10/04/2026 ismfrance.org  4min #310559

Pendant le nettoyage ethnique colonial israélien, pas de levée de boucliers en faveur de la décolonisation

Ramona Wadi, 8 avril 2026. Du génocide à Gaza à la peine de mort en Cisjordanie occupée, Israël cherche à anéantir la résistance palestinienne et, à un rythme plus lent, à poursuivre le nettoyage ethnique du peuple palestinien.

Des manifestants se rassemblent devant les bureaux du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Hébron, en Cisjordanie (Palestine), le 2 avril 2026, pour protester contre la loi israélienne prévoyant la peine de mort pour les prisonniers palestiniens. [Wisam Hashlamoun - Agence Anadolu]

Les dernières  statistiques, considérées comme des estimations prudentes mais toujours diffusées comme le bilan officiel des victimes reconnu par le ministère palestinien de la Santé, montrent qu'Israël a tué 72.312 personnes et en a blessé 172.134.

Fin 2025, Israël avait  tué 21.283 enfants palestiniens.

Lundi, la Knesset israélienne a approuvé un projet de loi imposant la peine de mort aux Palestiniens reconnus coupables d'avoir tué des Israéliens. Les Israéliens juifs qui tuent des Palestiniens, en revanche, ne subiront pas le même sort. Dans une logique coloniale aussi perverse soit-elle, cette distinction se justifie : comment Israël aurait-il pu être créé si le sionisme n'avait pas autorisé et planifié le meurtre de Palestiniens ? Ce que le sionisme a obtenu par sa terreur paramilitaire, Israël le met désormais en œuvre dans sa législation.

De nombreux aveux sont obtenus sous la torture. Israël a exposé ses pratiques de torture au monde entier grâce à des images en provenance de Gaza. Il n'est plus question de nier la réalité. À Gaza comme en Cisjordanie occupée, Israël recourt aux mêmes tactiques pour justifier le meurtre de Palestiniens.

La seule différence réside dans le coup final : bombardements à Gaza et exécutions par pendaison en Cisjordanie occupée. Ces deux méthodes constituent un spectacle diplomatique, permettant à la diplomatie de jouer son jeu rhétorique. Elles aggravent un bilan humain que le monde a ignoré depuis la Nakba de 1948.

L'organisation israélienne de défense des droits humains B'Tselem a  publié une déclaration : "La loi sur la peine de mort institutionnalisera un mécanisme étatique d'exécution des Palestiniens. La loi est rédigée de manière à ne s'appliquer qu'aux Palestiniens et vise à normaliser leur exécution comme un instrument de punition courant, par le biais de diverses mesures."

Les dirigeants israéliens incitent au génocide par leur rhétorique. Plusieurs parlementaires israéliens ont arboré des épinglettes en forme de nœud coulant pour exprimer leur soutien à l'exécution des Palestiniens par pendaison. Dans les deux cas, la réaction internationale a été, comme prévu, timide : se contentant de répéter ce que le droit international stipule.

Israël sait qu'il viole le droit international. Les dirigeants mondiaux le savent et laissent Israël impuni pour ces violations. Entre condamnations et inaction, la communauté internationale a normalisé Israël et ses actions. Elle a normalisé le génocide commis par Israël ; l'exécution par pendaison aura moins d'impact au sein de la communauté internationale.

En fin de compte, le colonialisme, le génocide, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le système d'apartheid qui autorise cette forme de législation sur les exécutions font partie intégrante du système que la communauté internationale cautionne.

La communauté internationale ne peut choisir de légitimer, de protéger et de soutenir Israël sans étendre ce soutien à ses actions. Quel que soit le degré d'effacement du colonialisme, il n'en demeure pas moins que la communauté internationale soutient l'ensemble du système colonial israélien, qui inclut le génocide et les exécutions, parmi ses autres violations. Face à Israël, les dirigeants mondiaux ne peuvent agir de manière isolée. Soutenir Israël sans condamner son génocide est absurde : Israël a été fondé sur un nettoyage ethnique en 1948.

C'est pourquoi la communauté internationale garde le silence, hormis quelques déclarations de pure forme. Le colonialisme israélien démontre clairement qu'il est impossible de se détacher de l'entreprise coloniale et de ses agissements, et aucun dirigeant mondial n'est prêt à faire le premier pas vers la décolonisation en rejetant totalement Israël et ses actions.

Article original en anglais sur  Middle East Monitor / Traduction MR

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