31/03/2026 francais.rt.com  3min #309523

Rdc : l'armée lance une opération de désarmement contre les Fdlr

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Le lieutenant-général Nduru Jacques Ychaligonza, chef d'état-major adjoint des FARDC. [Photo d'archives]

L'armée congolaise a annoncé le lancement d'une campagne de désarmement visant les FDLR, groupe armé lié au génocide rwandais de 1994. Cette initiative s'inscrit dans le cadre des efforts pour relancer l'accord de paix avec le Rwanda, sous médiation américaine, malgré des tensions persistantes entre les deux pays.

L'armée de la République démocratique du Congo (RDC) a entamé une nouvelle phase dans la gestion du conflit à l'est du pays en lançant une opération de désarmement ciblant les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Ce groupe armé, actif sur le territoire congolais, comprend notamment d'anciens éléments de l'armée rwandaise et des milices impliquées dans le génocide de 1994.

L'annonce a été faite, le 29 mars, par le lieutenant-général Nduru Jacques Ychaligonza, chef d'état-major adjoint des Forces armées de la RDC (FARDC), dépêché à Kisangani pour superviser les préparatifs de cette opération. Les autorités congolaises entendent privilégier, dans un premier temps, une approche non violente, en appelant les combattants à déposer volontairement les armes. "Ils doivent rendre leurs armes, volontairement ou par la force", a-t-il déclaré, tout en affirmant que l'objectif reste d'éviter toute effusion de sang.

Un site d'accueil a été mis en place à Kisangani pour recevoir les combattants désarmés, qui devraient ensuite être rapatriés vers le Rwanda. Kigali considère de longue date la neutralisation des FDLR comme une condition essentielle à tout apaisement durable dans la région.

RDC-Rwanda, une relation marquée par la défiance

Cette initiative intervient dans un contexte diplomatique sensible. Deux semaines plus tôt, des responsables congolais et rwandais s'étaient rencontrés à Washington afin de relancer l'accord de paix signé en juin dernier, sous l'égide des États-Unis. Cet accord prévoit notamment le démantèlement des FDLR par Kinshasa et le désengagement des forces rwandaises.

Les relations entre les deux pays restent toutefois marquées par une profonde défiance. Le Rwanda accuse régulièrement la RDC de coopérer avec les FDLR, tandis que Kinshasa reproche à Kigali de soutenir le mouvement rebelle M23, actif dans l'est du pays. Le Rwanda dément ces accusations.

Sur le terrain, la situation demeure volatile. Selon les autorités provinciales, les combattants du M23 se sont récemment retirés d'une douzaine de villages dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Le groupe rebelle évoque, de son côté, une simple rotation de ses troupes.

Malgré les engagements pris dans le cadre de l'accord de paix, les affrontements se poursuivent sur plusieurs fronts, soulignant la fragilité du processus en cours. L'opération de désarmement des FDLR apparaît ainsi comme un test crucial pour la crédibilité des efforts diplomatiques et la stabilisation durable de la région.

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