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Benjamin Netanyahou à la Knesset.
Des propos racistes attribués à Ziv Agmon visent des responsables mizrahim du Likoud. L'affaire ravive les tensions historiques entre juifs ashkénazes et mizrahim en Israël. Une forte pression politique s'exerce pour obtenir son éviction et une réaction de Netanyahou.
Une vive controverse secoue la scène politique israélienne après la diffusion d'enregistrements attribués à Ziv Agmon, proche collaborateur de Benjamin Netanyahou. Révélés par Channel 12, ces propos visent directement des figures du Likoud d'origine mizrahi, ravivant des tensions historiques au sein de la société israélienne. Les Mizrahim sont les juifs issus de sociétés majoritairement musulmanes.
Dans ces enregistrements, Ziv Agmon tient des propos ouvertement insultants, qualifiant certains députés de "babouins" ou de "Marocain attardé", en référence à leurs origines nord-africaines. Il critique également le fonctionnement démocratique interne du Likoud, suggérant de supprimer les primaires pour éviter l'émergence de figures qu'il juge "incompétentes".
Fracture sociétale en Israël
Ces déclarations s'inscrivent dans un contexte sensible. Les Juifs mizrahim, originaires du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, ont massivement immigré en Israël après 1948. Longtemps marginalisés par les élites ashkénazes d'origine européenne, ils ont subi des discriminations économiques, sociales et culturelles. Malgré une meilleure intégration politique au fil des décennies, notamment à travers le Likoud ou le parti Shas, des inégalités persistantes demeurent, notamment en matière de revenus et d'accès à l'éducation.
La polémique est d'autant plus forte que le Likoud est souvent perçu comme le principal relais politique des Mizrahim, bien qu'aucun dirigeant issu de cette communauté n'ait jamais pris la tête du parti. Les propos de Ziv Agmon apparaissent ainsi comme une remise en cause directe de sa base électorale.
Face à la colère, plusieurs responsables politiques ont exigé son limogeage immédiat, dénonçant des propos "inacceptables" et incompatibles avec toute fonction publique. Si Ziv Agmon a rejeté les accusations de racisme, affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte, la pression s'accentue sur Netanyahou, accusé de silence.
Cette affaire met en lumière des fractures identitaires toujours vives en Israël, où les clivages entre ashkénazes et mizrahim continuent de structurer une partie du débat politique et social.