Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi a qualifié la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre Téhéran d'"illégitime" et a lancé un appel à un cessez-le-feu total, soulignant l'urgence d'apaiser les tensions régionales.
Lors d'une rencontre mercredi 6 mai avec son homologue iranien, Abbas Araghchi à Pékin, le chef de la diplomatie chinoise a insisté sur la nécessité d'"instaurer un cessez-le-feu total en Asie de l'Ouest".
"Nous sommes prêts à poursuivre nos efforts pour apaiser les tensions. Un cessez-le-feu total est nécessaire et inévitable", a-t-il déclaré.
Wang Yi a également critiqué les agressions militaires américaines et israéliennes contre l'Iran, estimant que "la région traverse une période charnière et que des rencontres directes entre les parties sont essentielles".
Pour sa part, Abbas Araghchi a remercié Pékin pour son soutien à l'Iran et sa condamnation de Washington et de Tel-Aviv, décrivant la Chine comme un "ami sincère de Téhéran", avec lequel la RII poursuivrait sa coopération plus étroite et élargie que jamais.
Le ministre iranien a qualifié la guerre en cours d'"agression manifeste et de violation flagrante du droit international", réitérant la détermination de l'Iran à défendre ses droits et intérêts légitimes dans les négociations, sans accepter rien de moins qu'un "accord juste et global".
Arrivé à Pékin mercredi matin à la tête d'une délégation, M. Araghchi a été reçu par plusieurs responsables chinois ainsi que par l'ambassadeur d'Iran en Chine, Abdolreza Rahmani Fazli.
Cette visite fait suite à au moins trois échanges téléphoniques entre les deux ministres depuis le début, le 28 février, de la guerre terroriste lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran. Au cours de leur dernier appel, le 15 avril, M. Araghchi a salué la position responsable de la Chine et de la Russie, qui s'étaient opposées à une résolution américaine du Conseil de sécurité, empêchant une autre escalade.
Wang Yi a loué la résistance du peuple iranien durant la récente guerre et confirmé la volonté de Pékin de soutenir les efforts diplomatiques en vue de mettre fin à la guerre.
Les analystes notent que cette visite, qui intervient quelques jours seulement avant le sommet prévu à Pékin entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, est stratégiquement programmée.
"Téhéran et Pékin alignent leurs intérêts avant le sommet entre Trump et Xi Jinping", a déclaré Amir Handjani, membre du conseil d'administration du Quincy Institute for Responsible Statecraft.
Les tensions sino-américaines se sont accrues à l'approche de cette rencontre. Dans un acte de défiance sans précédent, la Chine a activé la semaine dernière une "règle de blocage" pour protéger ses raffineurs achetant du pétrole iranien, leur ordonnant de ne pas se conformer aux sanctions américaines.
Par ailleurs, le mois dernier, Pékin s'était joint à Moscou pour apposer son veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, soutenue par les États-Unis, visant l'Iran.
