Al Mayadeen, 9 avril 2026.- L'occupation israélienne a intensifié son attaque à grande échelle contre le Liban, menant une série de frappes aériennes coordonnées qui ont fait plus de 250 morts et plus de 1.150 blessés hier mercredi 8, selon le ministère libanais de la Santé.

100 frappes aériennes israéliennes en 10 minutes au Liban, concentrées sur Beyrouth, la Bekaa et le Sud. VIDEO
Israël a lancé environ 150 frappes aériennes à travers le Liban en seulement deux heures, ce qui souligne l'ampleur et l'intensité des attaques qui ont ciblé plusieurs régions du pays, notamment la capitale Beyrouth, sa banlieue sud, le Sud-Liban, la vallée de la Bekaa et le Mont-Liban. Les quartiers résidentiels et les infrastructures civiles ont été les plus durement touchés.
La Défense civile libanaise a annoncé qu'un total de 254 personnes ont été tuées et 1.165 blessées lors des attaques de mercredi.
À Beyrouth seulement, on dénombre 92 morts et 742 blessés, tandis que la banlieue sud a enregistré 61 morts et 200 blessés. Dans les régions de Baalbek et d'Hermel, on dénombre respectivement 18 et 9 morts, et des dizaines de blessés.
D'autres zones ont également été durement touchées : 28 morts et 59 blessés à Nabatieh, 17 martyrs et 6 blessés à Alay, 12 martyrs et 56 blessés à Saïda, et 17 martyrs et 68 blessés à Tyr.
Peu après minuit jeudi, un avion de combat israélien a mené une violente frappe aérienne sur la banlieue sud de Beyrouth, dans une vague de raids continus visant des zones densément peuplées. L'attaque a causé de nouvelles destructions et alourdi le bilan déjà lourd des victimes.
Les équipes médicales et les services d'urgence peinent à faire face à l'ampleur des destructions, les hôpitaux étant soumis à une pression croissante en raison des bombardements continus.

L'attaque israélienne à travers la capitale du Liban, Beyrouth, et sa banlieue sud, avec des bombardements menés à quelques minutes d'intervalle. VIDEO.
Ces bombardements ont suivi l'annonce d'un accord de cessez-le-feu immédiat qui devait inclure le Liban. Cependant, l'occupation israélienne a violé le cessez-le-feu et a poursuivi ses attaques, perpétrant des bombardements massifs qui s'apparentent à des massacres de civils. L'agression a ciblé des habitations, des bâtiments et des infrastructures dans plusieurs régions, entraînant une forte augmentation du nombre de victimes et des destructions généralisées. La poursuite des bombardements constitue une violation flagrante du cessez-le-feu et montre une politique d'escalade délibérée.

L'attaque israélienne sur plusieurs zones du Mont Liban. VIDEO
Le Hezbollah condamne les attaques et promet une riposte.
Le Hezbollah a condamné les massacres israéliens, affirmant que le sang des victimes "ne sera pas versé en vain".
"Animé par une haine aveugle, une criminalité endémique et une brutalité sans bornes, désormais profondément ancrées dans sa nature, l'ennemi israélien a perpétré aujourd'hui une série de massacres itinérants contre des populations civiles en sécurité", souligne le communiqué.
La résistance a affirmé que ces crimes ne resteraient pas impunis, réitérant son engagement à défendre le Liban et à faire face à l'agression en cours.
Des voix politiques libanaises ont mis en garde contre toute tentative de restreindre le rôle de la résistance, soulignant qu'empêcher cette dernière de défendre le pays violerait les principes constitutionnels.
Déclaration du député Jradi à Al Mayadeen : Nous resterons le dernier bastion de l'humanité
Le député libanais Elias Jradi a déclaré mercredi à Al Mayadeen que "le fait que le gouvernement libanais empêche le peuple de se défendre et de résister à l'ennemi constitue un crime contre l'humanité".
M. Jradi a imputé au "silence international face aux crimes de l'ennemi de l'humanité" la responsabilité de l'agression israélienne contre le Liban, se disant surpris par le "silence suspect des autorités libanaises" face à la brutalité des attaques et à l'empêchement du peuple de résister à l'ennemi.
"Nous demanderons des comptes aux autorités actuelles pour avoir empêché toute résistance contre l'ennemi", a-t-il affirmé, ajoutant que "le gouvernement libanais a violé la Constitution en empêchant toute résistance contre l'ennemi et l'occupant".
Concernant les déclarations officielles condamnant les attaques israéliennes, le député libanais les a qualifiées d'"absolument insuffisantes", et a souligné que "la société libanaise est unie contre l'agression perpétrée par l'ennemi de l'humanité".
"Nous resterons le dernier bastion de l'humanité et nous vaincrons ce mal", a-t-il conclu.
Les appels à des poursuites judiciaires se multiplient face aux pressions internes visant à affaiblir les capacités de défense du Liban dans un contexte d'attaques israéliennes persistantes. L'agression israélienne continue, conjuguée au nombre croissant de martyrs, souligne la détérioration rapide de la situation au Liban.
Trois clauses clés du cessez-le-feu violées avant même le début des négociations : Ghalibaf
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a vivement critiqué les violations de la proposition en dix points de la République islamique, également connue sous le nom d'Accord-cadre, avant même le début officiel des négociations.
Ghalibaf a souligné la méfiance historique de Téhéran envers les États-Unis, faisant remarquer qu'elle "découle de ses violations répétées de tous ses engagements, un un schéma qui se répète malheureusement une fois de plus".
Il a souligné que la proposition, que le président américain a qualifiée de " base de négociation acceptable", a déjà été violée sur trois points importants :
►Cessez-le-feu au Liban - La première clause de la proposition, à laquelle le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a également fait explicitement référence, appelle à "un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban et dans d'autres régions, applicable immédiatement". Ghalibaf a constaté que cet engagement n'avait pas été respecté.
►Violation de l'espace aérien iranien - Un drone intrus a pénétré dans l'espace aérien iranien et a été détruit à Lar, dans la province de Fars, en violation flagrante de la clause interdisant de telles violations.
►Droit à l'enrichissement nucléaire - Le droit de l'Iran à l'enrichissement nucléaire, inscrit dans la sixième clause de l'accord-cadre, a été bafoué.
"Toute attaque contre le Hezbollah est une attaque contre l'Iran", a déclaré le chef des Gardiens de la révolution.Par ailleurs, les Gardiens de la révolution ont condamné la brutale agression israélienne contre le Liban et affirmé qu'"Israël" ciblait des civils, notamment des femmes et des enfants, et ont averti d'une riposte imminente.
Le communiqué précise : "Nous adressons un avertissement sévère aux États-Unis, qui violent les accords, et à leur complice israélien : si les attaques contre notre cher Liban ne cessent pas immédiatement, nous remplirons notre devoir et apporterons une riposte qui fera regretter leurs actes aux agresseurs de la région."
Dans le même contexte, le général de brigade Majid Mousavi, commandant des forces aérospatiales du Corps des gardiens de la révolution islamique, a déclaré : "Toute attaque contre le fier Hezbollah est une attaque contre l'Iran." Il a également affirmé que le champ de bataille se préparait à "une riposte écrasante aux crimes monstrueux de l'entité israélienne".
Article original en anglais sur Al Mayadeen / Traduction MR
