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Le Burkina Faso s'engage dans une nouvelle phase institutionnelle avec l'adoption d'une "Charte de la Révolution", destinée à redéfinir l'organisation de l'État. Ce texte remplace le cadre antérieur et apporte plusieurs ajustements à la suite des évolutions politiques récentes du pays.
Le Burkina Faso s'est doté d'un nouveau cadre institutionnel à la suite du vote intervenu le 27 mars au Parlement. Les députés ont validé, sans opposition, une charte dite "de la Révolution", appelée à remplacer le texte qui encadrait jusqu'ici la période de transition ouverte en 2022.
Soumis par le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, le projet a été examiné puis adopté à l'issue d'un scrutin secret. L'objectif de cette charte serait d'intégrer dans le droit les transformations intervenues depuis le début de la transition.
Parmi les évolutions notables, le préambule accorde désormais une place explicite à des principes tels que la défense nationale, l'engagement patriotique populaire et de souveraineté nationale. Le document modifie également la terminologie institutionnelle : les références à la transition disparaissent des dénominations officielles du gouvernement et du Parlement. Par ailleurs, la dissolution des partis politiques s'accompagne d'une recomposition du Parlement, avec une redistribution des sièges.
Dans le même temps, la réforme prend en compte les ajustements territoriaux opérés ces dernières années, en intégrant notamment les régions créées après 2022 dans l'organisation administrative du pays.
La période de transition au Burkina Faso a débuté en 2022, après l'arrivée au pouvoir des autorités dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré. Initialement prévue pour une durée de 21 mois, cette phase aurait dû déboucher sur un retour à un pouvoir civil à l'été 2024. Ce calendrier a toutefois été revu, l'échéance étant désormais fixée à 2029.