
Par la rédaction de The Cradle, le 28 mai 2026
Les forces d'occupation ne parviennent toujours pas à s'implanter dans la ville stratégique de Zawtar al-Sharqiya, au sud du Liban, et échouent à contrer les frappes de drones FPV menées par le Hezbollah.
Suivi de "Beaufort sous les bombes israéliennes : le patrimoine médiéval du Sud-Liban en sursis"
Les combattants du Hezbollah continuent de repousser les tentatives israéliennes d'étendre l'occupation et l'invasion terrestre dans le sud du Liban ce 28 mai, infligeant des pertes tant aux troupes d'occupation qu'aux positions militaires de l'autre côté de la frontière.
Le correspondant d'Al-Manar a rapporté que les troupes d'occupation israéliennes se heurtent à une "résistance farouche" à Zawtar al-Sharqiya, les empêchant de prendre le contrôle de cette ville stratégique surplombant le fleuve Litani.
"La résistance cible les positions ennemies israéliennes dans les quartiers sud et sud-est de Zawtar al-Sharqiya, ainsi que les points de rassemblement dans la zone du lit du fleuve et la ville d'Al-Qusayr. La résistance utilise des roquettes lourdes et perfectionnées pour cibler les forces ennemies", a-t-il précisé.
Des dizaines de frappes aériennes sur la ville ont également empêché les troupes d'occupation de progresser davantage et d'établir des positions au sud de la ville.
La résistance libanaise engage le combat sur plusieurs fronts, intensifiant progressivement les frappes de drones FPV contre les forces d'occupation et leurs bases le long de la frontière, y compris dans des zones plus reculées comme Shomera, Manara, Margaliot et Misgav Am.
Les médias israéliens ont fait état de sirènes continues en Galilée tout au long de la journée de jeudi, comme ces derniers jours. Les attaques à la roquette et à l'artillerie du Hezbollah contre les forces d'occupation persistent également.
"Les combattants de la Résistance islamique ont pris pour cible à 14 h 40 ce jeudi 28 mai 2026, et pour la deuxième fois, un rassemblement de véhicules et de soldats de l'armée ennemie israélienne dans la ville d'Al-Bayyada à l'aide d'obus d'artillerie", a déclaré le Hezbollah jeudi après-midi.
Le Hezbollah a publié une déclaration vidéo le 28 mai, avertissant :
"Que toutes les mères israéliennes sachent que le sort de leurs fils est entre les mains de leurs politiciens corrompus".
Israël a jusqu'à présent reconnu la mort de 24 soldats tués par le Hezbollah depuis le 2 mars 2026.
Les opérations de la résistance correspondent à une expansion meurtrière des opérations terrestres israéliennes, des bombardements et des déplacements forcés dans le sud du Liban. Plus d'une douzaine de civils ont été tués jeudi.
Israël a procédé jeudi à sa première frappe sur Beyrouth depuis des semaines, signe d'une nouvelle escalade. L'attaque a touché un bâtiment dans le quartier de Choueifat, en banlieue sud de Beyrouth.
Une mère et son bébé ont été tués dans l'attaque.
"L'objectif de la frappe israélienne dans la région de Beyrouth il y a peu est Ali al-Husni, le chef de la force de missiles de la division Imam Hossein, une milice iranienne qui opère aux côtés du Hezbollah",
a affirmé le correspondant militaire du Times of Israel.
Selon des informations en hébreu, cette nouvelle frappe sur Beyrouth a été validée par Washington. Les États-Unis auraient autorisé Israël à mener uniquement des raids aériens "ciblés" sur la capitale. La dernière frappe sur la banlieue de Beyrouth remonte à début mai.
Traduit par Spirit of Free Speech
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(Crédit photo © AFP)
Beaufort sous les bombes israéliennes : le patrimoine médiéval du Sud-Liban en sursis
Par RT France, le 29 mai 2026
Le château de Beaufort, site médiéval protégé par l'Unesco, a été touché par des frappes israéliennes dans le sud du Liban. Aucun bilan précis des dégâts n'est encore disponible, l'accès au site restant impossible en raison du conflit. Ce nouvel épisode ravive les inquiétudes sur la préservation du patrimoine historique libanais en zone de guerre. Les abords du château de Beaufort, forteresse médiévale connue localement sous le nom de Qalaat al-Chaqif, ont été touchés par de lourdes frappes israéliennes. Une vidéo diffusée par le collectif Green Southerners et relayée par le ministre de la Culture Ghassan Salamé sur le réseau X montre un vaste panache de fumée s'élevant au-dessus du site, sans qu'un bilan précis des dégâts ne puisse être établi pour l'instant.
Le site, inscrit sur la liste des biens culturels bénéficiant d'une protection renforcée par l'Unesco, reste difficile d'accès en raison des opérations militaires en cours. La Direction générale des Antiquités (DGA) ne peut actuellement s'y rendre, la dangerosité des routes empêchant toute inspection sur le terrain, selon l'architecte et conseiller du ministre de la Culture Jad Tabet. L'Unesco suivrait toutefois l'évolution de la situation à distance grâce à l'observation satellite des sites patrimoniaux du sud du Liban.
Un patrimoine en sursis
Dans une région déjà fortement éprouvée par le conflit, la question de la préservation du patrimoine historique devient cruciale. Le sud du Liban abrite plusieurs forteresses médiévales majeures, dont Beaufort, Qalaat Tibnin, Qalaat Chakra, Qalaat Deir Kifa et Qalaat Chamaa, aujourd'hui largement endommagée. Ces sites constituent, selon l'Unesco, des témoignages rares des échanges architecturaux au Moyen-Orient durant la période médiévale et ont connu près de neuf siècles d'histoire militaire et culturelle.
Parmi ces forteresses, Beaufort occupe une place centrale. Édifiée vers 1137, elle a été successivement remaniée par les Ayyoubides, les Mamelouks et des seigneurs locaux. Perchée à 710 mètres d'altitude, elle domine un vaste territoire stratégique allant jusqu'au nord d'Israël. Sa position en a fait un point disputé depuis les croisades jusqu'aux conflits contemporains, notamment lors des bombardements de 1982 et de son occupation jusqu'en 2000 par l'armée israélienne.
Depuis sa libération, un important projet de restauration mené entre 2002 et 2015 par la DGA et le Conseil du développement et de la reconstruction a tenté de préserver son intégrité, avec un financement renforcé par le Fonds de développement du Koweït. Aujourd'hui, ces efforts apparaissent fragilisés par la reprise des violences dans la région.