
Par Moon of Alabama - Le 12 avril 2026
La première série de pourparlers entre les États-Unis et l'Iran n'a abouti à rien.
Les négociateurs américains ont mal évalué leur situation et ont tenté d'imposer leurs conditions ( archivé):
Vance a peu parlé de ce qui s'est passé pendant plus de 21 heures de négociations, suggérant qu'il avait remis aux iraniens une proposition à prendre ou à laisser pour mettre fin à jamais à leur programme nucléaire, et ils l'ont rejetée."Nous avons clairement indiqué quelles sont nos lignes rouges", a déclaré M. Vance aux journalistes, "sur quels points nous sommes prêts à faire des concessions". Il a ajouté "ils ont choisi de ne pas accepter nos conditions".
Les États-Unis ont, jusqu'à présent, perdu cette guerre. Aucun objectif de guerre n'a été atteint. Ses tentatives de voler l'uranium enrichi de l'Iran se sont soldées par les plus grandes pertes de l'armée de l'air depuis l'époque de la guerre du Vietnam. Ils ne sont pas en mesure de fixer leurs conditions :
À cet égard, cette négociation semble avoir peu différé de celle qui s'était soldée par une impasse à Genève fin février,...Le principal levier de M. Trump réside désormais dans sa capacité à menacer de reprendre des opérations de combat majeures. Après tout, le fragile cessez-le-feu de deux semaines se termine le 21 avril. Mais si la menace de reprendre les opérations de combat peut être invoquée dans les prochains jours, ce n'est pas un choix politique particulièrement viable pour M. Trump, et les Iraniens le savent.
Trump a déclaré le cessez-le-feu la semaine dernière en grande partie pour endiguer la douleur causée par la perte de 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole, ce qui faisait grimper le prix de l'essence, créant des pénuries d'engrais et, entre autres fournitures essentielles, d'hélium pour la production des semi-conducteurs. Les marchés se sont redressés à la perspective d'un accord, même incomplet ou insatisfaisant. Si la guerre reprenait, les marchés chuteraient probablement, les pénuries s'aggraveraient et l'inflation, déjà à 3,3%, augmenterait presque inévitablement.
Et cela laisse ouverte la question la plus urgente : la réouverture du détroit d'hormuz.
Après la fin des négociations, un tweet de Donald Trump pointait vers un article qui affirme que sa meilleure prochaine étape pour rouvrir le détroit d'Hormuz est de bloquer l'Iran :
L'atout du président si l'Iran ne veut pas plier, un blocus naval : justthenews.com(TS: 12 avril 00: 16 ET)
L'article en question - L'atout que le président détient si l'Iran ne plie pas: un blocus naval - est de John Solomon, un avocat. Il est remarquable pour son ignorance :
Si l'Iran refuse d'accepter l'accord final proposé samedi par les États-Unis, Trump pourrait bombarder Téhéran pour la ramener à "l'âge de pierre" comme il l'a promis. Ou il pourrait simplement reprendre sa stratégie de blocus réussie pour étouffer une économie iranienne déjà chancelante et augmenter la pression diplomatique sur la Chine et l'Inde en leur coupant l'une de leurs principales sources de pétrole.Ironiquement, l'énorme porte-avions USS Gerald Ford qui a dirigé le blocus vénézuélien se trouve maintenant dans le golfe Persique après une brève interruption pour réparations et repos de l'équipage après un incendie meurtrier. Maintenant, il rejoint l'USS Abraham Lincoln et d'autres actifs navals majeurs.
L'USS Gerald Ford, avec des toilettes cassées et un lavoir brûlé, est en Méditerranée. Il faudrait passer le canal de Suez, le détroit de Bab al Mandeb et le détroit d'Hormuz pour atteindre le golfe Persique. Bab al Mandeb est contrôlée par les Houthis, Hormuz par l'Iran. Bonne chance en passant par là...
L'idée de lever le blocus iranien du détroit d'Hormuz en bloquant l'Iran n'est pas de John Solomon mais du néoconservateur fou Jack Keane :L'idée d'un blocus naval a été suggérée pour la première fois la semaine dernière par le général à la retraite Jack Keane, l'un des meilleurs stratèges militaires du pays.
"Si la guerre reprend et après que nous ayons suffisamment dégradé les actifs militaires restants de l'Iran, l'armée américaine pourrait choisir d'occuper Kharg - ou de la détruire", a écrit Keane dans une chronique du New York Post. "Alternativement, la marine américaine pourrait mettre en place un blocus, fermant la bouée de sauvetage des exportations de Téhéran".
"Si nous préservons l'infrastructure de Kharg et en prenons le contrôle physique, nous aurions un levier d'étranglement sur le pétrole iranien et son économie", a-t-il ajouté. "C'est le levier ultime dont nous aurions besoin pour saisir sa"poussière nucléaire"ou ses réserves d'uranium enrichi, et pour éliminer ses installations d'enrichissement".
Kharg n'a pas autant d'importance pour les exportations iraniennes que les fous de Washington le supposent. Pendant les huit années de la guerre Iran-Irak, Kharg a été maintenu fermé tandis que les exportations de pétrole de l'Iran continuaient.
Toute tentative de bloquer l'Iran nécessiterait le recours à la force pour empêcher les navires indiens, chinois et russes d'entrer dans les ports iraniens.
Cela signifierait également moins d'approvisionnement en pétrole pour les marchés mondiaux. Historiquement, les blocus maritimes mettent de nombreux mois, voire des années, à produire des effets. Trump n'a pas autant de temps pour survivre politiquement.
Moon of Alabama
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.