
© Anupam Nath Source: AP
Des agriculteurs récoltent le riz dans une rizière à la périphérie de Guwahati, en Inde, en mai 2025. [Photo d'illustration]
Dans un article publié le 19 mars, Reuters rapporte que New Delhi multiplie les discussions avec la Russie, la Biélorussie et le Maroc afin de sécuriser ses approvisionnements en engrais, dans un contexte de tensions géopolitiques et de restrictions à l'exportation qui menacent l'équilibre du marché mondial.
L'Inde, l'un des principaux importateurs mondiaux d'engrais, intensifie ses efforts diplomatiques pour garantir la continuité de ses approvisionnements. Selon des sources gouvernementales et industrielles, des discussions sont en cours avec la Russie, la Biélorussie et le Maroc afin d'augmenter les volumes importés dans les prochains mois.
Cette stratégie intervient alors que les tensions au Moyen-Orient et les restrictions à l'exportation imposées par la Chine font craindre un resserrement de l'offre mondiale à l'approche de la saison agricole estivale. L'agriculture, pilier de l'économie indienne, dépend fortement des importations de produits tels que l'urée, le phosphate diammonique (DAP) et la potasse.
Le Moyen-Orient représente actuellement près de la moitié des importations indiennes d'urée et de DAP, avec l'Arabie saoudite et Oman comme principaux fournisseurs. Mais l'instabilité régionale pousse New Delhi à anticiper d'éventuelles perturbations. "Nous disposons de stocks supérieurs à ceux de l'an dernier, mais si le conflit se prolonge, la situation pourrait se tendre", a indiqué une source proche du dossier.
Un contexte incertain
Dans ce contexte, les autorités indiennes adoptent une approche proactive. Le ministère des Affaires étrangères a confirmé le maintien de contacts avec plusieurs pays partenaires, tandis que le Département des engrais a déjà lancé des appels d'offres pour sécuriser de nouveaux volumes. Les données officielles montrent que les stocks sont actuellement confortables, avec une hausse de 10,7 % pour l'urée et de 105 % pour le DAP sur un an.
Toutefois, la demande devrait fortement augmenter en juin et juillet, période correspondant aux semis de cultures majeures comme le riz, le maïs ou le coton.
Au-delà des engrais, l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL), indispensable à la production d'urée, constitue une autre source d'inquiétude. Les livraisons en provenance du Qatar, principal fournisseur de l'Inde, ont été perturbées dans un contexte de tensions dans le détroit d'Ormuz, un axe stratégique du commerce énergétique mondial.