08/06/2026 mondialisation.ca  10min #316432

 Ndaa: New U.s. Bill Will Fuse Israel and U.s. Militaries Into One

Le Congrès entend officialiser l'alliance américano-israélienne

Par  Philip Giraldi

Il est presque certain que l'article 224 de la National Defense Authorization Act (NDAA) pour 2027 sera adopté par la Chambre des représentants et entrera en vigueur cette semaine  après l'échec, jeudi dernier, d'une tentative du député démocrate Ro Khanna et du Républicain Thomas Massie devant la commission des forces armées de la Chambre de faire adopter un amendement destiné à le supprimer.

La NDAA n'attendra plus que la signature, largement attendue, du président Donald Trump, aux ordres d'Israël, pour devenir partie intégrante du dispositif législatif national qui fixera les règles et réglementations régissant le fonctionnement de la défense nationale.

Elle instaurera malheureusement aussi, par le biais de la section 224, une "Initiative de coopération en matière de technologies de défense entre les États-Unis et Israël" qui intégrera

"la recherche et le développement militaires américano-israéliens, la coproduction de systèmes d'armes, les accords de licence, l'IA, l'énergie dirigée, l'intégration des données et la défense antimissile".

Elle établit en outre le cadre de la

"recherche et du développement bilatéraux, de la coproduction d'armes, des coentreprises, des accords de licence et, apparemment, de toutes les formes de coopération entre les complexes militaro-industriels américano-israéliens".

Le directeur de cette "Initiative" sera chargé de la coordination des activités et certains suggèrent déjà qu'il s'agira d'un Israélien. Le financement émanera à 100 % du Trésor américain, par le biais de l'enveloppe budgétaire de 1 500 milliards de dollars prévue pour l'armée américaine en 2027.

En conséquence, les fonctions de l'armée américaine seront entièrement connectées à celles de l'armée israélienne dans le cadre de ce qui a été décrit comme un partenariat auquel participeront pleinement le gouvernement d'Israël et ses Forces de défense israéliennes. Le partage du renseignement sera total, et un processus de planification déterminera de nombreux aspects des modalités d'approvisionnement en armes et en équipements du Département américain de la Guerre (sic) ainsi que de la définition de ses objectifs stratégiques. C'est vraisemblablement ce qui se cache derrière les déclarations sournoises du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui laisse entendre qu'Israël renoncerait à l'avenir à l'"aide" automatique annuelle de 3,8 milliards de dollars (que certains qualifient de "tribut") versée par le Trésor américain, un processus lancé par le président Barack Obama. Netanyahu, par l'intermédiaire de ses complices à la Maison Blanche et au Congrès américain, savait manifestement à l'avance qu'une part bien plus importante du gâteau était en passe de lui revenir grâce à la section 224.

Les politiciens qui ont parrainé et promu la section 224 ne manquent pas de rappeler que l'État juif est un "allié majeur et le meilleur ami" des États-Unis, alors qu'il n'est ni l'un ni l'autre, mais ils omettent de mentionner son côté obscur en tant qu'État génocidaire dont les dirigeants sont sous mandat d'arrêt par la Cour pénale internationale pour de multiples crimes de guerre, et haïs par la plupart des pays du monde. Et cette haine s'est répercutée sur les États-Unis, principale source d'armes, d'argent et de couverture politique d'Israël.

Le massacre à Gaza et maintenant au Liban n'aurait pas lieu sans le soutien des présidents Joe Biden et Donald Trump.

Et ce n'est pas tout  du côté du Sénat qui fait de même via le projet de loi FY27 Intel Authorization qui rendra obligatoire le partage du renseignement américain avec Israël. Le projet de loi en question est le S-4615, présenté le 20 mai par le sénateur Tom Cotton de l'Arkansas, fer de lance de la politique "Israel First". Le texte intégral peut être consulté  ici.

Le projet S-4615 comprend la section 622, intitulée "Renforcement du partage du renseignement entre les États-Unis et Israël". Cette nouvelle disposition établirait dans la loi (où elle s'appliquerait à perpétuité, sauf abrogation par le Congrès) de nouvelles obligations des États-Unis en matière de sécurité nationale à l'égard d'Israël. Elle inclut une "Déclaration de politique générale" :

"(1) Maintenir et renforcer le partenariat stratégique de sécurité avec Israël pour faire progresser la défense nationale des États-Unis... (2) Renforcer la collaboration en matière de renseignement grâce à un partage efficace des renseignements et à un partenariat analytique avec Israël... (4) Veiller à ce que l'aide à la sécurité et la coopération en matière de défense soient structurées de façon à aider Israël à maintenir son avantage militaire qualitatif..."

Lorsque le projet de loi sur l'autorisation des services du renseignement sera soumis au vote du Sénat, il sera sans aucun doute adopté grâce à la majorité républicaine, soutenue par les partisans habituels de la doctrine "Israël First" parmi les Démocrates. Et pour parachever la mainmise d'Israël, un projet de loi est en cours d'examen au Congrès qui accordera des avantages militaires américains aux citoyens américains, souvent des doubles nationaux américano-israéliens qui servent dans l'armée israélienne, y compris des avantages éducatifs et médicaux inaccessibles aux Américains n'ayant pas servi dans les forces armées américaines. Paradoxalement, le nouveau statut d'Israël en tant que partenaire des États-Unis pour la sécurité nationale et la guerre, tel qu'il ressort des deux chambres du Congrès, n'est partagé par aucun des véritables alliés de Washington au sein de l'OTAN, faisant de la relation avec Israël une relation à la fois unique et, de l'avis de beaucoup, particulièrement dangereuse, car un Israël renforcé s'efforcera inévitablement de faire valoir ses perceptions en matière de sécurité et ses ambitions au Moyen-Orient pour "Eretz Israël" [Terre d'Israël] au détriment des préoccupations réelles des États-Unis, intrinsèques à leur exposition beaucoup plus large aux menaces mondiales. En d'autres termes, céder aux préoccupations israéliennes affaiblira en réalité considérablement les États-Unis et les rendra beaucoup plus vulnérables.

Étonnamment, le danger qu'Israël représente pour la sécurité nationale américaine en s'immisçant comme partenaire à part entière dans le processus de planification a été peu commenté dans les grands médias américains, sans doute en raison de la répression accrue menée par les gouvernements fédéral et des États contre les "antisémites", notamment par la criminalisation de la critique d'Israël.

Et ceci suggère certainement une fois encore le pouvoir du lobby israélien, des médias "à sa solde" et de son groupe de milliardaires juifs sympathisants. Mais les médias alternatifs ont largement exprimé leur inquiétude, certaines de ces préoccupations faisant même la une, laissant entendre que des fuites alimentent les réserves officielles concernant la résolution 224. Le New York Times, qui sert parfois de source de référence pour les fuites provenant des communautés du renseignement et de la défense, a publié  un article sur l'espionnage israélien aux États-Unis, dont la source est l'Agence de renseignement de la défense (DIA), publié juste après que la résolution 224 ait été débattue au Congrès.

L'article du Times intitulé "Le Pentagone estime que la menace d'espionnage israélien s'intensifie" est résumé ainsi :

"Le département de la Défense a relevé son niveau d'alerte en matière de contre-espionnage au niveau le plus fort, et Israël est soupçonné d'avoir mis sur écoute les négociations américaines avec l'Iran".

L'article explique en détail comment

"le Pentagone a relevé son niveau d'alerte à maximal en matière d'espionnage d'Israël".

Il explique comment les téléphones et autres systèmes de messagerie des officiers américains travaillant avec leurs homologues israéliens, tant aux États-Unis qu'à l'étranger, ont été mis sur écoute grâce à des dispositifs d'écoute clandestins installés par les Israéliens. Les négociations destinées à mettre fin à la guerre avec l'Iran ont également été particulièrement ciblées, tant sur les téléphones utilisés par les négociateurs qu'à Washington, où les appels et messages sont réceptionnés.

La réalité montre bien sûr qu'Israël est une source majeure d' espionnage, voire pire, contre les États-Unis depuis les années 1950, se classant toujours dans les évaluations du FBI et du Département de la Défense parmi les trois principaux pays coupables d'espionnage contre les États-Unis, souvent en tête de liste. Par ailleurs, les opérations clandestines et les attaques sous faux drapeau menées par Israël ne reculent pas devant le meurtre d'Américains pour dissimuler leurs activités les plus répréhensibles. On retiendra notamment l'attaque sous faux drapeau israélienne contre l'USS Liberty de la marine américaine dans les eaux internationales le 8 juin 1967, qui a coûté la vie à 34 membres d'équipage, grâce notamment à la dissimulation orchestrée de manière opportune par le président Lyndon B. Johnson et le secrétaire à la Défense Robert McNamara.

Des espions israéliens, parmi lesquels figurait probablement Netanyahu lui-même lorsqu'il résidait aux États-Unis, ont organisé le transfert illégal d'uranium enrichi depuis une entreprise métallurgique appartenant à des sionistes juifs en Pennsylvanie et ont également obtenu en Californie les dispositifs spéciaux qui ont permis à Tel-Aviv de se doter d'un arsenal nucléaire. Lorsque le président John F. Kennedy a cherché à mettre un terme à ces développements, il a été assassiné très probablement avec l'aide du Mossad. Et puis l'espion le plus nuisible de l'histoire des États-Unis, Jonathan Pollard, a volé pour le compte d'Israël les renseignements les plus sensibles jamais obtenus par une puissance étrangère. Il candidate aujourd'hui à la Knesset en Israël et évoque les deux prochaines cibles de l'armée israélienne une fois que les Palestiniens, les Libanais et les Syriens auront été éliminés : la Turquie et l'Égypte, autres voisins d'Israël !

La parution de l'article du Times paraît suspecte et pourrait constituer un avertissement adressé aux partisans d'"Israel-First" par les services du renseignement, puisqu'il semble provenir de ce qu'on a autrefois appelé le Département de la Défense. Mais Israël semble avoir remporté cette manche et s'apprête à conclure un nouvel arrangement avec les services de sécurité nationale, du renseignement et de la défense des États-Unis. Eu égard à l'absolue barbarie d'Israël et à la volonté de ses soutiens à Washington de le laisser s'en tirer à bon compte après le génocide des Palestiniens, c'est un désastre pour les États-Unis, aux conséquences tout simplement cauchemardesques.

Philip Giraldi

Article original en anglais :  Congress Moves to Institutionalize US-Israeli Relationship, The Unz Review, le 7 juin 2026.

Traduit par  Spirit of Free Speech

VIDÉO :

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Philip M. Giraldi, Ph.D., est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative qui milite en faveur d'une politique étrangère américaine au Moyen-Orient davantage axée sur l'intérêt national.. Son site web est  councilforthenationalinterest.org, et son adresse électronique est  email protected

Il est associé du CRM (Centre de recherche sur la Mondialisation)

La source originale de cet article est  The Unz Review

Copyright ©  Philip Giraldi,  The Unz Review, 2026

Par  Philip Giraldi

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