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Ces sociétés chinoises exploitent la puissance de l'IA pour agréger et interpréter des volumes importants d'informations ouvertes. [Photo d'illustration]
Des sociétés chinoises auraient recours à l'IA pour traiter des données accessibles au public et en extraire des informations sur les dispositifs, les déplacements et les préparatifs des forces américaines au Moyen-Orient. Ces informations seraient ensuite transformées en offres commerciales et proposées à la vente, rapporte le Washington Post.
À mesure que les technologies d'intelligence artificielle gagnent en maturité, de nouveaux acteurs privés redéfinissent les usages de l'information dans un contexte de conflits armés. Selon le Washington Post, plusieurs entreprises chinoises ont commencé à proposer à la vente des analyses portant sur les capacités militaires et les mouvements des forces américaines au Moyen-Orient, en s'appuyant exclusivement sur des données accessibles publiquement.
Ces sociétés affirment exploiter la puissance de l'IA pour agréger et interpréter des volumes importants d'informations ouvertes - images satellitaires, communications accessibles, données logistiques - afin de reconstituer des schémas opérationnels. Dans certains cas, leurs publications détaillent avec précision les équipements présents sur des bases américaines, les déplacements de groupes aéronavals ou encore les procédures de préparation d'opérations aériennes dirigées contre Téhéran.
Un signal "préoccupant" pour la sécurité nationale
Toujours d'après le quotidien américain, certaines de ces entreprises entretiendraient des liens avec l'Armée populaire de libération, bien que Pékin continue officiellement de se tenir à distance du conflit impliquant l'Iran. Néanmoins, cette posture n'empêche pas l'émergence d'un écosystème d'entreprises, apparu ces dernières années, qui développerait des solutions d'intelligence artificielle à vocation militaire.
Si certains responsables et experts américains relativisent la portée réelle de ces outils, tous s'accordent à reconnaître que leur multiplication constitue un signal "préoccupant" pour la sécurité nationale.
Le 28 février dernier, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran en avançant notamment comme objectif d'empêcher Téhéran de "se doter de l'arme nucléaire". Toutefois, même des responsables américains de haut niveau ont à plusieurs reprises déclaré ne disposer d'aucun élément indiquant une telle intention de la part de l'Iran. En réponse, ce dernier a mené des attaques visant des cibles liées aux États-Unis et à Israël, y compris des bases militaires situées dans d'autres pays de la région, ainsi que des infrastructures énergétiques.