27/06/2026 reseauinternational.net  3min #318351

Le Savoir et la Connaissance

par Marie-France de Meuron

Quelle distinction entre les deux ?

Il n'est pas anodin que LE savoir est au masculin alors que LA connaissance est au féminin.

Savoir demande de voir et pour voir, il s'agit de se tenir à distance de l'objet.

Même si l'on s'aide d'un microscope, il y a toujours une distance entre nous et l'objet !

Connaître signifie naître avec, autrement dit ne faire qu'un avec.

On peut en déduire que pour savoir, il s'agit de se tenir face à ce qui attire notre attention et nous intéresse. Tandis que pour connaître, nous percevons avec notre sensitivité, notre intellectualité et notre présence globale face à ce qui se trouve sur notre chemin.

Dans plusieurs domaines, nous pouvons constater que la science a énormément évolué dans le savoir, dans tout ce qui peut se fixer par l'écriture dans des articles ou des livres ou encore s'exposer dans des cours et des conférences. Elle en a déduit aussi des concepts.

En ce qui concerne les connaissances, en plus du savoir, on peut en transmette une ambiance, un parfum ou des couleurs, autrement dit évoquer un espace qui peut résonner chez autrui et l'inciter à entrer dans ses perceptions.

La connaissance se développe par les expériences que l'on vit avec tout son être et dans des conditions très variées.

Elle est alors bien distincte du savoir que l'on acquiert beaucoup assis sur des bancs d'école, dans des amphithéâtres ou encore à travers des écrits. Ce savoir est délimité par ce que l'enseignant veut transmettre et étouffe une certaine dimension de la soif de connaissance des étudiants.

Cette dichotomie se retrouve beaucoup dans la médecine scientifique actuelle. On déplore trop souvent que le temps d'écoute d'un patient est limité à la recherche d'un diagnostic pour pouvoir appliquer un protocole. On ne cherche plus à connaître le patient donc à l'aider à se connaître lui-même. Et pourtant, depuis les philosophes grecs on a conscience de cette maxime : "Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux.".

On ne recherche donc plus la connaissance de l'entité humaine mais uniquement à agir sur les symptômes, soit en en modifiant la source apparente, soit même en les effaçant. Quelle limitation de l'art médical!

On en voit les conséquences avec toutes les rechutes et les aggravations des maladies ou encore avec les effets secondaires dus aux médicaments et aussi aux déplacements des symptômes qui ne peuvent plus s'exprimer selon les lois physiologiques de base.

Evidemment, certains traitements sont indispensables dans des cas urgents où la nature humaine n'a pas le temps de corriger les troubles survenus soit soudainement, soit par le fait de les avoir minimisés ou n'avoir pas perçu leurs messages.

Même dans les cas où la science fait des corrections admirables, il est indiqué de prendre conscience et de pratiquer dès que possible le redressement des dysfonctionnements à leurs sources.

De même, suite aux accidents qui semblent fortuits, il s'avère très intéressant de chercher pourquoi le 6e sens n'en a pas donné l'alerte, par exemple parce que nous ne l'avons pas perçu au niveau de conscience nécessaire ou que nous l'avons étouffé avec des actions mentales ou pratiques.

Naître avec soi, n'est-ce pas l'idéal vers lequel tendre ?

 Marie-France de Meuron

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