29/04/2026 legrandsoir.info  44min #312367

Entre menaces et mauvais signes, la Révolution cubaine poursuit sa route

Jacques-François BONALDI

ENTRE MENACES ET MAUVAIS SIGNES, CUBA POURSUIT SA ROUTE

La quinzaine dernière a été marquée à Cuba par une série de faits et d'évènements, tous plus symboliques et emblématiques les uns que les autres. Et tous centrés, ou presque, autour du soixante-cinquième anniversaire de l'invasion de la baie des Cochons (comme on dit à l'étranger) et de la victoire-éclair de Playa Girón (comme on dit ici, ou encore plus simplement : Girón). À savoir 15-19 avril 1961.

L' "encerclement énergétique"

Tout d'abord, depuis le dimanche 19, le début de la distribution dans tout le pays des différents produits raffinés à Cienfuegos à partir des cent mille tonnes de pétrole que le pétrolier russe Anatoly Kolodkin a apportées à Cuba, la première livraison depuis décembre 2025, sous forme de donation à titre humanitaire, ce qui a permis aux deux semi-alliés et adversaires, la Russie et les Etats-Unis, de tirer honorablement leur épingle du jeu, chacun pouvant revendiquer une sorte de victoire : la première, avoir forcé l' "encerclement énergétique" imposé le 29 janvier par Washington (tout pays vendant du pétrole à Cuba sera frappé de sanctions tarifaires) ; les seconds, s'être montrés bon seigneur et avoir laissé passer le pétrolier sans l'arraisonner puisqu'il s'agissait d'une "aide humanitaire", et non de "commerce". Chacun évitant donc brouille et embrouilles bilatérales.

En tout cas, cette semaine a commencé sous de meilleurs auspices, le pays retrouve un semblant de vie, les coupures de courant, du moins à La Havane, ont quasiment cessé, les chiffres concernant les déficits d'électricité aux heures pics se sont sensiblement réduits, l'activité économique peut reprendre à meilleur rythme, le transport s'améliore. Bref, "la vie est belle", pourrait-on presque dire, sauf que cette éclaircie sera momentanée s'il n'arrive pas une nouvelle livraison de pétrole. Et là, on est dans le doute. La Russie prépare censément un nouvel envoi, mais rien n'est encore confirmé, tandis que d'autres pays amis, tels le Mexique et le Brésil, qui protestent haut et fort contre ce "blocus énergétique", contre cette piraterie maritime, contre cette violation de la libre-navigation et du droit international, contre cette loi du plus fort et la jungle, se gardent bien, toutefois, de l'enfreindre...

Le soixante-cinquième anniversaire de Playa Girón

Mais, je l'ai dit, Playa Girón a été rappelé ici, en grand. Et l'on comprend pourquoi : face aux menaces, aux bruits de botte très audibles en provenance de Washington et de Miami, la Révolution cubaine a saisi l'occasion de cette "première défaite de l'impérialisme" sur le continent américain et de cette victoire du peuple cubain mobilisé pour défendre, non plus seulement la patrie, mais aussi la "Révolution socialiste" proclamée sous ce caractère le 16 avril, pour fixer à nouveau ses positions "historiques" sur les plans politique et idéologique. Tout d'abord, le Gouvernement révolutionnaire (comme il se présente lui-même dans les communiqués officiels) a, le 17 avril, date du débarquement des mercenaires, publié une

Déclaration du Gouvernement révolutionnaire de la République de Cuba

PLAYA GIRÓN, C'EST AUJOURD'HUI ET C'EST À JAMAIS !

Cuba vit sous le harcèlement permanent du gouvernement des Etats-Unis qui, ces derniers mois, a haussé le ton de ses menaces. À l'encerclement énergétique brutal qui aggrave la politique de blocus génocidaire mis en place depuis plus de soixante ans, s'ajoutent maintenant les déclarations de représentants de l'élite gouvernementale étasunienne au sujet de visées d'agression militaire.

Le coût matériel et humain de ce blocus devrait constituer une honte pour le gouvernement du plus grand empire de tous les temps. Il s'agit d'un acte illégal, inhumain, violateur du droit international, condamné chaque année par la quasi-totalité des pays membres de l'Organisation des Nations Unies et rejeté, selon ce que confirment de récents sondages, par la majorité des fils de la patrie de Lincoln.

Face à ce châtiment collectif, le peuple cubain offre les exemples de résistance les plus nobles et les plus admirables. Depuis que la Maison-Blanche a décidé d'asphyxier notre pays par son décret exécutif du 29 janvier dernier, notre peuple a répondu d'une façon encore plus stoïque pour trouver des solutions aux problèmes de pénuries dans chaque tâche ou activité économique.

D'autant que, face à ces urgences, l'appareil médiatique en place échafaude une série de calomnies qui visent à discréditer Cuba et son gouvernement, nous fait une guerre impitoyable, bourrée d'exagérations, de fourberies et de disqualifications, sans jamais signaler le véritable coupable de la situation créée à Cuba et accusant le Gouvernement révolutionnaire de la crise que nos agresseurs provoquent d'une manière froide et calculée. Par ailleurs, la Maison-Blanche recourt à des prétextes aussi mensongers que celui de taxer notre pays de menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale des Etats-Unis ou de nous inscrire sur sa liste des États commanditaires de terrorisme.

Le bourreau étale là toute son hypocrisie : en fait, ses visées apparaissent dans le mémorandum où le sous-secrétaire d'État, Lester Mallory, à une date aussi reculée dans l'histoire de notre Révolution que le 6 avril 1960, exprimait on ne peut plus clairement le sens véritable de cette politique criminelle : "mettre en pratique au plus vite tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique de Cuba (...) une ligne d'action qui, tout en étant aussi adroite et discrète que possible, fasse les plus grands dégâts en refusant à Cuba de l'argent et des approvisionnements afin de réduire les salaires nominaux et réels, de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement."

Ce harcèlement s'est étendu aussi aux relations bilatérales de Cuba avec d'autres pays. Les Etats-Unis exercent des pressions continues sur des gouvernements de notre région, non seulement pour qu'ils rompent leurs relations diplomatiques avec nous, mais aussi pour priver les peuples de ces pays des services que les brigades médicales cubaines y maintiennent depuis des années, apportant un peu d'espoir aux plus démunis.

Nous isoler fait aussi partie de cette stratégie. Il existe heureusement dans le monde des monuments de dignité, des peuples et des gouvernements qui ne plient pas, comme le prouvent les exemples du Mexique, de la Russie, de la Chine, du Vietnam et d'autres pays frères. Ou les membres du convoi Notre Amérique qui, faisant front aux menaces, aux pressions et aux risques, ont décidé en un geste symbolique de nous apporter, au-delà d'une aide matérielle, leur appui, réaffirmant ainsi la maxime de José Martí : "Quiconque se lève aujourd'hui avec Cuba se lève pour tous les temps".

Héritiers d'un legs historique, sentant couler dans nos veines le sang des mambis et de l'Armée rebelle, honorant l'exemple et le courage des héros et martyrs de la Patrie, tels les trente-deux courageux combattants tombés au Venezuela et les jeunes qui ont déjoué une infiltration terroriste à Villa Clara, nous réaffirmons aujourd'hui que Cuba ne sera jamais un trophée, ni une étoile de plus dans la constellation étasunienne.

Nous sommes une nation qui possède une grande histoire et des convictions à défendre ; nous sommes une nation d'hommes et de femmes pacifiques et solidaires ; nous sommes un peuple qui honore Cuba par son œuvre quotidienne, et qui, tout comme sur les sables de Playa Girón voilà maintenant soixante-cinq ans, au cri de "La Patrie ou la mort !", remportera la victoire en défendant sa souveraineté et le socialisme.

En l'année du centenaire de Commandant en chef Fidel Castro Ruz, architecte de la première grande défaite de l'impérialisme yankee dans les Amériques, forts du privilège de savoir que le général d'armée Raúl Castro Ruz a toujours le pied à l'étrier, nous ratifions la convocation à une mobilisation nationale et internationale qu'a lancée hier Miguel Díaz-Canel Bermúdez, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, et réaffirmons ses propos :

"Tant qu'il restera une femme ou un homme disposé à donner sa vie pour la Révolution, nous vaincrons !"
"Le caractère socialiste de notre Révolution n'est pas une phrase du passé : c'est le bouclier du présent et la garantie du futur !"
"Playa Girón, c'est aujourd'hui et c'est à jamais !"

 cubadebate.cu

Et pour bien rappeler que Playa Girón n'est pas qu'un brillant épisode du passé, ou qu'un simple titre de gloire pour le peuple cubain, la population a été invitée, à compter du dimanche 19 avril, à signer cette Déclaration pour la revendiquer et l'entériner symboliquement, les premières signatures ayant été apposées - tout aussi symboliquement - par les autorités gouvernementales et partisanes dans le cadre d'une cérémonie organisée sur les sables même de la plage Girón. Depuis, la population signe, soit par centre de travail, soit par circonscription, etc., dans le cadre de ce qui s'appelle "Ma signature pour la patrie".

La veille de cette Déclaration, une grande mobilisation populaire a été organisée à l'endroit même où Fidel, dans le cadre de la cérémonie funèbre en hommage aux victimes des bombardements du 15 sur trois endroits du pays, a prononcé un discours dans lequel il a qualifié pour la première fois la "Révolution des petites gens, avec les petites gens, par les petites gens" de "socialiste" : au carrefour des 23e et 12e rue, dans le quartier du Vedado, à La Havane, à deux pas du cimetière Colón. Miguel Díaz-Canel s'est adressée à la population pour réaffirmer solennellement des positions bien connues, mais qu'il n'était pas oiseux de rappeler aux oreilles de ceux qui semblent les avoir particulièrement bouchées. Je l'ai posté sur LGS le 18 avril : "Cuba est un Etat qui résiste, un Etat qui crée et, n'en doutez-pas, un Etat qui vaincra".  legrandsoir.info

Cinquième Colloque international Patria

Un événement d'un autre genre, mais allant dans le même sens, s'est déroulé du 16 au 18 avril à La Havane : le Cinquième Colloque international Patria, comme espace de réflexion sur les enjeux de la communication numérique contemporaine. Démarré petitement, ce colloque s'est graduellement consolidé au point de réunir cette fois-ci plus de 150 invités étrangers de 25 pays et 3 000 participants cubains, dans ce cas en présentiel et virtuel. Miguel Díaz-Canel et d'autres autorités ont assisté à son inauguration et à sa clôture. Il s'est déroulé sous forme de panels, de tables rondes et d'ateliers sur différents thèmes : la manipulation médiatique,.... Avec un message audiovisuel de Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, et un autre du président du réseau Al-Mayadeen, Ghassan Ben Jeddou. Le Colloque Patria, qui dispose depuis maintenant d'un siège permanent dans le quartier du Vedado à La Havane, et qui constitue un hommage au journal Patria, fondé en mars 1892 par José Martí comme organe du Parti révolutionnaire cubain, dont il a repris jusqu'au logotype dans sa graphie, prétend être un espace d'articulation de stratégies communicationnelles plus justes, souveraines et plurielles à partir du Sud global, face à l'hégémonie des gigantesques plateformes numériques presque toutes aux mains des Etats-Unis. Le Colloque a finalement adopté une

Déclaration finale du Cinquième Colloque international Patria :

"Nous, les participants au Cinquième Colloque international Patria, qui s'est tenu du 16 au 18 avril 2026 à La Havane, Cuba, à savoir 154 invités étrangers et plus de 3 000 participants cubains, dans le cadre du centenaire de Fidel Castro et du soixante-cinquième anniversaire de l'invasion de la Baie des Cochons, nous réaffirmons le caractère profondément politique, historique et stratégique de cette rencontre, qui rend hommage à la première grande défaite de l'impérialisme en Amérique et à la validité des idées de libération de la Révolution cubaine.

Dans ce contexte, nous déclarons que la communication numérique s'est consolidée comme l'un des principaux terrains de dispute politique, culturelle, technologique et géopolitique dans le monde contemporain, les enjeux en étant non seulement des narratifs, mais aussi des rapports de pouvoir, des modèles de société et des projets civilisationnels.

Nous dénonçons la concentration croissante du pouvoir informationnel et technologique dans un petit nombre de sociétés transnationales qui contrôlent des infrastructures vitales, des flux de données, des systèmes publicitaires, des services cloud, les chaînes de valeur des semi-conducteurs, des plateformes numériques, des algorithmes de
Nous alertons sur le fait que cette concentration menace la souveraineté des peuples, affaiblit la diversité culturelle, érode le pluralisme de l'information et favorise de nouvelles formes de subordination économique, cognitive et politique, configurant une architecture de domination qui dépasse les frontières nationales.

Nous exprimons notre profonde inquiétude face à l'avancée de la désinformation industrialisée, des discours de haine, des opérations d'influence et de la manipulation algorithmique comme instruments systématiques de déstabilisation, d'ingérence extérieure et de fragmentation sociale, qui minent directement la cohésion de nos sociétés.

Nous condamnons l'utilisation des technologies numériques, de l'intelligence artificielle, des systèmes de surveillance automatisés et des architectures algorithmiques dans le développement d'agressions militaires, d'occupations, de blocus et de campagnes de guerre psychologique, notamment dans des conflits tels que ceux qui frappent la Palestine, le Liban et l'Iran, où les opérations militaires sont combinées à des stratégies de domination de l'information.

Nous revendiquons le droit inaliénable des peuples à construire leur souveraineté technologique, à développer leurs propres capacités de communication, à promouvoir des écosystèmes numériques démocratiques et à établir des cadres réglementaires axés sur l'intérêt public, la justice sociale et la protection des droits collectifs.

Nous sommes convenus de renforcer le Colloque Patria comme plateforme permanente d'articulation entre journalistes, médias, militants, mouvements sociaux, chercheurs, développeurs technologiques et responsables publics du Sud global, dans le but de coordonner les efforts et de partager les capacités.

Nous nous engageons à promouvoir un réseau de coopération internationale visant à la formation, à la recherche appliquée, à la production coordonnée de contenus et à la capacité de répondre rapidement aux campagnes de manipulation, de désinformation et de haine, car nous comprenons que la bataille communicationnelle a besoin d'une organisation, d'une intelligence collective et d'une action soutenue.

Nous soutenons le développement de technologies et d'intelligences artificielles ouvertes, auditables, transparentes, multilingues et culturellement situées, visant à l'éducation, à la santé, à la science, à la culture, à la gestion publique et à la communication émancipatrice au service des peuples.

Nous appelons les organisations internationales, les réseaux universitaires, les mouvements populaires et les États attachés à la paix à construire un ordre du jour commun pour un nouvel ordre international de l'information et de la communication, dont l'axe soit la vérité, la justice, la dignité humaine et l'autodétermination des peuples.

Nous condamnons fermement et catégoriquement la politique d'agression soutenue des États-Unis contre Cuba, exprimée par le renforcement du blocus économique, commercial et financier, ainsi que par la mise en place d'un encerclement énergétique visant à étouffer le développement du pays et à dégrader directement la vie quotidienne de son peuple.

Nous dénonçons ces actions comme violant le droit international ainsi que les principes de souveraineté et d'autodétermination, tout en mettant en garde contre leur nature extraterritoriale et coercitive, visant à entraver l'accès aux carburants, aux technologies et aux marchés.

Face à cette politique de pression, nous réaffirmons le droit légitime du peuple cubain de défendre son projet social, exigeons la levée immédiate de toutes les mesures coercitives unilatérales et appelons la communauté internationale à rejeter toute forme de guerre économique qui utilise l'énergie et la communication comme instruments de punition"

La Havane (Cuba), 18 avril 2026

Les "conversations" avec les Etats-Unis

La semaine dernière s'est ouverte par la reconnaissance officielle par le gouvernement cubain qu'il y a eu des conversations préliminaires entre Cuba et les Etats-Unis. En effet, lundi 20 avril, le journal Granma a publié des déclarations "soutirées" à Alejandro García del Toro, sous-directeur général chargé des Etats-Unis au ministère cubain des Relations internationales, l'organe officiel du Comité central du Parti communiste de Cuba l'ayant interrogé au sujet d'informations données par la presse étrangère sur des "réunions entre fonctionnaires étasuniens et cubains à La Havane".

Le premier média étasunien à avoir donné le scoop le vendredi 17 avril est Axios, spécialiste de courtes informations destinées avant tout aux réseaux sociaux, dont Facebook, et où il ne faut pas donc aller chercher des études approfondies des thèmes qu'il aborde : "Des fonctionnaires du département d'État étasunien ont rencontré à La Havane des apparatchiks cubains - dont le petit-fils de l'homme fort âgé, Raúl Castro - pour pousser à des libertés démocratiques et économiques et ont averti des risques de ne pas tenir compte de leurs conseils, a appris Axios. / La délégation étasunienne a aussi offert de restaurer les services Internet en installant des services satellitaires Starlink. / Quelle est la question ? La réunion de vendredi dernier marque aussi un jalon diplomatique parce que c'est la première fois qu'avion gouvernemental étasunien a atterri depuis que le président Obama l'a visité voilà une décennie dans un effort de rapprochement."  axios.com

Que reconnaît de son côté Cuba, dans le cadre, non d'une déclaration officielle, mais, le mot d'ordre restant avant tout "pas d'esbrouffe", d'une réponse d'un haut fonctionnaire au journal Granma ?

"C'est une question sensible sur laquelle, comme nous l'avons dit, nous faisons preuve de discrétion. Mais je peux confirmer qu'une rencontre a eu lieu récemment, ici à Cuba, entre des délégations de Cuba et des Etats-Unis. Des secrétaires adjoints du département d'État y ont participé pour la partie étasunienne, et, pour la partie cubaine, un vice-ministre des Relations extérieures.

"Dans le cadre de cette réunion, aucune des parties n'a établi de délais ou pris des positions comminatoires, comme l'ont dit des médias étasuniens. Tout l'échange s'est déroulé de façon respectueuse et professionnelle.

"Pour notre délégation, la levée de l'encerclement énergétique dont est victime notre pays a été une question de priorité maximale. Cette action de coercition économique constitue une punition injustifiée envers toute la population cubaine. Elle représente aussi un chantage à échelle globale contre des États souverains qui ont le droit d'exporter des carburants à Cuba conformément aux normes qui régissent le libre-commerce."
 cubadebate.cu

Voilà, on n'en saura pas plus, et c'est une bien maigre pitance. Mais c'est du moins un langage sinon officiel, du moins officieux. En revanche, du côté étasunien, on ne sait vers qui se tourner. Aucune annonce émanant de la Maison-Blanche ou du département d'État ne vient confirmer ou infirmer les nombreuses "révélations" que produisent les médias des Etats-Unis, chacun apportant sa version et ses "trouvailles". Car, la première chose qui frappe, c'est que les révélations fournies aux journalistes sous couvert d'anonymat par des fonctionnaires gouvernementaux s'écartent largement, dans leur ton et leur contenu de ceux de la déclaration cubaine ou la contredisent carrément.  expansion.mx

Ainsi, dans un article du samedi 18 avril intitulé "Funcionarios de EE. UU. viajaron a La Habana para discutir reformas en Cuba" (dans sa version espagnole, la seule en accès libre ; la version anglaise ne l'étant qu'aux abonnés ;  nytimes.com), The New York Times fait, dès ce titre même, un récit assez déroutant de cette rencontre (ou de ces rencontres ?) et de son environnement. Voyons donc d'un peu plus près.

Les fonctionnaires étasuniens ont fait savoir à leurs homologues cubains que leurs dirigeants disposaient d'un bref laps de temps pour entreprendre les changements économiques et politiques qu'exige l'administration Trump, laquelle a envoyé une délégation de haut niveau à Cuba pour discuter d'un accord permettant d'aborder la crise humanitaire dans l'île, ce qui marque un nouvel effort diplomatique, alors pourtant que Trump augmente les pressions sur La Havane. Le journal new-yorkais fait savoir à son lecteur que ses sources sont un fonctionnaire étasunien de haut niveau et une autre personne familiarisée avec la question, qui a demandé à conserver l'anonymat en raison du caractère secret des conversations. Selon ce fonctionnaire de haut niveau, les envoyés étasuniens ont averti le gouvernement cubain qu'il bénéficiait encore d'un petit avantage avant que la crise humanitaire ne s'aggrave dans l'île, dans la mesure où Cuba est en chute libre économique depuis que les Etats-Unis ont bloqué en janvier les envois de pétrole depuis le Venezuela et le Mexique. Après avoir rappelé que c'était la première fois en dix ans (visite de Barack Obama à La Havane en mars 2016) qu'un avion de l'administration étasunienne se posait à Cuba, The New York Times insiste que cet envoi est un signe de la volonté de Trump de chercher la soumission du gouvernement cubain plutôt qu'un changement de régime. Il rappelle que Trump a parlé, le vendredi 17, d' "une nouvelle aurore pour Cuba", et, quelque temps avant, "d'avoir l'honneur de prendre Cuba". Selon Karoline Leavitt, secrétaire de presse de la Maison-Blanche, s'adressant la semaine dernière aux journalistes, la délégation étasunienne à La Havane a insisté sur le fait que Trump était ouvert à une solution diplomatique de la crise, mais qu'il ne tolérerait pas de résistance à ses exigences. Selon deux autres fonctionnaires étasuniens, l'administration n'envisage aucune opération spécifique imminente contre Cuba. La délégation étasunienne envoyée à La Havane a aussi proposé d'apporter l'internet par satellite Starlink et de garantir une connectivité gratuite. Selon le (mais lequel ?) fonctionnaire du département d'État, elle a aussi exhorté le régime cubain à faire des changements économiques pour attirer le capital étranger, faire croître le secteur privé et engager une transition à une économie de marché, ces changements économiques devant inclure des manières de compenser les citoyens et les entreprises des Etats-Unis dont les biens et les propriétés ont été confisqués dans les années 60. Toujours selon ce fonctionnaire, Cuba devrait aussi libérer les prisonniers politiques et permettre plus de liberté politique. Au début du mois, le gouvernement cubain a annoncé la grâce de plus de deux mille prisonniers, bien qu'on ignore combien d'entre eux ont été incarcérés pour leurs idées politiques. Toujours selon ce même informateur, la réunion à La Havane s'est doublée d'une rencontre à part entre un haut fonctionnaire du département d'État et Raúl Guillermo Rodríguez Castro, petit-fils de Raúl Castro et fils de Deborah Castro Espín, qui a parlé avec des fonctionnaires de l'administration Trump - ce qui laisse entendre qu'il l'a déjà fait auparavant - pour négocier une transition politique et économique de l'île. Le 10 avril, finalement, la délégation étasunienne a aussi fait connaître son inquiétude pour les groupes de renseignement et les groupes militaires étrangers qui opèrent à Cuba avec la permission du gouvernement, bien que la Russie, la Chine et Cuba elle-même aient nié qu'il y ait des bases d'espionnage étrangères sur l'île. Selon le journal new-yorkais, les exigences de la délégation étasunienne ne représenteraient pas le changement de régime auquel incitent plusieurs législateurs cubano-américains et de nombreux Cubains dans l'île et au dehors. Elles ne correspondraient pas non plus aux conditions légales nécessaires à la levée de l'embargo commercial prolongé des Etats-Unis, telles que la légalisation des partis d'opposition, l'établissement d'un pouvoir judiciaire indépendant et la tenue d'élections libres. Jeudi 16, Michael Kozak, un fonctionnaire du département d'État chargé de superviser la diplomatie dans le continent américain, a refusé d'identifier durant une audience au Congrès qui dans l'administration, en plus de Trump et de Mario Rubio, était en train de négocier avec Cuba et quels étaient les interlocuteurs cubains : "Nous sommes en contact avec le régime" pour le pousser à se soumettre aux "réformes draconiennes qu'il doit adopter". Il a ajouté que l'administration cherchait des changements économiques, sociaux et politiques à Cuba, dont des élections libres. "Les objectifs sont très clairs. Reste à voir ce qu'il adviendra."

Si j'ai tenu à reproduire en sa quasi-totalité ce long article du New York Times, c'est que celui-ci reste encore le symbole d'un certain sérieux journalistique (les auteurs en sont Emiliano Rodríguez Mega, chercheur reporter du Times à Mexico, et Zolan Kanno-Youngs, correspondant de la Maison-Blanche pour le Times, qui couvre le président Trump et son administration ; aidés de trois autres journalistes) et qu'il offre une vision assez complète des conditions dans lesquelles doivent "négocier" les fonctionnaires cubains. Tout est, on le voit, injonctions, sommations, menaces, exigences, etc. C'est, en quelque sorte, à prendre ou à laisser !

Bien entendu, le "sérieux" du New York Times n'est pas synonyme pour autant de grande compréhension de l'adversaire. On aura beau chercher dans les médias étasuniens et, à plus forte raison, dans les tweets de Trump, on ne trouvera jamais la moindre saisie intellectuelle des motivations vitales profondes du peuple cubain et de la Révolution. C'est là quelque chose qui devrait tomber sous le sens pour mener des conversations, mais qui échappe absolument tant aux médias qu'aux hauts fonctionnaires ! De sorte qu'ils commettent bévue sur bévue dans leur approche du "fait" cubain.

Je n'en veux pour preuve que l'article quasi bouffonesque que le New York Times consacre, le 28 mars 2026, à la "famille" Castro : "Los herederos de Castro emergen en medio de la crisis en Cuba", présenté sous le chapeau suivant : "Tandis que les fonctionnaires de Trump exigent des changements, la famille Castro reparaît sur la scène politique de Cuba. Certains se demandent même : l'un d'eux pourrait-il être la "Delcy de Cuba" ?" On a l'impression de lire un article de revue bon marché sur les Sforza ou les Borgia. Le terme "dynastie" apparaît d'ailleurs à plusieurs reprises. No comment.
( nytimes.com)

Une approche "familiale" que l'on voit d'ailleurs reparaître dans un article plus récent du 12 avril 2026 qui commente l'interview donnée par Díaz-Canel à NBCNews pour le programme Meet the Press (que j'ai postée complète sur LGS) : "Trump, enhardi par son succès au Venezuela, pourrait avoir espéré un résultat semblable à Cuba. Mais on estime que le leadership communiste de l'île offre bien plus de cohésion que celui de Maduro. Tandis que Diaz-Canel présente en public un ton de défi, la famille Castro, qui a conservé le pouvoir à Cuba durant presque soixante-dix ans, a aussi cherché à réaffirmer son autorité. Des membres de la famille ont assumé des rôles clefs dans des négociations ou ont poussé à des réformes destinées à améliorer l'économie cubaine."
( nytimes.com)

Un autre très long article offre une idée de la difficulté que peuvent avoir les "négociateurs" cubains face à leurs homologues étasuniens, tant il traduit cette "incompréhension" dont j'ai parlé plus haut. Il vaut la peine d'y jeter un coup d'œil. Daté du 17 mars 2026, après que le gouvernement cubain a censément reconnu l'existence de négociations avec les Etats-Unis, ( nytimes.com) et intitulé : "El Gobierno de Trump le habría dicho a Cuba que debe cambiar de presidente", il offre les vues de quatre personnes censément familiarisées avec ces "négociations", un mot fort ambigu, car on peut déduire du cumul d'informations tombées à ce jour que la seule vraie "négociation" est celle qui a eu lieu le 10 avril à La Havane, tandis que tout ce qui a précédé n'a été de toute évidence que des "contacts" tout à fait préliminaires. Que nous disent donc ces quatre personnes "au courant" qui parlent, eux aussi, sous anonymat "afin de pouvoir discuter de questions diplomatiques délicates", le journal précisant que "le gouvernement cubain a refusé de faire des commentaires" ? ( nytimes.com ;  nytimes.com.

Le titre est clair et le chapeau aussi : "Les Etats-Unis ont dit à Cuba que, pour que des progrès significatifs aient lieu dans les négociations, le président Miguel Díaz-Canel doit démissionner, ont affirmé des personnes familiarisées avec les conversations." Lesquelles porteraient sur "l'avenir de l'île". "La mesure renverserait une figure clef, mais laisserait en place le gouvernement communiste répressif qui gouverne Cuba depuis plus de soixante-cinq ans. Les Étatsuniens ont indiqué aux négociateurs cubains que le mandataire doit partir, mais ils laissent les pas suivants aux mains des Cubains, selon ce qu'ont affirmé ces personnes. Pour le moment, les Etats-Unis n'exercent pas de pression pour que des mesures soient prises contre les membres de la famille Castro, qui restent les principaux agents du pouvoir du pays, selon ce qu'on affirmé deux de ces personnes. Ce qui est conforme au souhait général de Trump et de ses collaborateurs, en politique extérieure, de forcer le régime à s'exécuter plutôt que de le changer. De l'avis de certains fonctionnaires de l'administration Trump, la destitution du chef d'État cubain permettrait dans le pays des changements économiques structurels que Díaz-Canel, considéré par les fonctionnaires comme un partisan de la ligne dure, n'appuierait pas probablement, a affirmé l'une des personnes. Si les Cubains acceptent, cela produirait la première grande secousse politique découlant des conversations entre les deux pays depuis que les contacts ont débuté voilà quelques mois. La destitution du principal dirigeant cubain donnerait au président Trump une victoire symbolique qui lui permettrait de dire à l'opinion publique étasunienne qu'il a renversé le leader d'un gouvernement politique de gauche qui s'est opposé aux Etats-Unis depuis si longtemps, comme il l'a fait au Venezuela, selon l'un des personnes. La mesure, tout en prétendant prouver à la communauté cubaine en exil et à d'autres Étatsuniens que l'administration Trump cherche un changement aussi bien politique qu'économique, décevrait vraisemblablement de nombreux exilés cubains conservateurs aux Etats-Unis, qui souhaitent voir une transformation politique totale à Cuba. Les législateurs cubano-américains du Congrès et les politiques de la Floride pourraient aussi exiger que Trump engage d'autres actions. Les négociateurs étasuniens veulent aussi que Cuba accepte d'écarter du pouvoir certains fonctionnaires d'un âge avancé qui restent attachés aux idées de Fidel Castro, le père de la révolution communiste, selon ce qu'a affirmé la personne. Et les Étatsuniens exercent des pressions pour la libération des prisonniers politiques, un objectif politique que les Etats-Unis cherchent depuis très longtemps. Dans la perspective des fonctionnaires étasuniens, les conversations visent avant tout à ce que Cuba ouvre graduellement son économie aux hommes d'affaires et aux entreprises étasuniennes - posant les bases d'un État-client - tout en obtenant quelques victoires politiques symboliques qu'annoncerait Trump."

L'article insère ensuite une "biographie" de Díaz-Canel, où la situation cubaine est analysée à partir des mêmes approches et prismes que s'il s'agissait du monde politique étasunien, d'où une incompréhension absolue du sujet.

Puis il en revient aux affirmations desdites quatre "personnes". Le message de l'administration Trump : Díaz-Canel doit partir, n'a pas été adressé dans le cadre d'un ultimatum ; il a été présenté comme un pas positif qui fraierait la voie à des accords productifs, selon une des personnes. Les Cubains qui participent aux conversations avec les Etats-Unis sont d'accord que sa présidence a été problématique, mais ils doivent encore trouver une manière de faire le changement sans qu'il paraisse que Washington est en train de dire à La Havane ce qu'elle doit faire, a affirmé la personne. Les Etats-Unis ont affirmé qu'on ne parviendra à aucun accord tant qu'il restera au pouvoir, a dit la personne.

Raúl Guillermo Rodríguez Castro, petit-fils de Raúl Castro, a été l'un des principaux négociateurs avec les Etats-Unis, s'adressant directement au secrétaire d'Etat Marco Rubio, fils d'émigrants cubains, et il continuera probablement de diriger le gouvernement après le départ de Díaz-Canel, selon ce qu'a dit cette personne. Néanmoins, Rodríguez Castro, connu comme Raulito, exercerait le pouvoir en coulisses et une autre figure qui n'appartient pas à la famille Castro occuperait officiellement le poste. L'administration Trump prétend faire à Cuba ce qu'elle a fait au Venezuela - destituer son président - mais sans recourir cette fois-ci à la force militaire. Une attaque militaire est considérée improbable, ont dit deux des personnes. L'administration étasunienne a aussi suggéré que Cuba privatise son secteur pétrolier, mais les autorités cubaines rechignent à le faire, parce que cela octroierait probablement à Washington un pouvoir significatif sur les questions cubaines, selon ce qu'a dit une des personnes.

Le journal new-yorkais offre ensuite une opinion personnelle, celle de Robert Zúniga, fonctionnaire du Conseil de sécurité nationale sous l'administration Obama, qui a participé aux négociations secrètes ayant abouti en 2016 à la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. Selon celui-ci, se défaire de Díaz-Canel est quelque chose de plus symbolique qu'essentiel, mais cela offre une occasion parfaite pour que Washington et La Havane "rétablissent" leur relation. "Pour moi, ça a beaucoup de sens ; c'est ce que j'aurais fait. Le capitaine coule avec le navire, et ce navire est en train de couler". Díaz-Canel n'a jamais été quelqu'un de disposé à appliquer des politiques transformatrices, a dit Zúniga, et il a été mis justement à ce poste parce qu'il n'introduirait aucun changement draconien, ce qui facilite son sacrifice dans l'affrontement actuel avec les Etats-Unis.

Certains experts ont dit qu'il ne suffirait pas de destituer Díaz-Canel. Ainsi, selon une certaine Marlene Azor Hernández, ancienne sociologue de l'Université de La Havane, maintenant exilée au Mexique : "Il faut le déposer, lui, mais aussi tout le bureau politique du PCC. Et tous ceux qui dirigent le GAESA. Je crois qu'il a fait un mauvais travail. Mais c'est une figure complètement manipulée."

On ne sait pas clairement qui occuperait la place de Díaz-Canel, mais le gouvernement cubain semble être en train de présenter plusieurs candidats, donnant plus de visibilité publique à des fonctionnaires qui œuvrent d'ordinaire en coulisses. Oscar Pérez-Oliva Fraga, petit-neveu de Fidel et de Raúl Castro, qui a été nommé vice-premier ministre de Cuba à la fin de l'année dernière, a donné lundi une curieuse interview à une chaîne de nouvelles étasunienne dans laquelle il a parlé d'ouvrir le pays à l'investissement étranger.
( nytimes.com)

Dans un très long article du 18 avril, mis à jour le 20, USA Today offre de son côté une grande quantité de détails, certains inédits, sur ces contacts et conversations (Rick Jervis et Francesca Chambers, "Regime Change ? A military Takeover ? Trump's Thorny Cuba Options,  usatoday.com).

Après avoir imposé un embargo pétrolier à Cuba qui a poussé l'île au bord d'une crise humanitaire, l'administration Trump semblait prête à imposer sa volonté à Cuba. Mais alors que le président Donald Trump commence à regarder au-delà de l'Iran, ses options quant à la conduite de Cuba paraissent variées et épineuses - et toutes semées de mines politiques.

S'il lance une frappe militaire, les États-Unis pourraient se retrouver confrontés à une mission de construction nationale impopulaire. S'il conclue un accord avec La Havane, il risque une révolte des législateurs cubano-américains du parti Trump - qui s'offusquent à l'idée de négocier avec le régime qui a forcé leurs familles à l'exil.
Trump, lors d'un rassemblement à Phoenix le 17 avril, a déclaré, après avoir évoqué l'armée américaine et l'arrestation du président vénézuélien déchu Nicolás Maduro, que "très bientôt cette grande force" apporterait une "nouvelle aube pour Cuba, nous allons les aider avec Cuba." Invoquant la communauté d'exilés cubano-américains dans la région de Miami et la "brutalité" que leurs familles ont subie sur l'île, Trump a déclaré : "Maintenant, regardez ce qui se passe."

Mais la voie qu'il choisira pourrait laisser des répercussions durables à Cuba - et aux États-Unis. Voici quelques-unes des options sur Cuba qui ont été évoquées par l'administration Trump :

I. Un accord économique

Fin février, le président a déclaré avoir envoyé le secrétaire d'État Marco Rubio pour négocier avec des responsables cubains à un très haut niveau. C'est alors qu'il a déclaré que les États-Unis pourraient avoir une "prise de pouvoir amicale de Cuba".

Des sources au courant des plans de l'administration ont déclaré à USA TODAY début mars que Trump envisageait un accord axé sur l'économie avec Cuba. Les discussions concernaient le maintien de la famille Castro sur l'île ainsi que des accords sur les ports, l'énergie et le tourisme. L'administration étasunienne a également envisagé de lever certaines sanctions.

Signe que l'administration est toujours ouverte à un accord, une délégation senior du département d'État s'est rendue à Cuba le 10 avril pour des pourparlers diplomatiques. C'était la première fois qu'un avion du gouvernement américain atterrissait à Cuba depuis 2016.

La délégation a déclaré au gouvernement cubain qu'il disposait d'une petite fenêtre pour réaliser des réformes économiques et de gouvernance avant que les conditions ne se détériorent, a déclaré un responsable du département d'État à USA TODAY. La personne a déclaré que Trump s'engageait à poursuivre une solution diplomatique, si elle était possible, mais qu'il ne laisserait pas l'île s'effondrer en ce qu'il considère comme une menace majeure pour la sécurité nationale si les dirigeants cubains n'agissent pas.

Lors de la réunion, les États-Unis ont proposé d'apporter les services Internet haut débit de Starlink à Cuba. Mais les responsables ont déclaré que La Havane devait mettre en place des réformes qui rendront l'économie cubaine plus compétitive et attractive pour les investissements étrangers. Ils ont également plaidé pour une compensation des Américains et des entreprises américaines dont les biens étaient confisqués, la libération des prisonniers politiques et la levée des restrictions aux libertés politiques.

Un haut responsable du département d'État a eu une réunion séparée avec le petit-fils de Raúl Castro lors de la visite, a indiqué la personne. Axios a été le premier média à rapporter la rencontre.

Compte tenu des tendances transactionnelles de Trump, conclure un accord avec Cuba semblait le plus logique, a déclaré John Kavulich, président du Conseil américano-cubain pour le commerce et l'économie, un groupe commercial qui traite avec Cuba depuis 1994. En février, Trump semblait avoir fait un pas précoce vers cet objectif en permettant aux entreprises américaines de vendre directement des produits diesel aux entreprises cubaines. "Je ne pense pas que quiconque devrait être surpris si nous voyons finalement Steve Witkoff et Jared Kushner à La Havane négocier avec le gouvernement cubain", a déclaré Kavulich, en faisant référence aux conseillers de Trump qui négocient souvent au nom du président.

Négocier avec des acteurs influents à La Havane, apparentés à Fidel et Raúl Castro, les frères qui ont lancé la révolution de 1959, pourrait être une ligne rouge pour certains Cubano-Américains.

L'embargo économique américain de longue date sur Cuba dit que ni Fidel, décédé il y a dix ans, ni Raúl, âgé de 94 ans, ne pourraient diriger le pays si les sanctions étaient levées. Cela n'exclut pas leurs proches. Le représentant d'origine cubaine Carlos Giménez, un républicain de Floride dont la circonscription comprend les banlieues de Miami, a déclaré à USA TODAY lors d'une interview le 16 avril qu'il serait inacceptable pour quiconque lié aux Castro de diriger le pays. Au lieu de cela, il a déclaré que les responsables étasuniens doivent insister sur des modifications constitutionnelles et autres qui respectent les exigences de l'embargo américain sur Cuba. Celles-ci devraient précéder tout accord économique, a-t-il ajouté. "Tout ce qu'ils veulent, c'est du temps, du temps pour survivre", a dit Giménez à propos du gouvernement cubain. "Et ils sont très doués pour ça."

II. Changement de régime

Rubio, dans des déclarations aux journalistes, a souligné que tout accord économique avec Cuba devrait s'accompagner d'un changement radical de la structure politique et économique de l'île.

Des responsables cubains, du président Miguel Díaz-Canel à la vice-ministre des Relations extérieures Josefina Vidal, ont déclaré dans des interviews récentes qu'ils étaient ouverts au dialogue avec les États-Unis et même à des accords économiques - tant qu'on les laisse gouverner comme bon leur semble.

Comment forcer Cuba à adopter le changement structurel durable souhaité par les responsables de Trump - et la plupart des Cubano-Américains - sans envoyer de troupes américaines reste l'un des enjeux les plus complexes auxquels l'administration est confrontée. Lors d'une audition à la Chambre le 16 avril, Michael Kozak, un haut responsable du Bureau des affaires du continent américain au département d'État, a répondu à des questions acerbes de la part des législateurs des deux camps, soulignant la complexité de la question. À un moment donné, il a commencé à décrire comment le département d'État pourrait être ouvert à l'écoute des suggestions de responsables cubains pour réformer leur gouvernement. La présidente de la sous-commission, la représentante cubano-américaine Maria Elvira Salazar, une républicaine qui représente Miami, l'a coupé. "Nous n'allons pas faire affaire avec les Castro", a-t-elle déclaré. "Ils doivent partir et ensuite nous devons tout recommencer."

L'administration pourrait encore prendre des mesures, sans intervention militaire, pour faire pression sur Cuba en faveur d'un changement radical, notamment en coupant les envois de fonds vers l'île, en arrêtant les vols et en punissant les pays qui livrent du pétrole sur l'île, a déclaré Bustamante. "Mais alors tu risques de provoquer une situation humanitaire", dit-il. "Ils ne sont pas très enthousiastes à ce sujet."

III. Action militaire

Si Cuba refuse d'apporter des changements significatifs, Trump pourrait envisager une autre : l'intervention militaire, considérée par de nombreux observateurs comme la plus risquée de toutes. Le 15 avril, des sources proches de l'effort de planification ont confirmé à USA TODAY que la planification du Pentagone pour une possible opération militaire à Cuba s'était discrètement intensifiée, au cas où Trump choisirait cette voie.

Deux jours plus tard, un MQ-4C Triton, un drone de surveillance de la marine américaine, a été suivi au radar effectuant une boucle de six heures le long de la côte sud de Cuba, incluant un circuit d'attente de deux heures près de Santiago de Cuba et un autre de deux heures près de La Havane. L'armée américaine n'a pas voulu commenter l'objectif du vol. Mais des drones similaires ont été utilisés par le Pentagone pour des missions de surveillance dans des zones de combat comme la mer Noire près de la zone de guerre Russie-Ukraine, le golfe Persique et au large des côtes du Venezuela dans la période précédant la prise spectaculaire de Maduro par les États-Unis le 3 janvier, selon Flightradar24, un service mondial de suivi de vols en ligne. Interrogé sur le rapport sur Air Force One, et si le Pentagone se prépare à une action militaire à Cuba, Trump a déclaré aux journalistes le 17 avril : "Eh bien, cela dépend de votre définition d'action militaire."

Une incursion militaire serait une victoire facile pour les États-Unis, compte tenu de l'équipement militaire détérioré de Cuba et de l'allégeance douteuse de ses rangs, a déclaré Brian Fonseca, directeur de l'Institut Jack D. Gordon pour les politiques publiques à la Florida International University, qui a étudié l'armée cubaine. Faire voler un avion espion près des côtes cubaines aide à rappeler à La Havane la carte militaire de Trump, a-t-il dit. "Cela maintient la perspective d'options militaires crédible", a déclaré Fonseca.

Au Capitole, les sénateurs qui dirigent les commissions des forces armées et des affaires étrangères étaient prudents quant à la planification du Pentagone, alors qu'ils se préparaient à retourner dans leurs circonscriptions. Le président des forces armées, Roger Wicker, a déclaré qu'il n'avait pas parlé au Pentagone de la planification militaire pour Cuba ni à Trump de sa vision pour la nation insulaire. "Je n'ai pas participé à ces discussions", a-t-il déclaré. "Il me semble que nous avons deux guerres sur lesquelles nous concentrer en ce moment", a-t-il ajouté.

Le fait qu'aucune inculpation américaine n'ait été portée contre Diaz-Canel ou d'autres dirigeants cubains, comme les États-Unis l'avaient déjà évoqué et qu'il y en avait eu pour Maduro dans les semaines précédant sa capture, est un signe que l'option militaire pourrait ne pas figurer en tête de liste, a déclaré Bustamante. Et les conséquences d'une opération militaire constitueraient un énorme défi pour l'administration Trump, a-t-il déclaré. Les infrastructures et le secteur privé de Cuba sont bien moins bien lotis que ceux du Venezuela, ce qui rend la construction nationale là-bas une mission bien plus complexe. "Est-ce vraiment ce que veut la base de Trump ?" dit Bustamante.

IV. Rien du tout

Une autre option, moins discutée, serait que l'administration Trump ne fasse rien du tout. Elle pourrait continuer à exercer la pression via l'embargo pétrolier et attendre de voir si un changement éclate de l'intérieur. L'administration Trump semble actuellement en attente sur Cuba alors qu'elle cherche à mettre fin à la guerre en Iran. Le président a déclaré le 13 avril, en réponse à une question de USA TODAY à la Maison-Blanche : "Nous pourrions passer à Cuba une fois que nous aurons terminé avec cela, mais Cuba est une nation qui a été horriblement dirigée pendant de nombreuses années par Castro." Un haut responsable de la Maison-Blanche a déclaré à USA TODAY, après les propos de Trump, que Cuba reste une priorité. Il cherche à résoudre le conflit en Iran avant de décider d'une manière ou d'une autre sur Cuba, a déclaré la personne.

Fin mars, le président a permis à un pétrolier russe d'atteindre les côtes cubaines, offrant à la nation un soulagement à court terme face à sa pénurie de carburant. La Russie a répondu en disant qu'elle enverrait un second navire. Le Mexique a également déclaré pouvoir envoyer du carburant. Trump a déclaré aux journalistes qu'il n'avait aucun problème si des pays envoient du pétrole à Cuba, malgré une menace antérieure d'imposer des tarifs aux pays qui le font. Mais le haut responsable qui s'est entretenu avec USA TODAY a déclaré que la menace tarifaire restait en place. Le Mexique et d'autres pays savent quelles seraient les conséquences, a déclaré la personne. Permettre l'arrivée de plus de navires permettrait à la fois aux États-Unis et à Cuba de disposer de temps pour de nouvelles discussions. Mais si cela s'étire trop, le président pourrait devoir faire face à un puissant bloc électoral cubano-américain qui avait placé ses espoirs sur un changement mené par Trump dans la nation communiste. Giménez, le seul membre du Congrès né à Cuba, a déclaré que Trump avait donné à la diaspora cubaine le plus haut niveau d'espoir qu'elle ait eu depuis très longtemps. "Je pense que ne pas aller jusqu'au bout", a-t-il dit, "est pire que de ne rien faire du tout."

Je laisse le lecteur juge des affirmations et des approches étasuniennes. Moi, ce qui me sidère (et explique beaucoup de choses), c'est que, pas une seule fois n'apparaît la moindre analyse, ni même la moindre tentative d'approche, de ce que sont et pensent les Cubains, comme si, dans des échanges, connaître l'autre n'avait pas la moindre importance. Et, de fait, ce ne sont pas des conversations que mènent les Etats-Unis : c'est un simple soliloque qui veut imposer sans avoir besoin d'écouter. Je repose donc ici la question que j'avais déjà formulée voilà quelque temps : "La Révolution cubaine peut-elle dialoguer avec cette Maison-Blanche-là ?"

Et, à Cuba, bien entendu, on le sait depuis longtemps et on ne se laisse pas prendre. D'où la réponse catégorique - qui a fait grincer des dents outre-détroit de la Floride - que Diaz-Canel a donnée au journaliste brésilien Breno Altman, d'Ópera Mundi, pour le programme 20 Minutes, diffusé le 21 avril : où l'interview apparaît incomplète : 53' 47" ; pour l'interview complète - 1 h 48 : (youtube ))

""Poser des conditions, ce n'est pas dialoguer. Imposer ne permet pas de négocier. /Un processus de conversations, un processus de dialogue, tout d'abord, est quelque chose de très sensible, parce qu'il concerne la relation bilatérale entre les pays. C'est un processus qu'il faut assumer avec beaucoup de sens des responsabilités, avec beaucoup d'éthique, avec beaucoup de décence. Ce à quoi nous aspirons, c'est que, si ce processus peut se développer, les deux parties y soient disposées, que nous cernions quels sont les différends bilatéraux à affronter et à régler par la voie du dialogue, que nous identifions les domaines de coopération sur lesquels nous pourrions travailler à partir d'actions concrètes qui apporteraient des bienfaits aux deux peuples ; que nous puissions aller au-delà des menaces et garantir la sécurité et la paix des deux nations et dans la région, afin de pouvoir créer des espaces d'entente qui nous permettent d'avancer et de nous éloigner de la confrontation. Telle est la position que Cuba a maintenue tout au long de la Révolution. mais, pour l'instant, nous en sommes à une phase très initiale, très préliminaire, de ce qui pourrait être un processus de conversation.

"Journaliste. Les Etats-Unis parlent ouvertement de "changement de régime". Cuba accepterait-elle ces termes dans ces négociations avec les Etats-Unis ?

"Miguel Díaz-Canel. Absolument pas ! Nos questions intérieures ne sont pas sur la table de conversations ni de négociations avec les Etats-Unis ! Nous sommes toujours partis de ceci : en condition d'égalité, respect de notre système politique, de notre souveraineté et de notre indépendance, selon le principe de la réciprocité, et dans le respect du droit international.

"Journaliste. Et si les Etats-Unis n'acceptent pas de négocier dans les termes cubains... ?

"Miguel Díaz-Canel. Alors, il n'y a pas de négociations. Il n'y a pas de négociations ! Pour négocier, il faut construire. D'abord, il faut converser ; d'abord, il faut identifier en quoi nous pouvons œuvrer de concert ; ensuite, il faut faire preuve de la disposition à le faire d'une manière constructive. Si l'un des parties ne favorise pas le dialogue, si elle ne favorise pas cette négociation, si elle veut s'imposer, alors elle rompt la conversation, elle rompt la négociation...""

La réponse du président cubain est d'autant plus catégorique et significative que la Maison-Blanche aurait, lors de la rencontre du 10 avril, fixé un délai de deux semaines, soit le 24 avril, au gouvernement cubain pour gracier, à titre de geste de confiance, plusieurs prisonniers politiques qui l'intéresse, dont deux "artistes" : Luis Manuel Alcántara et Maykel Osorbo, associés au mouvement de San Isidro, condamnés en 2022. Je renvoie à Internet ceux qui veulent savoir quel est ce que la presse extérieure a qualifié de "mouvement" et qui sont les deux individus vraiment très peu impressionnants dont la Maison-Blanche réclame la libération.

Des appuis extérieurs attendus et d'autres inattendus

La semaine a été aussi marquée, curieusement, comme si l'on donnait le mot, par différents appuis, non à la Révolution cubaine en soi, mais à un État agressé illégalement.

Le 18 avril 2026, l'Espagne, le Brésil et le Mexique, réunis dans le cadre de la Mobilisation progressiste mondiale à Barcelone, ont, dans un communiqué conjoint, exprimé leur "très vive inquiétude" pour la "grave crise humanitaire" que traverse Cuba et ont appelé à un dialogue "sincère, respectueux, conforme au droit international" pour trouver une solution à cette situation. Ils ont demandé l'adoption des "mesures nécessaires pour soulager cette situation" et d'éviter "des actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population ou contraires au droit international." Ils se sont engagés à accroître leur aide humanitaire. Ils ont réitéré la nécessité de respecter "à tout moment le droit international et les principes consacrés dans la Charte des Nations Unies en matière d'intégrité territoriale, d'égalité souveraine et de règlement pacifique des différends." Ils ont réaffirmé leur "engagement irréversible envers les droits humains, les valeurs démocratiques et le multilatéralisme" et souligné que l'objectif du dialogue qu'ils réclament doit être "de trouver une solution durable à la situation actuelle." Ils ont insisté sur le fait que "c'est au peuple cubain lui-même de décider de son avenir en toute liberté". ( legrandsoir.info)

Le porte-parole du gouvernement chinois, Guo Jiakun, a, le 21 avril, dans une conférence de presse, rappelé la position de son gouvernement : "Récemment, des pays ainsi que des personnalités de tous les milieux aux États-Unis ont exprimé leur opposition au blocus américain contre Cuba. Le gouvernement américain doit tenir compte de cette voix juste et mettre immédiatement fin au blocus, aux sanctions et à toute forme de coercition et de pression contre Cuba. La Chine est prête à travailler avec toutes les parties pour soutenir fermement Cuba dans la sauvegarde de sa souveraineté et de sa sécurité nationales et dans la lutte contre toute ingérence extérieure." ( cf.china-embassy.gov.cn)

La Russie, bien entendu, a mis en garde clairement l'administration Trump contre toute tentative d'agression de sa part. Le 16 avril, dans une interview à la chaîne de télévision India Today, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a décrit Cuba comme un partenaire exceptionnel et une bonne amie de la Russie, a dénoncé les effets du blocus énergétique sur la vie des Cubains et sur le système de santé, et affirmé que la Russie n'aimerait pas du tout qu'un pays envahisse Cuba, ou qu'il exerce des pressions sur elle et qu'il l'isole de l'extérieur. De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a, lors d'une conférence de presse à Beijing, rappelé que la Russie apportait son soutien politique à Cuba aux Nations Unies, et économique et humanitaire dans d'autres instances, et qu'elle continuerait de le faire. "J'espère sincèrement que les Etats-Unis n'en reviendront pas aux temps de guerres coloniales directes et à la répression coloniale des peuples libres."  telesurtv.net

Curieusement, un appui est parvenu d'une partie dont on l'attendrait le moins. Alors qu'il défend mordicus Israël et s'oppose à toute sanction de la part de son pays et de l'Union européenne, et constitue aujourd'hui le soutien le plus aveugle aux génocidaires sionistes, Friedrich Merz, le chancelier allemand, ne voit aucune raison pour que les USA attaquent Cuba et prône la voie diplomatique. Le 20 avril, à Hanovre, en conférence de presse aux côtés du président brésilien, il a déclaré : "Malgré tous les problèmes politiques intérieurs de ce pays découlant de son régime communiste, Cuba ne constitue une menace perceptible pour d'autres pays. Je ne vois donc pas en quoi se baserait une intervention." Les Etats-Unis devraient régler leurs différends avec Cuba "d'une manière pacifique et par des moyens diplomatiques, et ne pas engager sans raison un nouveau conflit dans le monde qui ne causerait que plus de problèmes. La capacité à se défendre ne signifie pas qu'on ait le droit d'intervenir militairement dans d'autres États quand leurs systèmes politiques ne coïncident pas avec ce qu'autres peuvent avoir à l'esprit." ( cubadebate.cu) Apparemment, dans l'esprit de Merz, le peuple cubain mérite un peu plus de considération en matière de protection que le peuple palestinien pour lequel le droit international est carrément inexistant !

Continuant de penser à l'incapacité des experts et connaisseurs étasuniens de comprendre - sans parler du Goujat incontinent - quelque chose à Cuba, je me demande si on a lu, au moins une fois, aux Etats-Unis la Constitution cubaine de 1976, et surtout l'amendement qui lui a été apporté le 26 juin 2002 par l'Assemblée nationale du pouvoir populaire, après que, face aux menaces de Bush et de son Plan pour Cuba, 8 198 237 électeurs cubains eurent signé une pétition dans ce sens, selon laquelle "le socialisme cubain est irrévocable". Amendement repris tel quel dans la nouvelle Constitution débattue et votée par les électeurs en 2019 :

"CONVAINCUS que Cuba ne retournera jamais au capitalisme, régime fondé sur l'exploitation de l'homme par l'homme, et que seuls le socialisme et le communisme permettent à l'être humain d'accéder à sa pleine dignité ; (...)
"ARTICLE 4. La défense de la patrie socialiste est le plus grand honneur et le devoir suprême de chaque Cubain. / La trahison de la patrie est le plus grave des crimes et quiconque le commet est passible des peines les plus sévères. / Le système socialiste entériné par la Constitution est irrévocable. / Les citoyens ont le droit de combattre par tous les moyens, dont la lutte armée si d'autres recours étaient impossibles, quiconque tenterait de renverser l'ordre politique, social et économique établi dans cette Constitution."

À ceux qui s'étonneraient qu'une telle formulation ait pu devenir "constitutionnelle", je rappellerai simplement que la Constitution française n'est pas de reste à cet égard : "Article 89. La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l'objet d'une révision." Donc, pas question, par exemple, d'un retour à la royauté...

Jacques-François Bonaldi (La Havane), 27 avril 2026.

 legrandsoir.info