17/06/2026 dav8119.substack.com  3min #317317

Sur ce qui n'existe pas

 Davy Hoyau

Ce qui est génial avec l'évolution technologique est de voir de façon flagrante de qui n'existe pas, et ne veut pas exister.

tu sais, genre un petit bouton pour paramétrer soi-même son fil d'actu, @elonmusk

mais je pensais surtout à des outils plus puissants, qui rendent meilleure la vie des gens.

C'est un esprit de service envers soi-même, qui est habituellement réservé au concepteur de systèmes, quand il a le temps de réfléchir.

parce que quand on conçoit des systèmes, par défaut et par soucis technique, on fait en sorte que ce qu'on fait rende service à "tout le monde" (dans le logiciel).

Le succès d'une fonction est le nombre de fois où elle est utile et la somme de trucs divers qu'elle peut remplacer.

Du coup par déformation professionnelle on a tendance à chercher les services qui rendent service au plus de monde. Pas seulement à soi en tant qu'utilisateur de son propre système, mais à tout le monde.

Et c'est là qu'on voit ce qui n'existe pas et qui aurait dû déjà exister, ou du moins si ça avait existé cela aurait déjà évité un assez grand nombre de catastrophes.

Là on parle à l'échelle systémique, macrosociale, géopolitique, etc.

Il s'agit toujours de ramener les sommes de grands et vastes problèmes, auxquels on s'est presque habitués malheureusement, à leur plus simple expression, et de changer juste un truc tout bête.

Il y en a plein, et cela touche à la philosophie, la psychologie, et finalement à une vision d'un monde en paix. C'est cette vision qui guide les innovations parce que la justice est la chose la plus économique du monde.

Personne ne pense à chercher l'économie, ne serait-ce que par soucis de l'économie, alors pourtant que ça conduit à la justice.

Les mots économie, profit, bénéfice, investissement, optimisation, rendement, sont occupés et colonisés par un système injuste, alors qu'ils sont porteurs de solutions.

En fait je me suis dit que la systémique était l'escalier vers la morale. Si on ne croit pas en Dieu ou si on ne sait pas quoi faire de ces jolies idées, simples et lumineuses, elles reflètent des concepts un peu plus compliqués qui sont justes mais fonctionnels.

Et finalement la technique permet de voir le niveau de spiritualité du concepteur de systèmes.

En particulier le concepteur du système capitaliste est certainement une larve d'escargot qui se rêve en maître du monde.

Le degrés de complexité du capitalisme est trop faible pour les développements qui se sont stratifiés dessus. C'est comme une pyramide inversée qui s'effondre sur sa base.

En particulier quand la complexité d'un modèle est insuffisant à organiser la perception du monde on appelle cela, dans un psychisme, une abstraction de la réalité, ce qui est le cas particulier des malades mentaux (qui pullulent et se sentent si à l'aise dans ce système).

Et parfois il suffit de rajouter juste un seul degrés de complexité à la structure d'un modèle pour résoudre - ou guérir - une somme inimaginable de problèmes simultanément d'une traite et sans aucun effort.

Seulement, tant qu'on reste dans le cadre étroit du modèle qu'on connaît, ces idées semblent inimaginables, inconcevables, utopiques, ça ne marchera jamais.

Et bien sûr que ça ne marchera jamais.

Et même je dirais que c'est très bien que les gens pensent comme ça parce que ça s'appelle la discipline, c'est ce qui organise la pression qui permet de cristalliser les concepts salvateurs qui vont appeler nécessairement et rationnellement les évolutions les plus profitables.

Seulement la différence, c'est comme avec tout, c'est qu'il faut avoir conscience de ses limites et conscience que son action est volontairement limitée par les cadres existants, et que si on en a besoin, on peut logiquement les dépasser - sans s'exclamer qu'on a vu la lumière.

Le truc de l'imbécilité c'est ce ne pas avoir conscience des limites qui sont imposées par un mur de silence au-delà duquel on se sent seul et abandonné.

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