
Par Robert Inlakesh pour Al Mayadeen English, le 19 avril 2026
La guerre contre l'Iran n'a pas commencé le 28 février 2026, mais bien le 7 octobre 2023. C'est là que la réflexion stratégique des dirigeants israéliens a basculé.
Après avoir promis l'anéantissement, la domination et la victoire totale, les dirigeants israéliens font face à d'importantes difficultés, sans pour autant s'être rapprochés de quelque victoire que ce soit. Les victoires tactiques prétendument stratégiques ont été démasquées. Tel-Aviv enchaîne les agressions sans présenter la moindre stratégie à long terme pour réaliser les objectifs annoncés.
Depuis le 7 octobre 2023, l'ancien régime israélien n'existe plus. La planification méthodique, tromper l'opinion publique et engager une guerre de longue haleine ont fait place à la vengeance d'une violence impitoyable cherchant à réaliser en quelques mois ce qu'il poursuivait depuis des décennies.
La guerre contre l'Iran n'a pas commencé le 28 février 2026, mais le 7 octobre 2023. C'est là que l'approche stratégique des dirigeants israéliens a basculé. L'illusion du contrôle et de la supériorité absolus a été anéantie par quelques milliers de combattants palestiniens qui ont porté le coup le plus sévère de l'histoire au régime sioniste.
L'effondrement du commandement sud israélien face à une force de guérilla dotée d'armes légères artisanales, l'opération "Al-Aqsa flood", a marqué un tournant décisif. La décision de déclencher un génocide contre la population de Gaza n'a pas traîné.
Ce génocide est la stratégie en soi, pas la défaite militaire du Hamas ou d'une autre organisation palestinienne. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a naïvement cru que ce génocide restaurerait la "capacité de dissuasion" de l'État d'Israël, que le génocide entraînerait la défaite de facto de la Résistance et anéantirait la détermination palestinienne à résister, ouvrant la voie à un nettoyage ethnique de masse qui aurait des conséquences aussi désastreuses pour le Hamas que la défaite de l'OLP en 1982.
Cependant, lorsque cette stratégie s'est avérée inefficace à Gaza, l'armée israélienne a poursuivi ses interventions sans objectifs clairs, lançant opération après opération avec l'espoir vain d'atteindre les résultats escomptés. La plupart des opérations menées par les forces terrestres d'invasion à l'intérieur de Gaza consistaient simplement à détruire 24 heures sur 24. À tel point qu'elles ont même recruté des entreprises privées et des colons pour les assister dans ces activités.
Finalement, l'armée a buté sur un problème majeur : au bout de deux ans d'échecs, elle a présenté un plan d'occupation de type cisjordanien de la ville de Gaza, une tâche qui, selon les experts, pourrait leur prendre une décennie. D'où la décision d'accepter un cessez-le-feu, qui a simplement gelé la guerre et permis un échange de prisonniers.
Israël n'a pas non plus réussi à imposer sa suprématie au Liban. L'ancien chef du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, avait déclaré que le Liban demeurerait un front de soutien à Gaza jusqu'au bout.
"Le Hamas vaincra", a déclaré Nasrallah dans un discours de 2023, ajoutant : "Peu importe où le conflit nous mènera, le Hezbollah soutiendra Gaza".
Les opérations quotidiennes du Hezbollah ont constitué l'épine dans le pied des Israéliens, qui se sont alors mis à planifier une escalade sans précédent. Grâce à leurs attaques terroristes aveugles pilotées à distance, suivies de l'assassinat de Sayyed Hassan Nasrallah et de la plupart des hauts dirigeants du Hezbollah, les Israéliens ont cru avoir porté un coup fatal au groupe.
Ce mensonge a permis aux dirigeants israéliens de revendiquer une victoire majeure, et d'avoir détruit environ 80 % de l'arsenal du Hezbollah.
Mais en mars, lorsque le Hezbollah a commencé à riposter aux quelque 15 400 violations du cessez-le-feu commises par les sionistes, l'opinion publique israélienne a soudainement été sidérée par la puissance et la coordination des attaques du Hezbollah, d'autant que ces opérations étaient menées parallèlement aux frappes de missiles et de drones iraniens.
Finalement, sans victoires dans des villes clés comme Bint Jbeil et Khiam, les Israéliens ont accepté à contrecœur un cessez-le-feu temporaire, qu'ils ont immédiatement violé.
Si les Israéliens étaient si proches d'une victoire sur le Hezbollah, ou même s'ils pensaient qu'une telle victoire est possible, ils n'auraient jamais accepté de cessez-le-feu, quel qu'il soit. Mais ils ont été contraints de repartir de zéro.
La guerre de 12 jours contre l'Iran ne leur a strictement rien apporté. Ils ont également utilisé leurs alliés américains pour lancer une offensive aérienne sur le Yémen et n'ont atteint aucun de leurs objectifs. Puis vint l'attaque du 28 février contre l'Iran, où les coups les plus durs ont été portés les 24 premières heures. Mais même épaulés par les États-Unis, les Israéliens ont dû renoncer très vite aux espoirs de changement de régime.
Lorsque le groupe Ansar Allah du Yémen a rejoint le conflit pour soutenir l'Iran et le Hezbollah, les Israéliens n'ont même pas lancé de frappes sur le Yémen, estimant sans doute qu'une telle manœuvre serait vaine.
Le front libanais est donc à nouveau sous tension, le front iranien s'est enlisé sans qu'aucun objectif ne soit atteint, le Yémen sert de cible lorsqu'il pleut des bombes sur les alliés d'Israël et Gaza est un champ de ruines temporairement gelé sans qu'aucun objectif ne soit défini. Même en Syrie, les agressions permanentes peuvent se retourner contre eux.
Mais les fous furieux sionistes poursuivent toujours leur fantasme d'un "Grand Israël", allant même jusqu'à menacer la Turquie de représailles pour avoir osé les critiquer. Ce comportement et leurs choix depuis le 7 octobre témoignent d'une propension irrationnelle à ne jamais vouloir mettre fin aux conflits, sans plan cohérent pour remporter la victoire.
Les Israéliens exploiteront donc tous les accords de cessez-le-feu comme autant d'occasions d'élaborer de nouveaux plans d'agression. Qu'il s'agisse d'un cessez-le-feu au Liban, à Gaza ou en Iran, ils sont toujours prêts à agresser aveuglément tous leurs voisins.
Malgré leurs incessantes attaques ces deux dernières années et demie, leur sort n'a pas évolué. Un cessez-le-feu repousse simplement l'échéance, retardant l'inévitable reprise des hostilités. Deux options sont possibles : soit Israël est militairement anéanti, soit ses agressions se poursuivront. C'est un cercle vicieux qui ne prendra fin qu'une fois Israël définitivement terrassé.
Traduit par Spirit of Free Speech