22/04/2026 euro-synergies.hautetfort.com  5min #311875

La stratégie de l'impérialisme américain et son « mode d'autodestruction »

La stratégie de l'impérialisme américain et son «mode d'autodestruction»

Source:  unser-mitteleuropa.com

La stratégie de l'impérialisme de notre époque semble être le «mode d'autodestruction ». Un exemple récent en est la guerre en Iran, qui, d'un point de vue historique, peut à peine être considérée comme une «erreur» de la politique américaine, voire pas du tout.

Analyse matérielle de l'impérialisme

Même si l'on ne peut pas accorder beaucoup d'importance au pathos souvent exprimé, il faut reconnaître ce qui se passe actuellement dans le monde et, en particulier, dans la guerre en Iran. Celle-ci n'est pas une «erreur», mais plutôt le résultat logique de la politique américaine telle qu'elle se présente depuis des décennies.

En analysant l'impérialisme contemporain non pas sur le plan moral mais sur le plan matériel, il faut admettre que ce système est arrivé à un point où il ne peut plus faire autre chose que choisir entre retrait et escalade. Washington a, sans grande surprise, opté pour l'escalade. L'attaque contre l'Iran n'est pas un signe de force, mais plutôt de désespoir.

Les États-Unis tentent une fois de plus de freiner leur déclin relatif, comme c'est devenu «habituel», par la violence. Le problème, c'est que la violence ne peut pas remplacer une base économique, même si cela fait temporairement « prospérer » l'industrie de l'armement.

Lénine l'avait déjà exprimé clairement il y a plus de 100 ans: l'impérialisme est la phase où les contradictions économiques sont exportées à l'extérieur. On voit actuellement la phase finale de ce processus. Le Moyen-Orient est passé du rôle de théâtre secondaire au centre de l'attention.

L'énergie, les routes commerciales, le contrôle des points stratégiques - ce n'est plus un «jeu géopolitique», mais une pure «lutte des classes» à l'échelle mondiale. Celui qui contrôle actuellement le détroit d'Ormuz contrôle les prix, les industries, des économies entières. C'est probablement précisément pour cela que des «incendies» sont allumés en divers points du globe.

Le système « brûle »

Mais cette fois, ce n'est pas seulement la «périphérie» qui brûle, mais le système lui-même.

La Chine ne réagit pas, bien sûr, par indignation morale, mais par calcul économique. Si le plus grand gisement de gaz au monde est attaqué, si les routes commerciales sont déstabilisées, ce n'est plus un «conflit», mais une attaque directe contre la «reproduction du capital» à l'échelle mondiale.

Pékin voit cela sans aucun doute très clairement: ici, ce n'est pas seulement une guerre, mais c'est le monde entier qui est sacrifié pour sauver une hégémonie en déclin. La Russie a apparemment tiré une autre leçon, complémentaire: la diplomatie américaine n'est plus un moyen de stabilisation, mais une partie de la guerre. Les négociations, comme dans le conflit en Ukraine, sont utilisées comme des «pauses tactiques» d'orientation, mais elles ne s'organisent pas pour trouver une solution. Une fois que cela est compris, on négocie différemment ou plus du tout. Le résultat de cela est exactement le contraire de ce que Washington voulait. Au lieu de séparer la Russie de la Chine, l'impérialisme américain rapproche encore davantage les deux, non pas par sympathie, mais par nécessité.

Les États-Unis en tant que superpuissance imprévisible

Le dénominateur commun est simple: c'est d'assurer sa protection contre un système devenu imprévisible. Une superpuissance prête à infliger des dommages considérables à l'économie mondiale pour sauver sa propre position n'est plus un partenaire, mais un risque. L'Europe se trouve justement entre les deux comme un fournisseur dépendant, qui découvre soudain que les chaînes d'approvisionnement sont politiques. «L'indépendance énergétique» se révèle une fois de plus comme une illusion coûteuse. La désindustrialisation n'est plus un simple mot à la mode, mais une dure réalité.

Les usines ferment non pas à cause du «changement structurel», mais parce que les prix de l'énergie explosent. L'ironie amère, c'est que les mêmes élites, qui ont condamné pendant des années toute proximité avec la Russie, commencent soudain à changer d'avis. Non pas par conviction, mais par contrainte. Le marché dicte ce que l'idéologie interdisait auparavant.

Au cœur du problème, il apparaît que l'impérialisme n'est pas capable de résoudre ses propres contradictions. Il ne peut que les repousser, les intensifier ou, comme actuellement, les décharger par une voie militaire. Chacune de ces étapes accélère toutefois la décadence.

En étudiant l'histoire de plus près, un motif devient clair: les systèmes ne s'effondrent pas parce qu'ils sont «trop faibles», mais parce qu'ils ne peuvent plus utiliser leur pouvoir de manière rationnelle et commencent à détruire leur propre base. C'est précisément ce qui se passe en ce moment: la guerre en Iran n'est pas un événement isolé, mais un symptôme. Un symptôme indiquant que le «siècle américain» ne se termine pas simplement, mais qu'il implose. Et cette implosion entraîne l'économie mondiale, les alliances et des régions entières dans l'«abîme».

La question cruciale n'est donc pas de savoir si les États-Unis vont perdre, mais combien de pays seront encore entraînés dans ce cycle descendant avant que ce moment n'arrive. Ceux qui parlent encore aujourd'hui de «stabilité» sous la direction des États-Unis n'ont soit rien compris, soit ont un intérêt impératif à maintenir le statu quo.

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