans les pays en développement. Mais même si le détroit venait à rouvrir demain, la remise en service des puits de pétrole et des raffineries prendra du temps, entraînant une grave pénurie d'approvisionnement et de nouvelles hausses de prix.
Une électricité coûteuse
La flambée des factures d'électricité des ménages constitue un autre exemple d'inflation liée aux combustibles fossiles. Le gaz de schiste est la principale source d'énergie pour la production d'électricité aux États-Unis. Mais depuis le début du boom de la fracturation au tournant des années 2000, les producteurs américains produisent de plus en plus de gaz destiné à l'exportation. Par conséquent, les prix du gaz - et nos factures d'électricité - sont exposés à une volatilité accrue des prix mondiaux.
La multiplication des centres de données dédiés à l'IA, très gourmands en énergie, est un autre facteur qui fait grimper les factures d'électricité. Outre leur impact direct sur les factures d'électricité, ces centres de données entraînent également une augmentation de la production d'électricité à partir du gaz, exposant ainsi davantage les consommateurs aux flambées des prix du gaz. Pourtant, l'administration Trump a fait de la promotion des technologies d'IA une priorité politique nationale.
Dans le même temps, les énergies renouvelables éolienne et solaire, qui sont les sources d'énergie les moins chères au monde, ne fournissent qu'environ 20 % de l'électricité aux États-Unis. Pourtant, l'administration Trump utilise des méthodes juridiquement contestables pour bloquer activement la construction de nouvelles installations d'énergie renouvelable, nous condamnant ainsi à dépendre de combustibles fossiles coûteux.
Le changement climatique a un coût
Ce ne sont pas seulement les combustibles eux-mêmes qui renchérissent tout. Ce sont aussi les conséquences de leur extraction et de leur combustion.
La hausse des niveaux de gaz à effet de serre dans l'atmosphère entraîne des incendies de forêt, des tempêtes et des inondations coûteux. Le coût cumulé des catastrophes climatiques a fortement augmenté. Les trois dernières années civiles ont enregistré les coûts totaux de catastrophes les plus élevés sur l'ensemble de la période de 45 ans couverte par la base de données Climate Central, qui recense les catastrophes météorologiques et climatiques ayant coûté plus d'un milliard de dollars aux États-Unis. Une partie de ces coûts est prise en charge par les contribuables via des programmes de reconstruction financés par le gouvernement, une autre partie est supportée par les compagnies d'assurance, et une autre encore est assumée par les personnes touchées.
Bien sûr, ce n'est là qu'un aperçu.
Ces catastrophes entraînent une hausse des primes d'assurance habitation dans les régions exposées aux risques naturels. Et comme les prêteurs exigent une police d'assurance habitation adéquate pour accorder un prêt immobilier, cette augmentation rend l'accès à la propriété inaccessible pour beaucoup.
Les sécheresses prolongées, les inondations dévastatrices et autres phénomènes météos extrêmes, exacerbés par le changement climatique, ont également un impact sur la production alimentaire et font grimper les prix des denrées alimentaires. Le forage et la fracturation hydraulique pour l'extraction de pétrole et de gaz contaminent l'eau potable, ce qui entraîne toutes sortes de coûts pour les ménages. Parmi ceux-ci figurent les frais médicaux liés au cancer et à d'autres maladies graves résultant de la consommation d'eau contaminée, ainsi que le coût lié à l'achat d'eau en bouteille au lieu d'utiliser l'eau contaminée du robinet ou de puits.
L'usage de combustibles fossiles pollue également l'air, pouvant causer des cancers, des maladies respiratoires et d'autres pathologies. À elles seules, les particules fines et la pollution à l'ozone provenant des pots d'échappement des véhicules ont été responsables de 385 000 décès et de 1 000 milliards de dollars de dommages pour la santé dans le monde en 2015.
Alors la prochaine fois qu'un responsable politique - qu'il s'agisse d'un membre de l'administration Trump ou d'un Démocrate irresponsable favorable aux énergies fossiles - vous dira qu'il s'accroche au statu quo des énergies fossiles pour vous faire économiser de l'argent, ne le croyez pas.
Il protège les profits d'une industrie puissante, à nos dépens. Et plus tôt nous abandonnerons les combustibles fossiles, plus nous serons en bonne santé - et notre économie aussi.
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Basav Sen dirige le Climate Policy Project à l'Institute for Policy Studies.
Source : Basav Sen, Truthout, 30-05-2026
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises