
Alexander Douguine
Alexander Douguine sur la dimension spirituelle de la réalité.
L'autre monde n'est pas quelque chose de totalement séparé, comme une autre planète ou un autre univers, mais une dimension différente de notre monde. Ou, plus précisément : notre monde terrestre n'est qu'une coupe transversale, un horizon de l'existence pleine et tridimensionnelle. Tout dépend de nos priorités.
Si nous considérons le monde corporel et sensoriel comme absolu et comme la seule réalité véritable, nous nous coupons des autres dimensions, de l'esprit, et du royaume dans lequel nous entrons après la mort. Ce qui commence après la mort est déjà présent ici et maintenant, au cours de cette vie. Nous ne le remarquons simplement pas.
Au moment de la mort, nous devenons capables, pour la première fois, de voir la réalité telle qu'elle est vraiment. La mort est un éveil, une résurrection — non pas une fin, mais un commencement.
Plus il y a de matérialité, moins il y a d'esprit. Cependant, ce n'est qu'une question de perspective. Ce n'est pas la matérialité qui est puissante ; ce sont nos yeux spirituels qui deviennent simplement faibles et aveugles. La transfiguration du monde est avant tout la transfiguration de notre regard.
Le but est de voir l'Autre dans ce monde, dans ce qui est donné. Il ne s'agit pas de fuir d'ici vers "là-bas". "Là-bas" est ici. La vie du siècle à venir perce déjà à travers la vie de ce siècle présent. Sous l'enfer et la monotonie de la vie quotidienne se trouve un paradis pleinement présent. Notre tâche est de le reconnaître et de changer notre relation au monde.
La matière en elle-même n'est pas mauvaise. Cependant, le matérialisme est mauvais, un péché, un crime spirituel et la ruine de l'âme. Même la matière a besoin de clés spirituelles. Le corps n'est pas mauvais. Le Christ Lui-même, notre vrai Dieu, a pris un corps humain. Ainsi, dans son essence même, le corps aussi est spirituel.