
Par Larry Johnson, le 22 avril 2026
La saga "TACO Trump" (c'est-à-dire "Trump Always Chickens Out" : Trump se dégonfle toujours) continue de faire couler beaucoup d'encre... Quelques heures avant la fin du cessez-le-feu de deux semaines avec l'Iran, Trump a annoncé unilatéralement une prolongation indéfinie du cessez-le-feu (voir l'image ci-dessus et sa traduction ci-dessous), mais a également maintenu le blocus actuel. Après avoir menacé de mettre fin à la civilisation iranienne, Trump a fait marche arrière... Et c'est une bonne chose.
"DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DONALD J. TRUMP :Considérant que le gouvernement iranien est profondément divisé - ce qui n'a rien de surprenant - et à la demande du maréchal Asim Munir et du Premier ministre Shehbaz Sharif du Pakistan, nous avons été invités à suspendre toute attaque contre l'Iran jusqu'à ce que ses dirigeants et représentants s'accordent sur une proposition commune. J'ai donc ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus et, pour le reste, d'être mobilisées et opérationnelles. Je prolonge donc le cessez-le-feu jusqu'à présentation de leur proposition et à la conclusion des pourparlers, quelle qu'en soit l'issue. Le président DONALD J. TRUMP"
En prolongeant le blocus, Trump sabote toute chance de reprise de négociations sérieuses avec l'Iran. Les Iraniens sont catégoriques : le blocus et les sanctions doivent être levés avant toute négociation sérieuse pour mettre fin à la guerre. Lors d'une réunion avec son équipe de sécurité nationale, Trump a été contraint par toutes les personnes présentes - à l'exception de Pete Hegseth - d'annuler de nouvelles frappes aériennes contre l'Iran, car tous ont dit "non" samedi à la reprise des attaques américaines contre les infrastructures civiles iraniennes. Bien que je n'aie toujours aucune confirmation indépendante qu'il y ait eu querelle entre Trump et Caine au sujet du recours potentiel à l'arme nucléaire en Iran, le général Caine s'opposerait avec de plus en plus de véhémence au désir de Trump de prolonger la guerre dans l'espoir d'obtenir une victoire facile et rapide. Heureusement, le général Caine connaît les limites actuelles de la puissance américaine et les risques liés à une attaque terrestre en Iran.
Finalement, je pense que la sortie de Trump de ce dilemme passera par le rétablissement et d'une version améliorée du JCPOA. Le scénario le plus probable serait de rendre l'accord permanent, sans limite de durée. Voici un rappel de l'essentiel du premier JCPOA.
Le Plan d'action global conjoint (JCPOA), communément appelé "accord sur le nucléaire iranien", était un accord multilatéral de 2015 destiné à garantir que le programme nucléaire iranien resterait exclusivement pacifique en échange de la levée des sanctions internationales liées au nucléaire. L'Iran a négocié avec le P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU - États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine - plus l'Allemagne) et l'Union européenne. L'objectif de cet accord était d'empêcher l'Iran de développer des armes nucléaires en imposant des limites vérifiables à ses activités nucléaires tout en lui accordant un allègement économique. L'Iran a réaffirmé qu'il ne chercherait, ne développerait ni ne développerait jamais d'armes nucléaires.
L'Iran a accepté des réductions et des plafonds significatifs et vérifiables :
Centrifugeuses : Réduction du nombre total d'environ 19 000 à 6 104, avec seulement 5 060 centrifugeuses IR-1 de première génération enrichissant de l'uranium pendant 10 ans (sur le site de Natanz). Les centrifugeuses excédentaires ont été démantelées et stockées sous la surveillance de l'AIEA. Les activités de recherche et développement sur les centrifugeuses avancées ont été restreintes pendant la première décennie.
Enrichissement de l'uranium :
- Limiter le niveau d'enrichissement à 3,67 % d'U-235 (convient à l'énergie civile et à la recherche, bien en dessous du niveau de qualité militaire d'environ 90 %) pendant 15 ans.
- Limiter les stocks d'uranium faiblement enrichi à 300 kg (de gaz UF6) pendant 15 ans (soit une réduction d'environ 98 % par rapport aux niveaux d'avant l'accord). L'excédent devait être dilué, vendu ou converti.
Installations :
- Natanz : principal site d'enrichissement (enrichissement autorisé mais sous certaines limites pendant 15 ans).
- Fordow : installation souterraine convertie en centre de recherche. Pas d'enrichissement d'uranium ni de R&D connexe pendant 15 ans.
- Réacteur à eau lourde d'Arak : repensé (avec l'aide internationale) pour minimiser la production de plutonium. Transfert du combustible usé hors d'Iran. Pas de nouveaux réacteurs à eau lourde pendant 15 ans. Pas de retraitement du combustible usé pendant 15 ans.
Surveillance et vérification : accès sans précédent de l'AIEA, y compris la surveillance continue des installations, le Protocole additionnel et un mécanisme permettant un accès rapide aux sites suspects (avec un processus de résolution d'une durée maximale d'environ 24 jours). L'Iran a mis en œuvre des garanties renforcées.
En contrepartie, l'Iran a bénéficié d'un allègement progressif des sanctions liées au nucléaire, à compter du jour de la mise en œuvre (16 janvier 2016) : déclenché après vérification par l'AIEA des premières mesures prises par l'Iran. Il s'agissait de la date principale de mise en œuvre :
- ONU : Abrogation des résolutions antérieures du Conseil de sécurité liées au nucléaire (sous réserve du mécanisme de "snapback" [possibilité de rétablir les sanctions onusiennes]).
- UE : Levée de pratiquement toutes les sanctions économiques/financières liées au nucléaire (banque, pétrole, transport maritime, assurance, automobile, or, etc.).
- États-Unis : Suspension de nombreuses sanctions secondaires (touchant les entreprises non américaines traitant avec l'Iran dans les domaines de l'énergie, de la finance, etc.). Quelques allègements primaires limités (par exemple, pièces d'avion, importations de tapis/denrées alimentaires). Les sanctions primaires américaines essentielles (terrorisme, droits de l'homme, missiles) sont restées en vigueur.
Phases ultérieures : allègements supplémentaires le jour de la transition (~8 ans après le jour de l'adoption) et le jour de l'expiration (18 octobre 2025, 10 ans après le jour de l'adoption), date à laquelle de nombreuses mesures de l'ONU et de l'UE devaient être définitivement levées.
L'Iran a pu accéder à ses avoirs gelés (estimés à environ 100 à 150 milliards de dollars) et a réintégré les marchés mondiaux du pétrole et des finances.
J'imagine que vous êtes nombreux à ne pas connaître la portée et la précision du JCPOA. Si JD Vance et Rubio parviennent à convaincre Trump de poursuivre une nouvelle version actualisée du JCPOA, ce sera le début d'une longue et laborieuse phase de négociations. Même si je doute que Trump ait la patience de s'engager dans un tel processus, j'ai bon espoir que, une fois qu'il réalisera que les États-Unis n'ont aucune option militaire valable pour vaincre l'Iran, il en conclura peut-être que c'est sa meilleure option pour obtenir un résultat qui puisse ressembler à une victoire. Sinon, la guerre risque de s'éterniser jusqu'aux élections de mi-mandat en novembre.
Traduit par Spirit of Free Speech
Marcello, qui anime Press of Mass Destruction, m'a questionné sur les dernières informations sur les négociations et le détroit d'Ormuz :
J'ai eu un entretien vraiment intéressant avec un nouveau YouTuber basé en Virginie :
De retour auprès de Mario (je sais, il agace certains d'entre vous, mais ce petit gars me plaît bien). J'apparais à 2 h 24 min 22 s, mais Mario avait une série d'invités de choix, dont Glenn Diesen, Mehdi Hassan et Trita Parsi :
Son of the New American Revolution
Trump Does TACO Tuesday, But Still Sabotages Exit Ramp... JCPOA 2
The saga of TACO Trump (i.e., Trump Always Chickens Out) continues to add new chapters... A few hours before the end of the two week ceasefire with Iran, Trump unilaterally announced an indefinite extension of the ceasefire (see image above), but also kept the blockade in place. After threatening to end Iran as a civilization, Trump backed down... And thank...