
Jacques-François Bonaldi / Plénum du Comité central du Parti communiste de Cuba. Miguel DIAZ-CANEL
On trouvera ci-dessus le discours que Miguel Díaz-Canel a prononcé à la clôture du Plénum extraordinaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, le mercredi 17 juin 2026, réuni pour analyser et adopter les mesures économiques et sociales qu'il avait lui-même ébauchées devant son équipe de presse le lundi 15. On lira ensuite le discours prononcé à cette même occasion par le Premier ministre, Marrero Cruz, et les interventions de différents participants à ce Plénum. Ces modifications proposées, faut-il le dire, bouleversent largement les règles du jeu instaurées jusqu'ici par la Révolution cubaine, engagent celle-ci sur des voies absolument nouvelles et présentent une grande part de risques quant à son devenir.
Le lendemain, jeudi 18, l'Assemblée nationale du pouvoir populaire a débattu en une après-midi le texte présenté, et que, bien entendu, ses membres possédaient déjà depuis quelque temps, celui ayant été lu en entier et commenté par le Premier ministre, Marrero Cruz. Contrairement au Plénum, qui été retransmis ensuite, cette session extraordinaire de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire a été transmise en direct par la télévision. Je me promets de les donner à lire au plus vite (lecture des propositions et commentaires du Premier ministre, interventions des députés et intervention finale de Miguel Díaz-Canel), tant leur connaissance et leur analyse sont vitales pour saisir le point où en est aujourd'hui la Révolution cubaine dans sa volonté de résistance et de maintien du cap socialiste. Les mesures adoptées depuis plusieurs années à l'issue de plusieurs congrès du parti n'ayant pas apporté, tant s'en faut - voire au contraire - les résultats escomptés, elle se devait de renoncer aux mécanismes habituels utilisés jusqu'ici pour surmonter la crise et de s'engager sur des voies nouvelles où rien n'est encore écrit, à plus forte raison quand l'ennemi séculaire ne desserrera vraisemblablement pas son étau (sans doute fera-t-il le contraire) et que les bouleversements prévus à l'intérieur devront par conséquent se réaliser dans un contexte extérieur toujours aussi hostile. En tout cas, de nombreuses analyses et réactions intelligentes sur les réseaux sociaux ont déjà vu le jour de la part de commentateurs cubains et méritent qu'on les lise.
La Table ronde télévisée de ce vendredi 19 a été consacrée à l'analyse de ce texte qui, je le répète, chamboule les orientations économiques fixées jusque-là et doit être rendu public demain samedi.
Jacques-François Bonaldi (La Havane), 19 juin 2026.
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CUBA N'A PAS BESOIN DE PLUS D'AJOURNEMENTS, ELLE A BESOIN DE SOLUTIONS
Par : Miguel Díaz-Canel Bermúdez
17 juin 2026
Depuis le Palais de la Révolution, ce mercredi après-midi, le Plénum extraordinaire du Comité central du Parti communiste de Cuba a approuvé le nouvel ensemble de transformations pour la vie économique et sociale du pays - 23 axes fondamentaux et 176 propositions - conçues non seulement pour surmonter les circonstances actuelles mais aussi pour continuer à croître
Discours prononcé par Miguel Mario Díaz-Canel Bermúdez, Premier Secrétaire du Comité Central du Parti Communiste de Cuba et Président de la République, à la clôture de la Plénière extraordinaire du Comité central du Parti Communiste de Cuba, au Palais de la Révolution, le 17 juin 2026, "Année du centenaire du Commandant en chef Fidel Castro Ruz".
(Versions sténographiques - Présidence de la République ; traduction Jacques-François Bonaldi)
Compagnes et compagnons membres du Comité central du Parti ;
Invités ;
Compatriotes :
Cette session plénière extraordinaire se tient en des jours décisifs pour Cuba. Fiers héritiers du legs du Commandant en chef, nous avons à assumer aujourd'hui, en tant que révolutionnaires cubains, à des enjeux d'une ampleur énorme qui exigent de l'unité, de la fermeté idéologique, du courage, de l'audace et une résistance créative.
Nous pouvons compter sur la conduction de notre leader, membre éminent de l'avant-garde de la Génération du Centenaire et fervent gardien de la continuité de la Révolution socialiste qu'il a contribué décisivement à élever depuis ses fondations jusqu'à aujourd'hui, le général d'armée Raúl Castro Ruz, Héros de la République de Cuba, qui nous a enseigné chaque jour la valeur sacrée de l'unité.
Le contexte est extraordinairement complexe et risqué en raison de l'agressivité incessante du blocus économique, commercial et financier renforcé qu'impose le gouvernement des États-Unis et à cause des visées criminelles que poursuivent les actions hostiles de l'administration actuelle, à commencer par l'inscription de Cuba sur la liste infâme et fallacieuse des pays commanditaires du terrorisme, et d'autres accusations, tout aussi fausses, visant à discréditer l'autorité et la gestion du gouvernement, tout en privant le pays de la moindre source de revenus en devises étrangères.
Cette administration a durci encore plus le blocus en promulguant les décrets exécutifs du 29 janvier et du 1er mai, qui instaurent l'encerclement énergétique génocidaire et internationalisent par des sanctions secondaires le blocus, la traque de nos finances, de notre énergie et de nos investissements à des extrêmes de pression maximale.
Parallèlement, elle a intensifié la subversion politico-idéologique basée sur l'intoxication médiatique dans les réseaux sociaux pour nuire à la crédibilité de la Révolution, tant parmi les Cubains que parmi les étrangers, stimulant la confusion sociale dans un contexte national et international marqué par des transformations profondes de la structure socio-économique et de la géopolitique mondiale, conséquence des pouvoirs illimités que s'arroge une politique impériale hégémonique qui prétend faire voler en éclats le multilatéralisme, qui alimente les courants néofascistes et aggrave les tensions mondiales, menaçant constamment la paix et la sécurité internationales et tentant de briser l'unité indispensable des forces de gauche.
Le génocide silencieux perpétré contre Cuba cause des dégâts incommensurables et des limites terribles dans notre vie quotidienne en tant que peuple, tandis que ses exécuteurs mentent sans vergogne au monde en niant l'encerclement énergétique et en affirmant que nous interdisons l'entrée de donations se chiffrant à des millions de dollars et annoncées à grand renfort de publicité, mais dont très peu est arrivé à ce jour.
Cuba résiste héroïquement et de manière créative, mais souffre depuis trop longtemps une punition barbare, imméritée, insupportable, à laquelle s'ajoute maintenant la menace d'une agression militaire comme nouvelle arme contre notre résistance collective.
Cuba fait face à un blocus cruel et à une véritable traque financière quotidienne qui renchérit chaque goutte de carburant, chaque médicament, chaque aliment, chaque pièce et chaque technologie dont le pays a besoin.
La réalité nous impose des changements urgents et nécessaires. Quand la vie du peuple devient si dure, le premier devoir du Parti communiste et du Gouvernement révolutionnaire n'est pas d'expliquer mieux la crise, mais de changer ce qui doit être changé pour en sortir.
Nous avons besoin d'un programme économique profond et agile, réalisable à court terme, qui combine la stabilisation macroéconomique, les incitations pour stimuler et promouvoir l'ouverture productive, la sécurité juridique, l'attraction des investissements, l'utilisation intensive de la technologie et une protection sociale ciblée et efficace.
Rappelons qu'à la fin du XIe Plénum, nous avons déclaré que le report du Congrès ne limitait pas la possibilité d'effectuer les changements, les modifications et les mouvements nécessaires, compte tenu des facultés qu'offrent les structures du parti et du gouvernement, tels que, par exemple, les plénums du Comité central quand il s'agit d'accords adoptés par les congrès du parti.
On a travaillé d'arrache-pied dans ce but,
À cette fin, un travail intense a été accompli, à partir du rapport et des débat enrichissants du Congrès de l'Association nationale des économistes et comptables (ANEC), de la consultation populaire sur le Programme économique et social pour 2026, des critères d'économistes et experts, des débats et contributions formulés par la Commission économique du Comité central du parti, des Orientations de la politique économique et sociale approuvées et mises à jour aux Sixième, Septième et Huitième Congrès du parti, des propositions du XIe Plénum du Comité central et du travail mené par les commissions qui préparent les documents pour le IXe Congrès du Parti reporté, pour les raisons connues, concernant la mise à jour de la Conceptualisation du modèle économique et social, des Orientations et du Plan national de développement économique et Social jusqu'en 2030.
De plus, on a étudié les expériences de la construction socialiste dans d'autres pays tels que la Chine et le Vietnam, et on a recouru à l'intelligence artificielle pour approfondir la recherche de références et évaluer les propositions en relation avec nos lois et réglementations actuelles.
Il s'agit de relever l'énorme défi consistant à continuer de progresser dans la construction socialiste, de défendre la Révolution et ses conquêtes, et de perfectionner notre société, dans les conditions d'un pays soumis au blocus économique, financier, énergétique et commercial le plus cruel, le plus génocidaire et le plus prolongé appliqué par la nation la plus puissante du monde. Et pour y parvenir, nous disposons d'un héritage : celui de notre Commandant en chef, Fidel Castro Ruz (applaudissements).
Personne dans l'histoire de l'humanité n'a dû relever un tel défi : édifier le socialisme dans les conditions que ce pays, cette nation et ce peuple doivent le faire aujourd'hui ! Nous allons sans aucun doute le relever grâce à notre unité, à notre courage, grâce à la participation populaire et parce que nous sommes pleinement convaincus de notre capacité à remporter la victoire.
Les transformations que nous présentons visent à avancer dans la défense du socialisme, à maintenir et à amplifier la justice sociale, à créer de la richesse économique et à la répartir équitablement. S'il n'y a pas de richesse, il n'y a rien à distribuer, et nous parlerions dès lors d'une justice sociale dans l'abstrait. La justice sociale telle que l'a conçue la Révolution, avec sa vocation humaniste, qui aide généralement les plus défavorisés grâce à des programmes et projets d'assistance gratuits, ne coûte pas aux gens, mais elle coûte à l'État, et pour cela, pour l'approfondir, la soutenir, la maintenir, l'État a besoin de richesse, et la richesse, nous devons la produire nous-mêmes. S'il n'y a pas de richesse, il n'y a pas de justice sociale, et tout le reste c'est de la faribole. Tout le reste, c'est de la faribole ! Ou bien nous produisons dans ces conditions, nous créons de la richesse et alors nous la distribuons en fonction de la justice sociale, à partir de l'équité, et non de l'égalitarisme. Voilà l'enjeu !
Nous devons libérer les forces productives, afin qu'il y ait plus de production au lieu de plus de restrictions, car il a été prouvé que le contrôle sans offre ne fait que déplacer les opérations vers le marché informel.
L'égalité et l'intégration des acteurs économiques sont nécessaires conformément au Plan national de développement économique et social à l'horizon 2030 et aux stratégies de développement territorial et local de l'entreprise publique, des mipymes, des coopératives, des producteurs agricoles, des investisseurs étrangers et cubains, qu'ils vivent ou non dans le pays : tous doivent agir et contribuer selon des règles claires au développement socio-économique du pays.
Nous devons exporter et produire pour capturer et faire entrer des devises étrangères et pour en faire un usage productif. Chaque devise qui entre doit savoir comment financer la production, les importations, l'investissement, les salaires et les infrastructures.
Nous devons garantir la sécurité juridique : contrats, usufruits, baux, concessions, droits de surface et licences, dans un cadre de stabilité temporaire et de protection contre des changements arbitraires. S'il n'y a pas de sécurité juridique, personne n'investit, personne ne prend de risques.
Nous devons promouvoir la numérisation accompagnée de traçabilité : facturation électronique, paiements numériques, registres publics et données interopérables comme base pour réduire l'évasion et la corruption.
Nous devons prioriser la protection sociale : remplacer les subventions généralisées inefficaces par un soutien direct aux personnes vulnérables, en veillant constamment à ce que chaque action n'augmente pas les inégalités sociales, mais au contraire que celles-ci diminuent jusqu'à finir par disparaître.
Agir dans le cadre d'une ouverture sélective et intelligente : attirer de la technologie, du financement, des marchés et des connaissances externes, tout en protégeant les secteurs stratégiques par la régulation, et non par l'immobilisme.
La gradualité et l'expérimentation sont nécessaires : réformer par phases et selon des marques vérifiables, en préservant le leadership de l'État et en corrigeant le cap à partir de preuves pour gérer et minimiser les coûts économiques et sociaux potentiels.
L'unité politique pour garantir la cohérence et la crédibilité des mesures, une communication claire et précise des décisions à appliquer, et l'adoption de mécanismes compensatoires pour atténuer les impacts économiques et sociaux sont également indispensables pour obtenir un soutien aux transformations.
Nous devons travailler en faisant preuve d'agilité, de cohérence et de qualité, et surtout de contrôle. Que ce qui a été approuvé soit correctement mis en œuvre.
Dans ce scénario, il est nécessaire d'avancer sur au moins cinq fronts simultanés :
• Stabilisation macroéconomique et récupération des recettes extérieures.
• Transformation du Modèle économique et social.
• Stimulation et relance du secteur productif agricole.
• Renforcement de la comptabilité et de la gestion des coûts.
• Prévision et atténuation des coûts sociaux associés aux transformations nécessaires du Modèle économique et social.
Ces cinq aspects sont très bien développés dans le rapport présenté par l'ANEC à son dernier congrès.
Le Commandant en chef nous a appris qu'en temps de crise, nous ne pouvions pas renoncer au développement ou à la réflexion, qu'il n'y a pas d'obstacle insurmontable et qu'il y a toujours une opportunité de croissance. Et sur ce chemin, le général d'armée nous a montré que c'est possible, que ça a été possible et que ça sera toujours possible.
Le peuple connaît les causes de nombreuses difficultés que nous vivons, mais il a aussi besoin de réponses concrètes, de décisions opportunes et de résultats qui se sentent dans la vie quotidienne.
Il existe des obstacles qui ne viennent ni de l'extérieur ni du blocus. Il y a de la lenteur, de la bureaucratie, des normes qui freinent ceux qui veulent produire et des décisions que nous avons reportées. Ce qui dépend de nous, c'est à nous de le changer, et il faut le changer dès maintenant.
C'est à la résistance que nous devons d'avoir une patrie, mais aujourd'hui, la résistance seule ne suffit pas. Le moment actuel nous oblige à transformer, à produire davantage, à débloquer davantage, à écouter davantage, à mieux décider et à rendre compte.
Ce que nous nous proposons de mettre en œuvre, c'est un programme économique et social d'urgence, accompagné de mesures qui font partie de notre Programme gouvernemental et de politiques approuvées par le parti, ainsi que de décisions qui ne peuvent plus attendre. Certaines n'auront pas un consensus absolu, mais elles ne peuvent plus être ajournées. Et chacune sera placée sous la responsabilité d'une personne donnée, assortie d'un délai défini, d'un indicateur permettant d'en mesurer la mise en œuvre et d'une reddition de compte publique face au pays.
Ce qui fonctionne sera amplifié. Ce qui ne fonctionne pas sera corrigé sans délai. Quiconque a une responsabilité devra en rendre compte, et lorsque quelqu'un ne peut pas être à la hauteur de ce que ce moment exige, il devra céder sa place, en toute responsabilité, à celui qui peut faire mieux
Nous allons affronter ce processus comme l'enjeu des générations qui aujourd'hui partagent la défense de la Patrie, de la Révolution et du Socialisme.
En ce qui concerne le Système de direction de l'économie, je tiens à souligner que le plus important, c'est que la planification centrale, si nous adoptons ces transformations, n'aura pas pour fonction d'administrer l'économie, mais de créer un environnement institutionnel et normatif adéquat afin que les entreprises et les travailleurs soient stimulés à produire des biens et à fournir des services de qualité, efficacement, et à introduire des innovations à ces fins dans leur gestion.
Et nous devons absolument veiller à ce que le Plan soit construit à partir de la base avec la participation des travailleurs.
Nous continuerons de restructurer l'appareil du gouvernement, de l'État, du parti et des institutions. Nous allons intégrer les structures lorsque cela est nécessaire, réviser les fonctions en doublon, réduire les démarches inutiles et optimiser de façon permanente la manière dont le pays est dirigé et servi. Que ce soient des structures plus dynamiques, plus proactives et moins bureaucratiques.
L'une des tâches les plus importantes et les plus urgentes est de renforcer le développement du pays, depuis la base, depuis les municipalités.
Il est urgent de libérer la gestion des municipalités afin qu'elles disposent de toutes les facultés possibles pour se développer.
Aucun changement économique ne suffira si l'entreprise publique socialiste, qui restera le pilier fondamental de l'économie, n'a pas la réelle capacité de gérer, d'innover et de répondre par des résultats.
Il faut réformer la gestion de l'entreprise publique sur la base d'une réelle autonomie, d'une évaluation économique et financière, d'une séparation entre fonctions publiques et entrepreneuriales, et de l'application du principe : "Exécute ou explique-toi" afin d'éviter que la norme ne devienne un frein lorsqu'il existe une solution plus bénéfique et démontrable.
À cette fin, nous avancerons dans deux directions : davantage d'autonomie réelle pour les entreprises et une gestion plus professionnelle des actifs de l'État, via l'Institut national des actifs entrepreneuriaux, chargé de représenter le propriétaire des moyens de production, d'évaluer les résultats, d'exiger de l'efficacité et de mieux séparer la fonction entrepreneuriale d'avec la fonction régulatrice des ministères.
L'autonomie ne signifie pas l'absence de contrôle, elle implique un cadre de responsabilité ; elle signifie : pouvoir décider à temps, mieux s'associer, mieux investir, mieux payer et rendre compte des résultats devant le peuple et l'État.
Il faut renforcer l'entreprise publique, et non la remplacer par des mécanismes administratifs qui l'immobiliseraient. À cette fin, il faut finir de séparer les fonctions publiques d'avec les fonctions entrepreneuriales, évaluer son fonctionnement avec des outils économico- financiers et lui octroyer une véritable autonomie pour gérer les ressources matérielles, financières et humaines, assorti de contrôle, de transparence et de reddition de compte.
Il n'y a pas de souveraineté devant une assiette vide. L'alimentation du peuple cubain sera traitée pour ce qu'elle est : une question de sécurité nationale.
Et les terres en friche doivent disparaître de Cuba. Chaque lopin de terre couvert aujourd'hui de mimosa-clochette, alors qu'il devrait produire de la nourriture, devra avoir une destination claire : soit il commence à produire, soit il sera remis à quiconque est prêt à le faire.
Nous allons étendre la remise de terres en usufruit à ceux qui sont prêts et capables de produire : producteurs, coopératives, mipymes et formes associatives, sans jamais renoncer à la souveraineté nationale ni rétrocéder vers le pays dépendant que nous avons laissé avec la Révolution
Nous allons reconnaître à celui qui travaille la terre le droit d'investir dans ce dont il a besoin pour la faire produire, et à celui qui s'engage à obtenir vraiment des résultats le droit d'importer directement les semences, les engrais, les pièces, les équipements. Mais un principe doit être clair : la terre continuera d'appartenir au peuple ; et si elle ne produit pas, si elle ne sert pas le pays, si elle ne remplit pas sa fonction sociale, elle devra passer entre les mains de celui qui pourra la mettre en production.
On ne peut pas continuer de demander au paysan cubain davantage de nourriture avec moins d'outils et à des prix inférieurs à ses coûts ; il doit disposer de mécanismes efficaces pour accéder directement aux devises étrangères - par exemple en vendant aux exportateurs, comme c'est le cas pour le tourisme - ou au marché des changes.
Nous devons faire de la terre une opportunité et non un fardeau, afin que celui qui sème voie le fruit de ses efforts, afin que celui qui produit puisse vivre mieux, et afin que celui qui investit dans la campagne y trouve de la sécurité, du soutien et un avenir
Cuba a besoin de ses paysans, de leur travail et de leur confiance. Lorsque la campagne cubaine sera un chemin de prospérité pour ceux qui y travaillent, le pays sera plus fort, plus juste et plus souverain.
En matière de commerce extérieur, d'exportation, de logistique, de chaînes de valeur, nous devons autoriser les entreprises publiques et non publiques, productives, exportatrices ou substitutives d'importations, à importer et exporter directement, en maintenant les exigences techniques et budgétaires, mais en éliminant l'obligation de passer par un intermédiaire.
Quant à la renégociation de la dette, nous devons mener un processus d'échange de dettes contre des actifs, axé fondamentalement sur l'échange d'actifs nationaux contre des dettes, sans aliéner à perpétuité leur propriété. Ce mécanisme peut permettre d'obtenir du financement et d'autres avantages sans perdre le droit de propriété sur les actifs.
On peut aussi explorer d'autres mécanismes, tels que les dettes contre la nature ou les dettes contre le développement social, l'émission d'obligations pour l'Objectif de développement durable et d'autres.
Nous allons réviser intégralement la liste des activités interdites au secteur privé selon un principe clair : remplacer, autant que possible, l'interdiction par une régulation responsable. Le pays a besoin d'ouvrir des voies juridiques, assorties de règles claires et de contrôles adaptés à ces activités.
Nous allons également assouplir la portée de l'objet social des mipymes et des autres acteurs économiques, et alléger significativement le fardeau bureaucratique auquel de nombreux entrepreneurs sont confrontés aujourd'hui ; nous devons par ailleurs accélérer la création d'associations économiques entre les formes de gestion publique et non publiques.
Les investissements étrangers sont également emprisonnés dans un réseau d'obstacles qui entravent leur croissance nécessaire. Nous n'avons pas à dire tout le temps à l'investisseur étranger où il doit investir, nous devons lui laisser l'initiative d'investir dans la branche économique de son intérêt, et d'embaucher directement ses travailleurs sans passer par une agence d'emploi public.
Nous devons autoriser l'investissement direct étranger dans le secteur privé national, y compris les mipymes, selon des règles claires en matière de propriété, de rapatriement, de réinvestissement et de règlement des différends.
Nous devons faciliter des modèles d'investissement selon différentes modalités et avec tous les acteurs de la part des Cubains vivant à Cuba. Et nous allons offrir aux Cubains vivant à l'étranger qui veulent investir, faire des donations, importer des technologies, ouvrir un marché, construire un projet sur leur terre, un cadre clair, stable et respectueux, sans qu'ils soient regardés avec suspicion parce qu'ils veulent aider les leurs ou contribuer au développement de la terre où ils sont nés. À celui qui veut construire avec Cuba, sans essayer de lui imposer quoi que ce soit, nous disons le cœur dans la main : ici tu as ton chez-toi, ici tu as la porte ouverte, car pour cette patrie, en ce moment-ci, aucun bon Cubain n'est de trop (applaudissements).
La coupure de courant n'est pas seulement un problème de mégawatts ou de déficit de production. Le blackout, c'est l'enfant qui n'a pas pu étudier pour un examen, la nourriture qui s'est décomposée dans un réfrigérateur, le vieil homme qui passe la nuit éveillé sans repos à cause de la chaleur. C'est l'hôpital qui travaille à la limite de ses moyens, le cabinet de consultation du médecin de la famille qui ne peut pas garder un médicament, l'employé qui perd sa journée de travail, l'établissement qui doit fermer. L'énergie n'est donc pas une question technique, mais une question humaine, économique et nationale.
Nous allons accélérer l'intégration de l'énergie solaire dans l'économie nationale, comme nous l'avons fait jusqu'à présent. Pour ce faire, nous faciliterons l'entrée directe d'entreprises étrangères qui fournissent des panneaux, des batteries, des onduleurs et des solutions associées, réduisant ainsi les intermédiaires qui augmentent les coûts pour la population et pour le pays.
Nous avons déjà supprimé les droits de douane sur l'importation des technologies solaires, des systèmes de stockage et des équipements économes en énergie. Nous allons également progresser dans la suppression des taxes sur leur vente et sur les services liés à leur installation et à leur maintenance
De plus, nous créerons des mécanismes de crédit et de financement afin que ces solutions ne soient pas accessibles à quelques-uns seulement, mais qu'elles puissent progressivement atteindre les foyers, les mipymes, les cabinets de consultation du médecin de la famille, les centres d'enseignement, les foyers de retraite et d'autres services essentiels pour la population. Nos entreprises ainsi que nos techniciens cubains, publics et privés seront au cœur de cet effort, installant, garantissant la maintenance, réparant, intégrant et créant des emplois. Les entreprises cubaines peuvent se spécialiser dans l'installation, l'intégration, l'exploitation et le support de ces technologies.
Nous encouragerons le transport électrique lié aux sources renouvelables. Tout véhicule électrique destiné au transport en commun, privé ou léger qui démontre qu'il fonctionne totalement ou principalement à l'énergie solaire pourra bénéficier d'incitations spéciales, d'exonération de droits de douane, de suppression des taxes sur la vente et de facilités pour importer des bornes, des batteries, des pièces et des solutions associées.
Nous encouragerons également l'installation de solineras à travers tout le pays grâce à des investissements étrangers, privés, coopératifs et publics, en privilégiant les routes urbaines, les pôles touristiques, les zones de productions et de services essentiels. Parallèlement, nous établirons un moyen rapide d'accorder des licences aux transporteurs, aux taxis électriques ou aux services de déplacement associés, selon des règles claires, un contrôle technique, la sécurité routière et des tarifs transparents.
La première priorité, avant toute autre, ce sont les personnes qui ne peuvent pas attendre que l'économie s'améliore, car il y a des douleurs qui ne comprennent pas les délais. La véritable justice sociale ne repose pas sur des prix artificiels qui finissent par se convertir en pénuries, des queues, en salaires bas et en marché illégal.
La justice sociale s'édifie sur des fondations réelles, sur des revenus garantissant un pouvoir d'achat, sur une protection directe à ceux qui en ont le plus besoin et sur une économie nationale capable de produire davantage. Il n'y a pas de raccourcis ; ce ne sont pas des idées nouvelles, ce sont des décisions que le pays a discutées et approuvées il y a des années. L'erreur n'a pas été de les proposer, mais de les avoir ajournées, et cette étape d'ajournement doit prendre fin.
Le panier de la ménagère sera garanti aux retraités, aux familles ayant des enfants atteints de maladies chroniques et aux personnes vulnérables. Des programmes ciblés de transformation sociale seront développés dans les quartiers les plus pauvres. Il faut accorder au secteur des entreprises publiques et privées un plus grande rôle et plus d'incitations pour qu'elles participent à la solution de problèmes locaux prioritaires, tels que les réfectoires populaires, l'assainissement, les centres pour enfants sans protection familiale, entre autres. À partir de ces décisions, elles auront de nouvelles tâches concrètes : rapprocher de chez lui le paiement de sa pension au retraité afin qu'il n'ait pas à faire la queue pendant des heures au soleil ; parrainer les réfectoires populaires, les foyers pour personnes âgées, les maisons de grands-parents et les centres pour enfants ; créer des quotas de solidarité et vendre à prix coûtant à ceux qui en ont vraiment besoin ; numérisez tout pour qu'on sache qui contribue, qui reçoit et quel résultat cela donne.
Pendant des années, nous avons fonctionné selon une logique de salaires contenus, de prix régulés et d'un État qui subventionnait une énorme partie de la vie économique du pays. Cette formule avait sa raison d'être, son contexte, ses résultats et son moment. Mais elle ne répond plus à la réalité complexe dans laquelle nous vivons. Les prix auxquels une famille est confrontée se sont trop écartés de ce que gagne un travailleur ou un retraité, et nous ne pouvons pas continuer à agir comme si cet écart n'existait pas.
Nous allons également ouvrir de nouvelles voies d'accès sûr aux médicaments.
En ce qui concerne la politique budgétaire, fiscale, monétaire et d'assainissement financier, il convient de noter que l'objectif principal pour réduire le déficit budgétaire est d'augmenter la production, qui constitue l'assiette des impôts, et de diminuer les dépenses inutiles. C'est pourquoi nous allons aussi corriger une politique qui n'a pas donné les résultats escomptés.
En pratique, le plafonnement des prix n'a pas réussi à contenir l'inflation. Souvent, il a provoqué la disparition de produits, des déviations vers le marché illégal, une hausse des prix, une moindre collecte d'impôts et une course impossible entre les prix réels et les décisions administratives qui soient arrivaient toujours en retard soit restaient immuables par méconnaissance d'une réalité économique changeante, limitant tous ceux qui souhaitent développer leur activité économique dans le cadre de la légalité et de manière transparente. Par conséquent, nous ne continuerons pas à plafonner les prix de manière générale, comme l'a expliqué le Premier ministre. Nous devons corriger les distorsions du système fiscal qui rendent aujourd'hui les chaînes de production plus coûteuses et finissent par être transférées au prix final.
Nous allons instaurer la Taxe à la valeur ajoutée (TVA) créditable qui sera progressivement supportée par facturation électronique, afin d'éviter une imposition fiscale en cascade. Mais ces décisions ne peuvent s'appliquer que si elles sont accompagnées d'une protection sociale plus directe et plus efficace, dans le cadre de la transition consistant à subventionner non des produits, mais des personnes, et conformément avec l'effort de récupérer le pouvoir d'achat des salaires et des pensions. Il ne s'agit pas de laisser quelqu'un seul face au marché, mais de mieux protéger, de produire davantage, de réguler intelligemment et d'organiser de manière réaliste.
Nous avons besoin d'un système financier qui accompagne l'économie, qui soit fonctionnel pour les différents acteurs économiques, qui réduise les queues, facilite les paiements, rende les opérations transparentes et convertisse l'épargne, le crédit et l'investissement en outils concrets de développement.
Moderniser profondément le système bancaire et financier du pays. Cuba a donc besoin de banques plus agiles, plus numériques, plus proches des gens et plus utiles à ceux qui produisent, exportent, importent, investissent ou entreprennent.
Nous allons ouvrir des espaces, sous une stricte réglementation, à des institutions financières privées et étrangères ; instaurer de nouveaux mécanismes de crédit, de financement productif, de développement des marchés financiers et de services de paiement, auxquels pourront participer des acteurs publics, des coopératives et des particuliers.
L'objectif est de faire en sorte que percevoir une pension, recevoir des envois de fonds de l'étranger, payer un service, demander un prêt, financer une récolte, acheter du matériel ou déplacer de l'argent pour produire ne soit pas une course d'obstacles.
Permettre des comptes à l'étranger, des paiements interentreprises en devises et des opérations internationales vérifiables pour les importateurs, les exportateurs et les prestataires de services généraux.
Il ne s'agit pas d'affaiblir le rôle de l'État, mais d'élargir et de moderniser les capacités du pays à financer la production, de soutenir ceux qui produisent des biens et services, d'ordonner les cash-flows et d'offrir un meilleur service à notre peuple.
Nous convertirons la transformation numérique, les logiciels et l'intelligence artificielle en outils transversaux pour développer l'agriculture, le secteur de l'énergie, la santé, l'éducation, le commerce extérieur, la banque, le commerce numérique, la logistique, le tourisme et la fiscalité.
Les propositions spécifiques concernant les logiciels, l'intelligence artificielle, l'économie du savoir et l'économie numérique doivent être présentées comme des infrastructures transversales pour accroître la productivité nationale. Il ne s'agit pas seulement d'exporter des logiciels, mais aussi de numériser les paiements, les impôts, le commerce extérieur, l'agriculture, la santé, l'énergie, la logistique, le gouvernement et les statistiques.
En ce qui concerne le tourisme et l'immobilier, de nouvelles modalités commerciales doivent être appliquées, avec la participation de tous les acteurs économiques. Développer un marché immobilier productif réglementé qui concerne le bail de locaux publics inactifs, la location de bâtiments, de locaux, d'entrepôts, de bureaux, d'installations touristiques, d'ateliers et d'espaces industriels, les concessions, les droits d'usage sur l'immobilier et des appels d'offres transparents destinés à des acteurs publics, privés, coopératifs ou mixtes.
Nous avons parlé de l'importation de carburant et de tout ce qui a été ouvert au secteur privé, mais il s'agit désormais de l'atteindre avec des marges bénéficiaires raisonnables, transparentes et non abusives.
En ce qui concerne l'importation de véhicules, éliminer tous les obstacles à l'importation, donner la priorité à l'importation de véhicules électriques et, bien sûr, développer les stations et bornes de recharge correspondantes.
Je sais que la dollarisation partielle de l'économie, l'inflation et l'absence de nombreux produits en monnaie nationale préoccupent, et à juste titre. Nous n'allons pas ignorer ce problème. Les modèles d'affaires en devises étrangères que nous sommes en train d'autoriser doivent contribuer de manière directe et vérifiable à une croissance des revenus en devises étrangères qui permettront de maintenir des offres en monnaie nationale.
Nous devons imposer plus d'exigences sur l'utilisation des plateformes de paiement numériques. Il faut amplifier les autorisations pour le commerce de gros et de détail, en éliminant les intermédiaires et, bien sûr, appliquer la facturation électronique
Il est nécessaire d'éliminer les entraves salariales qui empêchent de conserver les talents et la main-d'œuvre hautement qualifiée dans les secteurs productif, d'exportation, technologiques, énergétiques et agro-industriels, et permettre une rémunération variable en monnaie nationale et en devises étrangères liée à des résultats vérifiables en matière d'exportations, d'économies d'importations, d'augmentation de la productivité, d'innovation, de disponibilité énergétique ou de ventes à l'étranger.
En ce qui concerne le gouvernement numérique, les données publiques et le contrôle intelligent, il faut instaurer progressivement la facturation électronique obligatoire pour les moyens et gros contribuables ; puis progresser dans les mipymes et les travailleurs indépendants, avec des outils simples adaptés à la connectivité réelle.
Moderniser le Système statistique national et l'ONEI par la capture numérique des données auprès des entreprises et des entités, la publication par des applications de service public de l'intelligence artificielle et la protection des données sensibles.
Il faut utiliser l'intelligence artificielle pour simplifier les démarches, traiter les documents numérisés, détecter les erreurs, valider les dossiers, authentifier les documents et réduire les charges administratives.
Il faut améliorer la qualité des services à la population en concevant de nouvelles approches pour chaque problématique.
Et nous devons sérieusement affronter un problème qui empoisonne la vie quotidienne de millions de Cubains : la collecte des déchets solides. Nous mettrons en œuvre des projets au niveau local pour améliorer la collecte, le traitement et l'élimination des déchets solides, afin que, de manière responsable, ceux qui imposent le plus grand fardeau au système doivent également contribuer davantage à son maintien.
Mais cette solution ne dépendra pas seulement de l'État, elle intégrera aussi l'investissement étranger dans le secteur non public, le système entrepreneurial, les communautés et des initiatives créatives qui contribueront à restaurer la propreté, l'ordre et la santé dans nos villes et nos communautés.
Compagnes et compagnons :
Cuba n'a pas besoin de nouveaux ajournements, elle a besoin de solutions. Il ne s'agit pas de créer davantage de bureaux ni de multiplier les réunions, mais d'obtenir des résultats concrets.
Gouverner, c'est résoudre, débloquer, accompagner et faire en sorte que les décisions aboutissent à de véritables améliorations ; car créer à Cuba, investir à Cuba, travailler à Cuba et rester à Cuba dépend aussi de la capacité du pays à ouvrir des voies, à organiser intelligemment et à appuyer ceux qui veulent contribuer.
En plus des opportunités économiques, nous allons également promouvoir des espaces concrets afin que les jeunes puissent agir depuis leurs communautés.
Le Réseau communautaire de la jeunesse doit être un moyen pour qu'un jeune puisse trouver où se former, où rencontrer un emploi, où servir sa communauté et transformer une idée en un véritable projet. Ce réseau doit articuler des initiatives utiles dans les quartiers : récupération d'espaces publics, soutien aux personnes vulnérables, activités culturelles et sportives, formation à des métiers et technologies, communication communautaire, projets productifs, emploi local et accompagnement des jeunes en situation de risque.
Il ne s'agit pas de créer une autre structure ou de convoquer les jeunes uniquement pour leur donner des orientations ; il s'agit de leur offrir des compétences, des outils, des connaissances, des responsabilités et des espaces réels pour transformer leur lieu de vie ; car rester à Cuba doit aussi signifier avoir un endroit où être utile, grandir, apprendre, diriger et construire un avenir depuis le pâté de maison, l'école, le lieu de travail et la municipalité.
Nous connaissons notre pays, nous savons où se trouve l'obstacle, où se cache la corruption, où abonde la lenteur et où font défaut le sens de l'honneur et la dignité.
À chaque mesure que nous annonçons seront assignés des responsables, des échéances et des indicateurs. Nous allons faire savoir ce qui progresse, ce qui ne marche pas et ce qui doit être corrigé.
Il y aura des choses que, nous devrons traiter avec discrétion pour les protéger de ceux qui veulent les saboter. Martí nous a déjà appris qu'il y a des choses qu'il faut occulter pour pouvoir les atteindre, mais la discrétion ne sera jamais une permission pour cacher quelque chose au peuple.
En tant que peuple, nous n'allons pas appeler uniquement à résister ; nous allons nous appeler à créer, à produire, à décider, à superviser, à prospérer et à transformer, car ce que nous commençons aujourd'hui, ce n'est un gouvernement qui le fait : ou nous le faisons tous ensemble ou nous ne le faisons pas : avec l'agriculteur qui replante, avec la mipyme qui ose, avec le technicien qui installe le premier panneau, avec l'institutrice, avec le médecin, avec le jeune qui décide de rester et de parier pour sa terre, avec le Cubain vivant à l'étranger qui tend la main, avec toi, avec moi, avec tout le monde.
Nous n'allons pas nier les problèmes, nous n'allons pas défendre la bureaucratie, nous n'allons pas fermer la porte au talent, nous n'allons pas abandonner les vulnérables et nous ne permettrons jamais que la souffrance de ce peuple, causée par le blocus impérialiste pervers, soit utilisée contre la souveraineté de la patrie (applaudissements).
Rien ne sera impossible si nous saisissons le défi comme une opportunité et l'histoire comme une source d'inspiration !
Céspedes, Agramonte, Maceo, Gómez, Martí, Mella, Villena, Guiteras, le Che, Camilo, Almeida, Fidel et Raúl, tous nos héros, ont affronté des moments aussi difficiles, voire plus difficiles pour leur époque que ceux qu'affronte aujourd'hui la nouvelle génération révolutionnaire, et ils sont tous sortis de ces défis avec honneur et gloire, même ceux qui sont tombés au combat sans jamais avoir vu la victoire, car ils nous ont légué des leçons de courage qui perdurent encore aujourd'hui, comme cela a été confirmé le 3 janvier de cette année lorsque trente-deux combattants cubains sont tombés face à des troupes d'élite bien supérieures en nombre et en moyens.
Aucune révolution n'a eu la vie facile, et la nôtre a eu l'audace de survivre à six décennies de blocus, de lois génocidaires, de guerre hybride et d'une kyrielle de mesures coercitives unilatérales qu'aucune autre nation n'a endurées ni ne supporterait aussi longtemps.
À l'occasion du centenaire de la naissance du commandant en chef Fidel Castro et du quatre-vingt-quinzième anniversaire du général d'armée Raúl Castro Ruz, le meilleur hommage que nous puissions rendre à l'œuvre admirable de nos deux leaders historiques, c'est de la défendre et de préserver son essence de justice sociale, au milieu de la tempête de guerres prédatrices, de menaces d'invasion et de processus de néocolonisation qui, comme le géant aux bottes de sept lieues, traversent le ciel en avalant des mondes par ces temps-ci.
Nous sommes tous convoqués et ensemble nous vaincrons.
Vive Cuba libre ! (Vivats.)
Vive le peuple cubain héroïque ! (Vivats.)
Vive la souveraineté de la nation cubaine ! (Vivats.)
Le socialisme ou la mort !
La patrie ou la mort !
Nous vaincrons ! (Cris de "Nous vaincrons !")
(Ovation.)
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CUBA A BESOIN DE TRANSFORMATIONS PROFONDES POUR FAIRE FACE À LA RÉALITÉ ACTUELLE, DÉCLARE LE PREMIER MINISTRE
Par : Yeilén Delgado Calvo
17 juin 2026
Les membres et invités du Plénum extraordinaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, tenu mercredi après-midi à La Havane, ont reçu une explication détaillée du contexte complexe auquel le pays est confronté, marqué par sa crise multidimensionnelle la plus grave depuis la Période spéciale, en raison du renforcement du blocus étasunien depuis 2019, aggravé ensuite par les décrets exécutifs qu'a promulgués l'administration étasunienne.
C'est l'escalade de sanctions la plus agressive de l'histoire récente. Elles ont empêché les pétroliers d'arriver à Cuba, menacé les entreprises faisant affaire à Cuba, les forçant à se retirer, et provoqué la déconnexion du pays des systèmes internationaux de crédit et de financement.
En conséquence, l'île a connu une forte contraction de son économie au premier semestre 2026 ; avec une moyenne quotidienne de 20 heures de coupure d'électricité et un déficit de 1 955 MW.
À cet égard, le membre du Bureau politique et Premier ministre, Manuel Marrero Cruz, a expliqué que, face à la dure réalité du moment historique actuel, il nous fallait opérer des transformations profondes à partir de nos efforts et de nos ressources. Il ne s'agit pas seulement de résister, mais aussi d'avancer et de se développer, a-t-il déclaré.
Concernant les propositions - qui seront présentées demain jeudi aux députés de l'Assemblée nationale, et connues de toute la population - il a montré qu'elles ont été nourries par les indications du général d'armée Raúl Castro Ruz et du premier secrétaire Díaz-Canel, l'analyse des documents programmatiques et la consultation d'experts. Il y a 176 propositions, réparties en 23 axes fondamentaux de la vie économique et sociale du pays.
Ces derniers correspondent à des transformations concernant le modèle de gestion des acteurs économiques ; les relations de propriété ; le système de planification économique ; le secteur budgétisé et son redimensionnement ; l'autonomie municipale ; la relance de la production agricole ; les subventions octroyées non plus aux produits mais aux personnes ; le travail et les salaires ; les activités énergétiques et sociales.
Ces axes concernent également la modernisation du système bancaire et financier ; le système fiscal ; la politique des prix ; l'investissement étranger ; le commerce extérieur ; la portée de la dollarisation partielle de l'économie ; le secteur touristique ; le transport ; le commerce, la restauration et les services ; la politique d'assurance ; la transformation numérique, l'intelligence artificielle et l'économie du savoir ; le système statistique national ; et les mécanismes de contrôle et d'inspection.
Il sera indispensable d'assurer un statut juridique à ces propositions, car, même si elles ne contredisent pas la Constitution de la République, elles exigent d'abroger et de modifier des normes et d'en créer d'autres.
Ces mesures, a souligné Marrero, conçoivent des changements profonds conformément au Programme économique et social du gouvernement 2026, ces deux documents étant complémentaires.
Elles impliquent également la transformation du maillage entrepreneurial, une plus grande ouverture au capital privé et la reconnaissance des mécanismes de marché comme instruments d'allocation efficace des ressources.
Marrero a également précisé qu'elles n'impliquent pas que l'État renonce à sa responsabilité sociale de l'État. Comme le montre clairement le document discuté : "Elles ne constituent pas une déviation du projet socialiste ; au contraire, elles répondent à la logique de son développement. Cuba est dans la période historique de construction du socialisme." De même, les idées de Fidel et Raúl ont servi de source à ce processus.
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UNE PROPOSITION COURAGEUSE ET AUDACIEUSE POUR FAIRE AVANCER LA CONSTRUCTION DU SOCIALISME
Par : Oscar Figueredo Reinaldo, Leidys María Labrador
17 juin 2026
Après la présentation du document contenant les propositions de transformation, un débat large et profond s'est ouvert au Plénum extraordinaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, qui s'est réuni aujourd'hui à La Havane. Bien que les opinions aient été divergentes sur la portée et la mise en œuvre des mesures, il y a eu consensus sur le fait qu'elles étaient essentielles pour revitaliser l'économie et préserver les conquêtes du socialisme.
Miriam Marbán González, contrôleur général de la République, a insisté sur l'importance du contrôle interne pour la mise en œuvre des transformations. En lien avec cette question, elle a souligné la nécessité de garantir que l'administration rende compte de sa gestion devant les travailleurs, de renforcer les organes de contrôle et le rôle du syndicat dans la détermination, par exemple, de la destination des profits. Elle a également insisté sur le renforcement des organes de contrôle afin d'évaluer non seulement l'application des mesures, mais aussi leurs résultats ultérieurs.
Dans le même sens, Osnay Miguel Colina, président de la commission organisatrice du prochain congrès de la Centrale des travailleurs de Cuba, a reconnu que la proposition stimule l'intégration au travail et à la performance des travailleurs. Il a estimé qu'il s'agissait d'une proposition courageuse et audacieuse qui nécessite une intelligence collective et une mise en œuvre rigoureuse. Il a également souligné que les nouvelles transformations proposées obligent à réviser le projet de loi du Code du travail et exigent une large mobilisation de tous les travailleurs.
Évaluant l'impact possible de ces mesures, Miriam Nicado García, rectrice de l'Université de La Havane, a alerté sur la nécessité de détecter attentivement les inégalités qui pourraient s'accentuer durant leur mise en œuvre, surtout parce qu'il pourrait y avoir une concentration accrue de la richesse. En ce sens, elle a souligné la responsabilité du parti et du gouvernement dans la préservation de la justice sociale. Elle a également souligné que, dans le cadre de ces transformations, l'éducation de qualité devait rester une priorité en fonction du développement.
Pour sa part, Walter Baluja García, ministre de l'Enseignement supérieur (MES), a qualifié le document présenté d'intégral, tout en appelant à le mettre en œuvre avec souplesse et sans bureaucratie. Il a insisté sur la nécessité d'écouter en permanence les opinions de la population.
La possibilité de revitaliser les processus productifs arrêtés a été l'un des aspects positifs soulignés par Susely Morfa González, première secrétaire du parti en Villa Clara, lorsqu'elle a commenté les résultats que les transformations annoncées pourraient entraîner. Elle a pris comme exemple le potentiel du travail conjoint entre secteur public et secteur non public afin de répondre aux besoins de la population.
Sa vision a été partagée par Yamilé Ramos Cordero, première secrétaire du parti en Pinar del Río, qui a insisté sur la nécessité d'encourager la production agricole a partir de nouveaux mécanismes de gestion. Elle a souligné que les nouvelles propositions offraient de meilleures facilités aux agriculteurs, tout en appelant à une meilleure gestion de la part des municipalités.
Yoel Pérez García, chef du parti en Guantánamo, a appelé à concentrer ses efforts sur l'ensemble du processus de mise en œuvre. Il a également souligné qu'il était important de travailler en profondeur sur les concepts qui soutiennent cette voie et d'appliquer efficacement les piliers du gouvernement.
Carlos César Torres Páez, directeur du Centre d'études de direction, de développement local, de tourisme et de coopératisme (CEGESTA), a souligné qu'il s'agit d'une proposition créative, courageuse et audacieuse qui vise à faire avancer la construction du socialisme et qui répond à l'expérience du pays avec des processus similaires à d'autres moments historiques. Il a souligné que le socialisme ne doit pas être confondu avec un phénomène d'étatisme absolu et que l'objectif essentiel est de transformer, mais en défendant la Révolution, la souveraineté et l'indépendance. Il a défini la transparence, la participation des citoyens et le contrôle populaire comme vitaux dans sa mise en œuvre.
Le scientifique cubain Yury Valdés Balbín a décrit la proposition comme un élément essentiel pour la défense du pays. Selon le directeur général de l'Institut de vaccins Finlay, l'écosystème actuel ne nous permettait de contourner le blocus économique, de sorte que ces transformations nous permettent de "survivre et de nous développer". Parmi les plus grands problèmes concernant la mise en œuvre des mesures proposées figurent le changement de mentalité, l'analyse des risques, ainsi que la mesure des résultats.
Teresa Amarelle Boué, secrétaire générale de la Fédération des femmes cubaines, a réfléchi au rôle de premier plan des femmes dans la société cubaine et, par conséquent, dans l'application de ces transformations. Elle a souligné que les femmes constituaient la plus grande réserve de main-d'œuvre du pays et que, par conséquent, il fallait accroître les options d'emploi, notamment au sein de la communauté, un point sur lequel on travaille déjà.
Pour sa part, Vladimir Regueiro Ale, ministre des Finances et des Prix, a souligné l'importance de la création de richesses et de la surveillance du budget de l'État pour la défense des conquêtes de la Révolution. En ce sens, il a mentionné que l'un des aspects les plus innovants est la relation entre les entreprises et le budget de l'État.
Mercedes López Acea, présidente de l'Institut des acteurs économiques non étatiques, a affirmé que ces transformations faciliteront une participation plus active des nouveaux acteurs économiques à la dynamisation de l'économie et qu'il fallait exploiter cette possibilité. Elle a également déclaré que les écouter et les faire participer motive et génère de la sensibilité, notamment pour la promotion de propositions de nouveaux projets par ce secteur non étatique.
Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Jesús Otamendiz Campos, a qualifié la flexibilité offerte par la proposition débattue de novatrice en matière de travail et de salaire. À son avis, les avis des travailleurs et des universitaires ont été recueillis, ce qui permet une meilleure utilisation de la main-d'œuvre dans le pays. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer le travail social auprès des secteurs les plus vulnérables et a annoncé que son ministère travaillera avec la Centrale des travailleurs de Cuba aux ajustements à apporter au projet de loi du Code du travail, avant sa présentation à l'Assemblée nationale.
Mayra Arevich Marín, ministre des Communications, a estimé qu'il y aurait évidemment des risques dans l'application de ces transformations, mais que l'essentiel était de les atténuer sans bureaucratie afin de ne pas en limiter la portée. Elle a déclaré que de nouvelles opportunités s'ouvrent et qu'il est donc important d'accompagner les processus par la transformation numérique et la technologie. "Nous sommes engagés à apporter la technologie correcte à cet effort politique".
Yoerky Sánchez Cuellar, directeur du journal Granma, a estimé que ces transformations ne constituaient en rien une déviation du projet socialiste. Il a souligné que sans une bonne économie, il n'y a pas de socialisme et qu'il est donc essentiel de dénouer les nœuds qui entravent les forces productives. Il a affirmé que la Révolution a l'autorité et la légitimité suffisantes pour appliquer ces transformations, sans oublier que le pays continue de vivre dans un contexte de pression maximale.
Gladys Bejerano Portela a affirmé que ces transformations étaient les plus capitales de ces dernières années. Elle a déclaré que le moment historique exigeait de la confiance, de la responsabilité et du courage, si bien que "tout ce que nous ferons" exige plus de contrôle et d'exigences pour éviter des déviations.
José Luis Toledo Santander, secrétaire de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire et du Conseil d'État, a affirmé que tout ce qui est proposé aujourd'hui est avalisé par la Constitution de la République. Il a dit que ce qui a été proposé exigeait un changement de mentalité car notre Constitution est flexible.
Il a ajouté que ces transformations confirmaient la propriété socialiste sur les moyens fondamentaux de production, bien que la Constitution reconnaisse qu'elle n'est pas la seule. Il a dit que le document reflétait les idées de Fidel et de Raúl, et que le général d'armée a toujours insisté pour que nous ayons une Constitution capable de s'adapter aux circonstances du pays.