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Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères. [Photo d'illustration]
Lors du Forum diplomatique d'Antalya ce 18 avril, le ministre russe des Affaires étrangères est revenu sur les multiples provocations des Occidentaux et alliés de Kiev, notamment les récentes attaques menées par les Ukrainiens depuis l'espace aérien d'États membres européens, rappelant que la Russie avait "de quoi répondre".
"Le président l'a dit à plusieurs reprises : nous avons de quoi répondre." Lors du Forum diplomatique d'Antalya, dans le Sud-Ouest de la Turquie, ce 18 avril, Sergueï Lavrov s'est adonné à une charge en bonne et due forme à l'encontre les Européens qui - depuis plus de 12 ans - ont pris fait et cause pour Kiev dans un bras de fer qui, début 2022, a fini par dégénérer en conflit ouvert.
"Certains ironisent aujourd'hui, affirmant que la Russie ne fait que promettre, tandis que l'Occident franchit sans cesse de nouvelles lignes rouges", a poursuivi le ministre russe, en référence aux multiples montées en puissance du soutien militaire des chancelleries occidentales aux forces ukrainiennes malgré les avertissements de Moscou.
"Aujourd'hui, les États baltes et la Pologne mettent leur espace aérien à disposition pour que des drones ukrainiens, ou fournis à l'Ukraine par certains membres de l'OTAN, attaquent le nord de la Russie", a-t-il ajouté, en référence aux récentes attaques de drones ukrainiens contre des infrastructures russes le long de la mer Baltique, soit à plus de 1 400 kilomètres de la frontière nord de l'Ukraine.
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Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, lors du Forum diplomatique d'Antalya, ce 18 avril, en Turquie.
"Et dans ce chœur de voix répétant qu'"il ne faut pas avoir peur de la Russie", certains vont peut-être jusqu'à nous qualifier, nous aussi, de" tigre de papier", comme Donald Trump l'a fait à propos de l'OTAN", a poursuivi Sergueï Lavrov, mettant "toutefois en garde contre de tels parallèles".
"Il y a dans notre caractère cette qualité qu'on appelle la patience", a-t-il fini par avertir. "Comme on dit : Dieu a fait preuve de patience, et nous devons en faire autant. Mais la patience a ses limites. Et je pense même que c'est une bonne chose que personne ne sache où se situe cette ligne rouge".
La reprise des négociations sur l'Ukraine "n'est pas une priorité absolue"
Sergueï Lavrov, à la tête de la diplomatie russe depuis deux décennies - l'aboutissement d'une carrière de diplomate -, a également eu quelques mots pour son "homologue" de la Commission européenne, Kaja Kallas, ex-Première ministre estonienne - aboutissement d'une ascension garantie au sein du Parti de la réforme (REF), fondé par son père Siim Kallas.
"Pour ma part, je reste serein. Tant que de telles personnes existent en Europe, nous pouvons espérer que les peuples européens, historiquement civilisés, éduqués et intelligents, sauront juger à leur juste valeur ce type de dirigeants", a tancé Sergueï Lavrov à l'encontre de Kaja Kallas, cette dernière manquant rarement une opportunité de faire part de son anti-russisme primaire et d'une certaine méconnaissance historique.
"Et lorsque ces mêmes dirigeants prétendront, à leur tour, diriger l'un des pôles d'un monde multipolaire et polycentrique, je pense qu'ils recevront ce qu'ils méritent", a-t-il ajouté. Celui-ci a également estimé que par "leurs interventions et déclarations publiques", des dirigeants français, britanniques, allemands - ou encore d'une Commission européenne qui "outrepasse ses pouvoirs" - "se sont eux-mêmes placés dans des positions dont il leur est désormais impossible de sortir sans perdre totalement la face".
Le ministre russe a également évoqué les nombreux "désaccords" entre Russes et Américains, soulignant toutefois que ceux-ci "dialoguent". Et d'évoquer les sanctions qui "n'ont pas été levées depuis l'ère Biden". Concernant les pourparlers autour de l'Ukraine, que des alliés européens de Kiev se sont évertués à faire dérailler à plusieurs reprises, Sergueï Lavrov a souligné que si une reprise des négociations était perçue d'un bon œil par la partie russe, celle-ci n'était pas pour autant "une priorité absolue dans [ses] affaires". "Nous n'avons imposé ces négociations à personne", a-t-il insisté.
