22/04/2026 francais.rt.com  4min #311832

Carburants : Lecornu privilégie des aides ciblées et écarte une baisse générale des taxes

© Compte X @gouvernementFR

Sébastien Lecornu entouré de membres du gouvernement dans une mise en scène un peu chaotique de la présentation des aides ciblées pour le carburant, le 21 avril 2026

Face à la flambée des prix, Sébastien Lecornu défend une réponse "sur mesure", entre soutien aux ménages dépendants de la voiture et aides renforcées aux secteurs les plus exposés.

À Matignon,  le Premier ministre a confirmé une ligne déjà esquissée par l'exécutif : pas de baisse générale de taxes, mais une série de soutiens sectoriels et une aide spécifique pour près de trois millions de Français dépendants de leur voiture pour travailler. L'objectif, selon lui, est d'"accompagner" sans ouvrir la voie à des mesures jugées trop coûteuses pour les finances publiques.

EN DIRECT |Déclaration du Premier ministre sur les aides carburant pour le mois de mai.  t.co

- Gouvernement (@gouvernementFR)  April 21, 2026

La mesure la plus commentée concerne les "grands rouleurs" modestes. Le gouvernement promet une aide moyenne d'environ 20 centimes par litre, conditionnée à des critères de revenus et de kilométrage encore à préciser. Sébastien Lecornu a toutefois laissé entendre que le seuil serait fixé assez bas, en rappelant qu'"en milieu rural, on devient grand rouleur très vite". Le dispositif doit couvrir, dans un premier temps, les mois d'avril, mai et juin.

Face à la hausse des prix des carburants liée à la situation internationale, le Gouvernement crée une aide dédiée aux "grands rouleurs".

Elle s'adresse aux travailleurs contraints d'utiliser leur véhicule pour leur activité professionnelle et ne pouvant absorber seuls la hausse...  pic.twitter.com/fipLAnsrsm

- Sébastien Lecornu (@SebLecornu)  April 22, 2026

Parallèlement, l'exécutif muscle les dispositifs déjà ouverts aux professionnels. L'aide aux pêcheurs doit passer de 20 à 30 ou 35 centimes par litre. Celle des agriculteurs doit être portée à 15 centimes par litre, soit un quadruplement par rapport au niveau précédent. Les transporteurs conserveront, eux, un soutien d'environ 20 centimes, tandis qu'une aide du même ordre est envisagée pour les petites entreprises du BTP de moins de vingt salariés. Des discussions sont également en cours pour les taxis et VTC, particulièrement exposés à la hausse des prix à la pompe.

Une réponse "sur mesure" à la crise

Le chef du gouvernement a martelé son refus des "mesures générales indiscriminées, non financées, non finançables", préférant une logique de "sur-mesure". Ce choix n'éteint pas les critiques. Sur la chaîne CNews, le chroniqueur Marc Menant interpelle : "Quand on voit que le coût de l'essence avait déclenché les Gilets jaunes, on peut être étonné de la léthargie générale."

"Quand on voit que le coût de l'essence avait déclenché les Gilets jaunes, on peut être étonné de la léthargie générale", estime le journaliste Marc Menant, à propos de la hausse du prix des carburants, dans  #Facealinfo

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- CNEWS (@CNEWS)  April 21, 2026

En effet, le mouvement des Gilets jaunes était né d'une hausse du prix du carburant bien moindre que celle vécue aujourd'hui, et  en Irlande, un mouvement analogue est né face à la crise actuelle.

Plusieurs témoignages relayés dans la presse montrent des bénéficiaires potentiels soulagés, mais aussi des professionnels et des automobilistes qui jugent le coup de pouce trop limité face à une hausse du gazole pouvant atteindre près de 60 centimes depuis la fin février.

Le débat ne porte donc déjà plus seulement sur l'existence d'une aide, mais sur sa durée et son niveau réel d'efficacité, alors que,  selon l'économiste Jean-Marc Jancovici : "La hausse des prix à la pompe n'est qu'un apéritif."

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