26/03/2026 ssofidelis.substack.com  4min #308988

Faux comptes, faux sites : Une société israélienne a attaqué trois députés Lfi

Entre faux nus générés par IA et QR codes piégés, une société israélienne a transformé trois élus de LFI en cobayes d'une guerre numérique sans frontières.

Par  Yoann pour le Media en 4-4-2, le 26 mars 2026

La campagne des municipales 2026 aura été le théâtre d'une opération de déstabilisation numérique d'une sophistication inédite. Trois élus de La France insoumise (LFI) - Sébastien Delogu (Marseille), François Piquemal (Toulouse) et David Guiraud (Roubaix) - en ont été les cibles privilégiées. Selon les révélations du Canard enchaîné, une société israélienne, toujours non identifiée, aurait orchestré une campagne de désinformation massive, mêlant faux sites internet, comptes sociaux truqués et accusations calomnieuses. La DGSE, la DGSI et Viginum ont ouvert une enquête pour ingérence étrangère.

L'arsenal numérique de la désinformation

Les méthodes employées relèvent d'un manuel bien rodé : faux blogs accusateurs (violences, pédocriminalité, images truquées par IA), QR codes collés dans l'espace public renvoyant vers des contenus diffamatoires, et une armée de faux comptes sur X et Facebook, souvent géolocalisés en Asie pour brouiller les pistes. David Guiraud, fraîchement élu maire de Roubaix, a été alerté en urgence par Viginum. Ses collègues Delogu et Piquemal, déjà habitués aux attaques, avaient porté plainte pour diffamation.

L'élément nouveau ? L'origine israélienne des outils utilisés. Les services français, spécialisés dans la traque des "marqueurs techniques" d'ingérence, confirment la piste. Une première en France, où les cyberattaques étrangères ciblaient jusqu'ici plutôt la Russie, la Chine ou l'Iran.

ELNET, le lobby pro-israélien dans la ligne de mire

Dès les premières révélations du Monde (9 mars), les enquêteurs avaient repéré un lien troublant avec ELNET, un lobby pro-israélien particulièrement actif en France. Les faux comptes relayaient systématiquement ses messages tout en ciblant les deux élus les plus critiques envers la politique israélienne à Gaza : Delogu et Piquemal. Viginum avait déjà classé ces attaques comme relevant de "critères d'ingérence numérique étrangère" dès février.

Rien de surprenant pour les observateurs : ELNET, connu pour son influence sur les élites politiques européennes, a déjà été impliqué dans des opérations similaires en Afrique (Gabon, Nigeria). L'innovation ? L'exportation de ces méthodes en France, avec une cible claire : la gauche radicale.

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Réactions : entre indignation et résignation

Les trois élus visés ont réagi avec une détermination teintée de fatalisme :

 Sébastien Delogu :

"Après les insultes et les menaces, voici les officines étrangères qui organisent des campagnes de calomnie. Le lobby ELNET est dans le collimateur. Ils ne m'impressionnent pas".

 François Piquemal :

"Ce n'est malheureusement pas une surprise. Nous subissons depuis des années le harcèlement des réseaux pro-israéliens".

 David Guiraud, plus discret, s'en est tenu aux alertes de Viginum.

 Manuel Bompard, figure de LFI, a dénoncé

"une opération d'influence menée en France contre la France insoumise".

La démocratie locale, nouveau front des cyberconflits

Cette affaire s'inscrit dans une tendance lourde : la multiplication des ingérences numériques en France. Viginum en avait recensé 25 en 2024. Les municipales 2026, scrutins locaux mais hautement politisés, sont devenues un terrain de prédilection pour les acteurs étrangers.

Officiellement, aucune preuve ne lie directement l'État hébreu à cette opération. Pour l'instant, il s'agit d'une société privée. Mais les enquêtes en cours devront éclaircir ses liens avec ELNET - et, surtout, avec Tel-Aviv.

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