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 Un cessez le feu au Liban : à l'israélienne ?

23/04/2026 reseauinternational.net  11min #311952

 Un cessez le feu au Liban : à l'israélienne ?

Chronique du jour d'avant demain - Le Liban toujours debout

par Pr Djamel Labidi

Je voulais dans cette chronique parler de bien des choses, chacune si importante en elles-mêmes : la résistance glorieuse de l'Iran, le détroit d'Ormuz la tragicomédie burlesque trumpienne etc... Et puis j'ai commencé à parler du Liban et je ne pouvais m'arrêter. Les souvenirs de la guerre civile attisée par Israël remontaient, douloureux, insupportables. L'Histoire va-t-elle se répéter. Les gens ont-ils la mémoire aussi courte ?

18 avril 2026. La mort tragique d'un soldat français de la FINUL au Liban est l'occasion d'un déferlement de rage contre le Hezbollah, avant même les résultats de l'enquête sur les plateaux de la pensée unique. Un agent du Mossad, Raphael Jerusalmy, livre son analyse sur l'un de ces plateaux d'information. C'est un habitué, il y est comme chez lui. Petits yeux cruels, écume aux commissures des lèvres, bouche en rictus permanent, toute la laideur du monde sur un seul visage, il est connu dans la France médiatique qui lui ouvre les bras. Il a justifié en live tous les crimes possibles et imaginables avec une froideur qui devraient donner froid à ses hôtes, tant ils en disent long sur son parcours. Il avait même débordé le Proche-Orient, et préconisé en direct l'assassinat de Poutine et de bien d'autres. Autant d'appels au meurtre et à la haine qui auraient justifié partout ailleurs une poursuite en justice. Mais le système régnant préfère réserver ses poursuites aux Français qui dénoncent les crimes israéliens C'est dire ce qu'est devenu l'information en pays "civilisés" et des "droits de l'homme"à l'époque de Netanyahou et Trump. La déontologie professionnelle y a depuis longtemps fait naufrage. Aucune information donnée par Jerusalmy, seulement de la propagande, émaillée de critiques pour certaines positions officielles françaises, et même de menaces voilées pour ceux, qui sur les plateaux, osent parler, pourtant avec maintes précautions, de crimes de guerre israéliens. Autant dire que les animateurs de plateaux le ménagent. On ne sait jamais

Quand le loup se fait agneau

Mais aujourd'hui, miracle, le loup est devenu agneau et Jerusalmy parle soudain d'un sujet qui ressemble à un blasphème dans sa bouche : la paix entre le Liban et Israël. On sent d'ailleurs aux mouvements de sa glotte que ça passe difficilement. L'air tout attendri, empathique qu'il essaie d'afficher, est assez comique. Que s'est-il passé ? Tout simplement la nouvelle ligne éditoriale donnée par Netanyahou qui a préconisé des discussions directes avec le gouvernement libanais. Elles viennent de se tenir à Washington entre ambassadeurs des deux pays. Netanyahou s'est mis à aimer le peuple libanais, ce qu'il avait déjà prouvé largement à coup de bombes d'assassinats de masse et de maisons dynamitées au Sud Liban.

Cette orientation directrice de Netanyahou est d'ailleurs immédiatement reprise sur les plateaux, ce qui, accessoirement, sert à dévoiler la proximité de certains avec Israël et le sionisme. En réalité, et c'est tellement visible, tant la ficelle est grosse, Netanyahou veut développer une guerre civile au Liban, Libanais contre Libanais comme Israël l'avait déjà fait de 1975 à 1990, pendant 15 ans plongeant le Liban dans le chaos, armant le parti chrétien des Kataeb, connus surtout sous le nom de "phalanges libanaises", car à leur création en 1938 ils avaient copié la structure d'organisation fasciste. Mais peu importe ce passé et les principes, ils étaient les chéris d'une France toujours présente et influente, partisane et toujours méfiante vis-à-vis de la composante arabe et musulmane de la société libanaise.

Sabra et Chatila, le terrible souvenir

On se souvient du massacre terrible de Sabra et Chatila commis par les phalangistes sous la direction et la protection d'Israël quand 3500 palestiniens, civils, hommes, femmes et enfants sans défense, à la suite du départ de l'OLP de Beyrouth, ont été impitoyablement massacrés dans ces camps de réfugiés. Lâcheté indélébile. La guerre civile au Liban, attisée par Israël, a fait selon les estimations entre 150 000 et 250 000 morts. La situation au Liban a toujours été liée à la situation en Palestine, c'est un résultat de l'Histoire et de la géographie. Jamais Israël n'a pu faire renoncer le Liban à son devoir de solidarité avec la Palestine, ce qui est d'ailleurs une condition existentielle pour le Liban lui-même. N'oublions pas que le Hezbollah, a été créé en 1982 dans la résistance même à l'envahissement et l'occupation du Liban par Israël. C'est un mouvement de libération nationale. L'opinion aurait-elle la mémoire si courte qu'elle laisserait Israël rejouer le drame de la guerre civile sous couvert de combattre l'Iran ? Aujourd'hui Israël revient pour prélever son tribut de sang. Les signes existent déjà. Les Kataeb avaient fait jonction avec l'armée israélienne, au moment de l'invasion du Liban. Ex alliés d'Israël, ils sont sollicités de nouveau et commencent à réapparaitre dans les médias et sur la scène politique, la guerre contre l'Iran leur redonnant plus d'utilité encore.

Israël et les Phalangistes

On est triste de voir certains milieux sociaux au Liban partagés entre le patriotisme et les sirènes de la pax israélienne, malgré le prix terrible payé déjà par le Liban à la volonté, jamais assouvie, de domination israélienne. Depuis le long protectorat français, qui ne semble pas terminé vu le ton d'autorité avec lequel souvent la France officielle s'adresse au gouvernement libanais, le Liban a vu une partie de ses élites s'extravertir totalement, vivant entre Beyrouth et Paris, intégrée à la vie politique française, participant à toutes les "affaires", comme l'a montré l'affaire Sarkozy, vivant de l'exportation des capitaux vers l'extérieur, et empêchant ainsi toute accumulation économique durable au Liban, bref sacrifiant la souveraineté nationale à leurs intérêts égoïstes. Ainsi a fonctionné le Liban, les clivages culturels et identitaires se transformant en problèmes politiques et économiques. Une histoire qu'on retrouve dans bien d'ex-colonies mais qui prend un relief particulier au Liban, où, Israël aidant, les franco-israéliens font souvent la jonction avec les franco-libanais. Le parti Kataeb, avait voulu monopoliser la représentation chrétienne au Liban mais sans y parvenir face à l'opposition du courant chrétien nationaliste arabe. Les "phalangistes" reviennent aujourd'hui et pointent déjà l'ennemi, le Hezbollah, "proxy de l'Iran". Inversion totale où celui-là même qui s'était allié à l'envahisseur israélien pendant la guerre civile, traite ceux qui s'étaient opposés à l'agression, et continuent de le faire, de "principal ennemi de la souveraineté libanaise".

Mais Israël et ses supplétifs, n'avaient pas prévu un évènement incroyable : dès la nouvelle du cessez le feu, la population du Liban du Sud est revenue en masse, drapeau du Hezbollah flottant au vent, vers sa terre et ses maisons, mêmes détruites, et malgré le danger et la précarité du cessez le feu. Quelle meilleure réponse à donner à ceux qui veulent dresser les Libanais les uns contre les autres.

Sur certains plateaux mainstream, certains regardent, désappointés, ces drapeaux jaunes. Le Liban est debout, malgré les centaines de milliers de réfugiés que l'État sioniste a poursuivis jusqu'à Beyrouth, malgré l'apocalypse sur Beyrouth. D'un seul coup, s'écroule tout ce récit opiniâtre, redondant, d'Israël et de ses relais politiques et médiatiques cherchant à présenter le Hezbollah comme une force exogène au Liban, un "proxy", ce mot qu'ils martèlent sans cesse. Ce drapeau jaune est bien celui de la résistance libanaise. Y en a-t-il une autre d'ailleurs ?

Portrait d'un supplétif

Il faut parfois donner un visage à certains comparses de cette propagande effrénée contre la résistance libanaise. L'un de ces visages est celui d'Antoine Basbous. Il est invité régulièrement sur les plateaux, à chaque aventure, à chaque agression contre un pays arabe. Il est présenté sous le label ronflant de fondateur d'un mystérieux "Observatoire du monde arabe". Son expertise consiste à donner des informations qu'il aurait de première main à partir de son réseau arabe. Elles sont plutôt de nature anecdotique, généralement incontrôlables, mais il les apporte comme on vend un plat tout chaud. Il émaille ses interventions de mots ou de noms arabes, une touche locale qu'il juge à même de valoriser ses services et son expertise. Mais l'essentiel de ses interventions n'ont rien à voir avec de l'information, et consistent en des interprétations personnelles ou des opinions, qu'il veille toujours à appuyer d'un mépris ostentatoire pour la partie arabe, quelle qu'elle soit d'ailleurs, amie ou ennemie de l'Occident, selon ses critères., Les prévisions, dans lesquelles il se hasarde, sont régulièrement démenties par la réalité mais il n'en a cure comme ses employeurs d'ailleurs, son rôle étant de l'ordre métaculturel, celui de conforter les idées reçues, et de rassurer sur l'éternité de la domination occidentale. Ce même 18 avril, face aux images des drapeaux du Hizbollah, Basbous commente, exaspéré : "ils crient victoire alors qu'ils ont été détruits, leurs dirigeants tués, ils font toujours ainsi, ils sont dans le déni de la réalité". D'évidence il ne peut pas comprendre ce qu'est la résistance et qu'on puisse résister à plus fort. Cela lui est intrinsèquement impossible à même imaginer.

C'est une constante de l'Histoire de mettre en scène de tels personnages qui viennent des pays dominés pour proposer au maitre leur supposée expertise. Ils font de ce service leur fonds de commerce. En fait, ils finissent par intoxiquer leur propre maitre tant ils veulent lui faire plaisir et parviennent à lui ressembler.

Dans l'agression contre la Libye, Antoine Basbous avait poussé le zèle jusqu'à proposer tout simplement sur les plateaux "qu'on loge, pour en finir, une balle dans la tête de Kadhafi". Sur le Liban, il exultait à la nouvelle de l'assassinat ciblé de Nasrallah et des dirigeants du Hezbollah, prédisant l'effondrement rapide désormais de toute résistance. Il avait fait de même après l'assassinat des dirigeant iraniens, dans une joie débordante, indécente pour la mort de ceux qui avaient osé s'opposer au maitre et qui décidément n'avaient pas compris ce que lui, Antoine Basbous, avait su comprendre depuis longtemps, le confort de la soumission. Aujourd'hui il déchante évidemment mais il recommencera. C'est une seconde nature.

La FINUL

Mais revenons à ce sujet de la FINUL Un général français, Philippe Sidos, ancien responsable du "bureau de la FINUL" est sollicité sur le sujet de cette mort tragique d'un soldat français. Mais il déborde le sujet pour parler de sa propre expérience à la tête de cette force. Il se veut honnête et parler vrai. On découvre alors un parti pris flagrant contre le Hezbollah pour une force supposée neutre et de paix. On en oublierait que le Hezbollah est libanais, et qu'il est, lui, au contraire de l'armée israélienne, sur son territoire, chez lui. Pour appuyer sa position, le général se réfère sans cesse à la resolution1701 du Conseil de sécurité qui régit l'action et les pouvoirs de la FINUL. Comme on aimerait qu'on parle ainsi des dizaines de résolution qu'Israël a superbement ignorées, avec la complicité des États-Unis et d'autres puissances occidentales. Le fameux deux poids deux mesures est ici si flagrant que les bras vous en tombent.

En fait, dès le départ, les dés sont pipés. Dans ses propos, le général met Hezbollah et Israël sur le même plan alors qu'Israël est une force occupante et que du point de vue du droit international, toute résistance à l'occupant est légitime. Il ne les renvoie même pas dos à dos car, pour lui, la mission de la FINUL est de désarmer le Hezbollah. On comprend, au passage alors, comme il le mentionne incidemment, pourquoi c'est Israël et les États unis qui ont tenu à la prolongation de la mission de la FINUL jusqu'à la fin 2026. En somme on donne à la FINUL la responsabilité que n'a pas pu prendre en charge l'État Libanais, ou qu'il s'est refusé de prendre malgré les pressions, car elle conduit fatalement à un affrontement entre Libanais. N'est-ce pas d'ailleurs le but caché de ces appels incessants à désarmer le Hezbollah ?

Que le lecteur n'oublie pas ces plaies ouvertes de l'Histoire, quand l'OLP a quitté Beyrouth pour la Tunisie, confiante dans les garanties qu'on lui avait données. Alors a commencé le massacre des Palestiniens. Je me souviens d'une phrase cynique d'un habitué des plateaux mainstream : "L'opinion publique a la mémoire courte". Tout le secret de la propagande est peut-être là.

Comme nous le décrit le général Sidos, cette force de la FINUL, du moins dans sa composante française, passait donc le plus clair de son temps à rechercher les caches d'armes ou de munitions du Hezbollah. Posons une question bien innocente : Pourquoi désarmer le Hezbollah et pas Israël ? Et pourquoi, pour continuer, dans le registre des questions innocentes, déployer la FINUL en territoire libanais et pas en territoire israélien ? Le territoire libanais et ses populations seraient-ils moins respectables, moins "civilisés" que le territoire israélien ?

Une "ligne jaune"

On apprend d'ailleurs, ce jour même du 18 avril, qu'Israël a décidé de déplacer la nouvelle ligne de démarcation de 10 km en profondeur sur le territoire libanais. Il décide d'y tracer une "ligne jaune", terme bizarre, comme sur une autoroute. Sur cette surface, qu'Israël décide de se réserver en dehors de toute règle internationale, (ah ! le respect des frontières si cher à l'Occident dans la guerre en Ukraine) Israël a entrepris de détruire toute vie, de raser toutes les habitations libanaises. Les bulldozers sont déjà à l'œuvre après que les maisons aient été dynamitées. Des maisons si jolies dans ce paysage de collines verdoyantes. Mais ça n'a l'air de ne troubler personne sur des plateaux si prompts à s'indigner quand il s'agit du drapeau jaune du Hezbollah.

L'armée israélienne a pris le goût du sang à Gaza. Elle est devenue un monstre. Elle n'attend que le moment de l'affaiblissement du Hezbollah pour de nouveau fondre sur une population sans défense. S'il vous plait, portez secours au Liban. Ne laissez pas faire de nouveaux Gaza.

 Professeur Djamel Labidi

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