par Alfredo Jalife-Rahme
L'interview de Joe Kent par Tucker Carlson a ouvert des portes, jusqu'ici inconnues, dans le monde secret de la politique états-unienne. Le rôle de la principale donatrice des campagnes électorales de Donald Trump y apparaît d'un nouveau jour ; de même que l'assassinat de Charlie Kirk et le deuil national qui l'a suivi.

Lors de son discours à la Knesset, le 13 octobre 2025, le président Trump s'adressa à Miriam Adelson et lui rappela, sur le ton de la plaisanterie, qu'elle ne souhaite pas dire si elle était plus attaché à Israël ou aux États-Unis. Continuant à badiner, il fit remarquer que son défunt mari était tellement habitué à s'imposer à la Maison-Blanche qu'il pouvait encore s'y présenter.
La démission de Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme [1], qui a accusé Netanyahu d'avoir poussé le suggestible Trump dans l'aventure catastrophique (Mearsheimer dixit) de la guerre contre l'Iran, pour mettre en œuvre son projet talmudique irrédentiste de "Grand Israël" - entité qui n'a jamais existé en tant que telle -, est un coup de tonnerre en résonance avec le diapason de la secte eschatologique/kabbalistique/pédiatrique de Chabad-Loubavitch.
L'interview tellurique conduite par Tucker Carlson, le présentateur médiatique états-unien consacré, avec l'ancien agent de la CIA Joe Kent, a duré deux heures [2], au cours desquelles il a été révélé que ce sont le meurtre du jeune Charlie Kirk [3] et certaines menaces d'anéantissement des membres de la famille Trump qui ont poussé le président à laisser Netanyahou l'entraîner dans la guerre. Il existe une version, qui peut sembler farfelue à certains et très plausible à d'autres, selon laquelle, face aux menaces de mort des hordes du Mossad - de ceux-là mêmes qui semblent avoir à leur crédit l'assassinat du président Kennedy - Trump aurait envoyé Joe Kent tirer la sonnette d'alarme sur la probabilité d'une guerre nucléaire. Est-ce que cela se confirmera ?
Joe Kent a souligné qu'Israël n'a jamais été capable de "renverser des gouvernements entiers" ni de mener des actions telles que la guerre en Iran, en Irak ou la déstabilisation de la Syrie : "Israël n'aurait pas pu mener seul ces grands changements de régime auxquels les États-Unis ont participé" : c'est la raison pour laquelle le lobby pro-israélien est "si puissant, si pesant et si agressif," aux États-Unis. Fait intéressant, Joe Kent n'a pas abordé le "cartel d'Epstein".
Les États-Unis luttent contre leurs démons intérieurs sur la possibilité d'une sécession entre la Maison-Blanche et la synagogue du culte eschatologique kabbalistique de Chabad Loubavitch, liée aux dons toxiques de la milliardaire microbiologiste/généticienne Miriam Adelson, 80 ans. Celle-ci, avec près de 42 milliards de dollars [4] est plus que tout une méga-sioniste fan de Netanyahou, la propriétaire d'Israel Hayom (le journal le plus lu d'Israël) et la veuve du méga maffieux feu Sheldon Adelson, fondateur de l'empire de casinos "noirâtres" de Las Vegas Sands [5]. On appelle Myriam Adelson MA, la "Médée israélienne".
Joe Kent a expliqué que l'Iran ne représente aucune menace pour les États-Unis et qu'il n'y avait aucun indice laissant supposer que l'Iran envisage de fabriquer une bombe nucléaire à court terme, contrairement à ce que vocifère la propagande mensongère et coutumière de Netanyahu, celui qui invente la "menace perse" depuis plus de 34 (sic) ans.
Le controversé directeur du FBI, l'Indo-Américain Kash Patel - dont le partenaire Alexis Wilkins est accusé d'être un agent présumé du Mossad - a lancé une enquête pénale contre Joe Kent et ses prétendues fuites d'informations classifiées. Parallèlement, le général Dan Caine, chef des forces armées interarmées de l'armée, était très réticent à l'idée de se lancer dans l'aventure de la guerre Trump/Netanyahu [6].
Joe Kent a rétorqué qu'il avait été empêché d'enquêter sur le meurtre de Charlie Kirk (malgré un financement notoire de ses donateurs israéliens de l'AIPAC) pour s'être heurté à la volonté d'Israël de pousser Trump à entrer en guerre contre l'Iran. Jusqu'à présent, tout semble indiquer que la guerre contre l'Iran, plutôt qu'une guerre de Trump - totalement pris en otage par ses donateurs israéliens - serait plutôt une "guerre de la tétrade Netanyahou/Mossad/Miriam Adelson/AIPAC" : "ce sont les Israéliens qui ont poussé pour le lancement de ces opérations, dont nous savions qu'elles provoqueraient des représailles (Joe Kent dixit)".
À ce jour, Joe Kent a raison de dire que "la guerre contre l'Iran peut mal tourner", produire des conséquences à long terme, une escalade régionale et des répercussions géopolitiques plus larges qui renforceront le gouvernement iranien en interne : "nous faisons le jeu de la Chine" et "nous verrons probablement des attentats ici aux États-Unis, inspirés par des individus... hum... locaux". Méga-Argh ! Pour sa part, Tucker Carlson a déclaré que "la menace imminente ne vient pas de l'Iran, elle vient d'Israël." Les États-Unis et la Maison Blanche peuvent-ils se libérer de la prise en otage par Israël ?
Traduction
Maria Poumier
Source
La Jornada (Mexique)
Le plus important quotidien en langue espagnole au monde.
[1] " Joe Kent, directeur du Centre National de Contreterrorisme, démissionne, parce que Donald Trump est parti en guerre"sous la pression d'Israël"", par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Maria Poumier, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 19 mars 2026.
[2] " Joe Kent Reveals All in First Interview Since Resigning as Trump's Counterterrorism Director", Tucker Carlson, YouTube, March 19, 2026.
[3] " Días finales de Zelensky : ¿implicado en el atentado a Trump y el homicidio de Charlie Kirk ?", Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 12 de noviembre de 2025.
[4] " Miriam Adelson", Bloomberg Billionaires Index.
[5] " The Direct Chain from Vegas Mafia to Trump Bombing Iran", Tam Hunt, Medium, March 2, 2026.
[6] " Balancing act : Top general tries to avoid conflict with Trump while preparing for possible war with Iran", Natasha Bertrand, Zachary Cohen & Haley Britzky, CNN, February 25, 2026.