05/05/2026 linvestigateurafricain.tg  3min #312985

Le Mali à l'heure de la concentration des pouvoirs : Assimi Goïta prend les rênes de la Défense

Komla YAWO

Le Mali vit une séquence politique et militaire d'une intensité rare, marquée par une décision qui redéfinit l'équilibre du pouvoir à Bamako. Le  Général d'armée Assimi Goïta a officiellement pris la direction du ministère de la Défense et des Anciens Combattants, un portefeuille qu'il cumule désormais avec ses fonctions de chef de l'État. Ce basculement intervient dans un climat de deuil national et de choc sécuritaire, suite à la disparition tragique de son fidèle allié, le général Sadio Camara, tombé lors des récentes attaques coordonnées ayant visé les centres névralgiques du pays.

Un verrouillage stratégique face au spectre de la déstabilisation interne

L'enjeu de cette décision dépasse la simple gestion administrative ; il s'agit d'une manœuvre de survie institutionnelle. En s'installant au cœur même de l'appareil militaire, Assimi Goïta cherche à couper court à toute velléité de flottement au sein de la grande muette. Dans un contexte où les rumeurs de complicités internes alimentent les débats après l'audace des dernières offensives terroristes, le chef de la Transition fait le choix du contrôle direct. Ce cumul de fonctions suggère une volonté farouche de verrouiller la chaîne de commandement pour éviter l'émergence de pôles de pouvoir concurrents ou de dissidences au sein d'une armée soumise à une pression extrême sur plusieurs fronts.

Pour faire face à l'urgence,  le palais de Koulouba mise sur une réorganisation technique rigoureuse. Si le président garde la haute main sur les orientations de défense, il s'appuie sur la nomination de délégués techniques expérimentés pour assurer la gestion quotidienne des opérations. Cette architecture vise à raccourcir les délais de décision entre le renseignement et l'action sur le terrain. L'objectif immédiat est clair : briser l'encerclement des groupes armés, sécuriser les axes logistiques vitaux et restaurer la confiance d'une population qui observe avec inquiétude l'évolution de la menace aux portes de la capitale.

Souveraineté et survie : le pari risqué d'un commandement unifié

Cette centralisation du pouvoir témoigne également d'une solitude stratégique assumée. Assimi Goïta semble désormais convaincu que le salut de la transition repose sur une unité de commandement absolue, sans intermédiaire politique. En se projetant lui-même en première ligne, il lie son destin personnel à la réussite de la riposte militaire attendue. Le Mali entre ainsi dans une phase de commandement de combat où la gestion de l'État se confond avec la stratégie de guerre, un pari audacieux dont l'issue dépendra de la capacité des FAMa à reprendre l'initiative face à une nébuleuse terroriste de plus en plus mobile et coordonnée.

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