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 Washington frappe le site nucléaire de Natanz en Iran, riposte potentielle sur le site israélien de Dimona

24/03/2026 ssofidelis.substack.com  6min #308759

 Washington frappe le site nucléaire de Natanz en Iran, riposte potentielle sur le site israélien de Dimona

La spirale infernale

Par Pepe Escobar, le 23 mars 2026

Le culte de la mort en Asie occidentale frappe South Pars, qui fait partie du plus grand gisement de gaz au monde, partagé avec le North Dome du Qatar. Puis c'est le tour de la centrale nucléaire de Natanz.

Les lignes rouges sont franchies les unes après les autres.

La machine infernale que constitue cette escalade - sans issue - est impitoyable.

Le culte de la mort en Asie occidentale a frappé South Pars, qui partage avec le Qatar le gisement North Dome, l'un des plus grands gisements de gaz au monde. Il a ensuite frappé la centrale nucléaire de Natanz.

L'Iran a bombardé Dimona et Arad dans le sud d'Israël - à quelques 10 km seulement du centre de recherche nucléaire du Néguev.

Israël continue de bombarder Téhéran sans relâche et frappe à nouveau Ispahan. Le ministre iranien de l'Énergie confirme que

"les infrastructures vitales du pays en matière d'eau et d'électricité ont subi de très gros dégâts", notamment "des dizaines d'infrastructures de transport et de traitement de l'eau" et "des réseaux d'approvisionnement en eau essentiels".

Neo-Caligula, en pleine crise d'hystérie, a lancé un ultimatum de 48 heures : rouvrir le détroit d'Ormuz d'ici lundi soir, sinon les États-Unis "frapperont et anéantiront" les centrales électriques iraniennes "en commençant par la plus grande".

L'Iran a répondu que le détroit d'Ormuz sera "complètement verrouillé" si les centrales électriques sont touchées. Le président du Parlement, Ghalibaf, a réaffirmé que toutes les infrastructures énergétiques et pétrolières du golfe Persique seront des "cibles légitimes" et "détruites de manière irréversible". Insistance sur le mot "irréversible".

Cet article a été rédigé alors que le temps presse - en début de soirée en Asie.

Les prévisions de Goldman Sachs tablant sur un prix du baril compris entre 110 et 125 dollars en avril sont déjà caduques. Il avoisinera plutôt les 200 dollars.

Alors que le temps presse, l'Iran insiste une nouvelle fois : pas de capitulation.

Téhéran a publié plutôt ses cinq conditions majeures, qui s'inscrivent dans une nouvelle équation stratégique et juridique.

  1. Des garanties juridiques contre toute nouvelle guerre.
  2. Retrait des bases militaires américaines d'Asie occidentale - dans un délai de 30 jours.
  3. Versement de réparations, à hauteur de 500 milliards de dollars.
  4. Fin des guerres contre l'Axe de la Résistance.
  5. Mise en place d'un nouveau statut juridique pour le détroit d'Ormuz.

Comparons maintenant ces conditions à l'objectif de Barbaria de mettre fin à la guerre "en quelques semaines" :

  1. Démantèlement du programme nucléaire iranien.
  2. Restrictions sévères sur les missiles.
  3. Fin du soutien aux "mandataires" en Asie occidentale.

En d'autres termes : capitulation.

Un décret du Babouin de Barbarie

L'Empire du Chaos, sous la houlette de ce babouin déboussolé, serait apparemment en quête d'une porte de sortie, façon TACO [Trump Always Chickens Out, soit en français "Trump se défile toujours"]. Cette sortie inexistante est un impératif catégorique (Larijani, spécialiste de Kant, aurait pu l'expliquer).

Si l'Empire fait marche arrière, le pétrodollar s'effondre - c'est déjà le cas - et les chihuahuas du golfe Persique seront plus tard absorbés en tant que clients de l'Iran. Sans oublier que l'Empire du Chaos et du Pillage, endetté à hauteur de 39 milliards de dollars, plongera lui-même dans un effondrement économique assuré.

L'Iran ne peut tout simplement pas se permettre d'affaiblir la dissuasion qu'il a fermement établie. Si le réseau électrique - civil - est pris pour cible, comme il l'était déjà avant même l'expiration de l'ultimatum, la réponse à ce crime de guerre doublé de sanction collective doit être exemplaire.

Le zugzwang est en place. Si l'armada de néo-Caligula tente de s'emparer de l'île de Kharg, les Houthis bloqueront le détroit de Bab al-Mandeb. Si néo-Caligula bombarde les centrales électriques iraniennes conformément à son ultimatum, l'Iran détruit l'énergie du golfe Persique.

Si ces deux bluffs s'enchaînent, tout laisse présager un Shah Mat. Échec et mat.

À l'heure actuelle, la menace du néo-Caligula pourrait bien être en passe de devenir l'exemple ultime du nouveau paradigme : un chaos international dépourvu de toute règle. Si je ne t'aime pas, je te bombarde et je te tue.

Le tout "légitimé" par le système politique et juridique américain : un crime de guerre annoncé haut et fort à l'avance dans un message sur les réseaux sociaux, de manière unilatérale, en contournant tout système de contrôle et d'équilibre, la supervision du Congrès, le contrôle judiciaire et le débat de la société civile. Un décret du Babouin de Barbarie.

L'Iran dispose de tous les atouts nécessaires pour calibrer sa réponse à cette folie qui propulse simultanément dans le vide l'approvisionnement énergétique mondial, les marchés financiers et les chaînes d'approvisionnement de pratiquement tout ce que les gens consomment.

Le président du Parlement, Ghalibaf, a déjà lancé un avertissement sans détour : les détenteurs de bons du Trésor américain sont désormais des cibles légitimes. "Nous surveillons votre portefeuille". Il encourage en substance les pétro-monarchies lâches du CCG à se débarrasser de leurs bons du Trésor afin de ne plus figurer sur la liste des cibles - l'équivalent d'une bombe nucléaire financière.

L'Iran a déjà bombardé trois centres de données d'Amazon dans le Golfe. Les prochains sur la liste sont Google, Microsoft, Nvidia, Oracle et Palantir. Les fonds souverains saoudiens et émiratis devront sérieusement réfléchir au risque élevé associé à la dette américaine. L'Empire du Chaos doit emprunter massivement pour financer cette Guerre Éternelle. Si les rendements deviennent incontrôlables, le financement sera impossible.

Et puis, comme par magie, l'ultimatum a expiré de lui-même, grâce au néo-Caligula en personne. On peut parler d'un véritable TACO royal.

Sa diatribe sur Truth Social sonne faux de bout en bout. Elle contient des perles telles que

"des conversations très fructueuses et productives sur une résolution complète et totale de nos différends".

Le ministère iranien des Affaires étrangères a été catégorique : il n'y a pas eu de négociations. "L'Iran rejette toute négociation tant que les objectifs de la guerre ne sont pas atteints").

À première vue, le néo-Caligula a décidé de

"reporter toute frappe militaire contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours".

Ce qui s'est peut-être réellement passé, c'est que l'Iran, via Oman, a fait savoir au néo-Caligula qu'il détient toutes les cartes, et que s'il met sa menace à exécution, il sera le seul responsable de l'effondrement de l'économie mondiale. La confusion s'est donc installée dans l'univers de Mar-a-Lago, alors que les bons du Trésor américain et les actions sont déjà en proie à la panique, que des attaques contre des centrales électriques iraniennes ont déjà eu lieu tôt lundi matin, et que l'Iran s'apprête à riposter en force au cœur de la nuit.

La machine infernale de l'escalade est toutefois loin d'être maîtrisée. Rendez-vous dans cinq jours.

Traduit par  Spirit of Free Speech

 strategic-culture.su

 ssofidelis.substack.com