La Défense civile libanaise a confirmé le décès d'Amal Khalil, journaliste au quotidien Al-Akhbar. La reporter a été délibérément ciblée lors d'un raid mercredi sur al-Tiri, ville au sud du Liban.
Selon la chaîne de télévision libanaise Al-Jadeed, le corps d'Amal a été retrouvé sous les décombres. La Croix-Rouge libanaise a par la suite récupéré son corps et confirmé son décès.
La frappe a également laissé des blessés. Une autre journaliste, Zeinab Faraj, qui se trouvait avec Amal Khalil, a été transférée à l'hôpital, où elle a été opérée d'urgence.
Les frappes bloquent l'accès aux secours
Des informations initiales indiquaient que la frappe aérienne avait touché la route reliant al-Tiri à Haddatha, empêchant les équipes de secours d'atteindre les journalistes bloqués. Des sources libanaises ont déclaré que la Croix-Rouge et l'armée libanaises n'avaient pas pu accéder à la zone.
La frappe semble avoir été menée dans le but précis de couper l'accès aux ambulances selon l'Agence nationale d'information du Liban et les rapports de journalistes diffusés sur les réseaux sociaux.
Trois journalistes ont été tués lors de la dernière vague de frappes israéliennes ayant visé le Liban, ainsi que la bande de Gaza.
Déroulement des attaques
Hashem al-Sayyed Hassan, correspondant du réseau d'information libanais Al-Manar, a décrit l'incident comme "un crime prémédité et délibéré, ainsi qu'un ciblage direct par Israël", alors qu'il retraçait le fil des événements. En plusieurs heures, indique le correspondant d'Al-Manar, une série de frappes ont eu lieu. Une première attaque a été menée au drone et touché un civil. L'attaque suivante a visé la voiture des journalistes.
Malgré une coordination immédiate avec les équipes de secours, l'accès des secours a été retardé, l'autorisation de se rendre sur place leur ayant été refusée.
Les journalistes se sont déplacés d'un endroit à l'autre à la recherche d'un abri, mais environ une heure plus tard, une frappe aérienne a touché la maison où ils s'étaient réfugiés. Ce n'est seulement après cette dernière frappe que les membres de la Croix-Rouge ont été autorisés à se rendre sur place.
Ceci alors que leur présence était parfaitement connue et avait été publiquement communiquée par les autorités libanaises, les services d'urgence et les médias, précise Hashem al-Sayyed Hassan.
Le ministre libanais de l'Information, Paul Morcos a dénoncé le régime israélien pour avoir "ciblé et encerclé des journalistes" à la suite des frappes sur al-Tiri.
"Nous condamnons fermement cette attaque, tenons Israël pleinement responsable de leur sécurité et affirmons la nécessité d'assurer immédiatement leur protection [des journalistes] et de garantir la liberté de la presse", a déclaré le ministre libanais sur X.
Ces événements tragiques surviennent malgré un cessez-le-feu de dix jours entre le régime israélien et le Liban, entré en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi, après plusieurs semaines d'intensification des combats transfrontaliers provoqués par l'escalade israélienne.
Au moins 40 journalistes palestiniens sont détenus dans des prisons israéliennes, selon un groupe de défense des droits humains.
