18/03/2026 reseauinternational.net  4min #308118

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Animalicide de la guerre d'Iran dans le détroit d'Ormuz ?

La guerre dans le golfe Persique menace les animaux et les plantes marines déjà vulnérables

par Marika Griehsel

"Les explosions en surface et sous l'eau génèrent un bruit et des ondes de choc considérables. Les baleines, les dauphins, les tortues et les poissons peuvent être désorientés, perdre l'ouïe ou subir de graves blessures. Pour les espèces déjà en situation précaire dans cet environnement extrêmement chaud, ce stress supplémentaire peut être dévastateur", explique Deep Sea Reporter, organisme indépendant étudiant les enjeux liés à la mer.

"Peu de gens pensent aux animaux et à la nature en ce moment, mais plusieurs espèces menacées, déjà en danger avant la guerre, vivent ici. La situation devient encore plus difficile pour les marsouins et les dauphins rares, par exemple", explique un biologiste marin, spécialiste de la recherche dans la région, qui souhaite garder l'anonymat.

Le détroit d'Ormuz, étroit passage entre Oman et l'Iran qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman, abrite une faune et une flore marines uniques et d'une grande richesse biologique. Les espèces et les plantes y sont adaptées à des conditions extrêmes et dépendent fortement du bon fonctionnement des écosystèmes.

Des forêts de mangroves uniques sont menacées.

Le long des côtes bordant le golfe Persique s'étendent des mangroves et des herbiers marins où paissent des espèces herbivores comme les lamantins et les dugongs. La région constitue également une importante voie de migration pour les baleines, notamment le rorqual de Bryde, la baleine à bosse d'Arabie (espèce en danger critique d'extinction) et le requin-baleine. Les tortues vertes et les tortues imbriquées y vivent et s'y reproduisent également.

On dénombre plus de 700 espèces de poissons différentes dans le golfe Persique, dont des espèces d'importance commerciale telles que le maquereau royal, le mérou, le vivaneau, le barracuda, la carangue et le thon.

Ce biologiste marin a passé plusieurs années à étudier les récifs coralliens fragiles et à plonger dans de nombreux endroits de la région, notamment sur l'île de Kish en Iran.

"Les explosions en surface et sous l'eau génèrent un bruit et des ondes de choc considérables. Les baleines, les dauphins, les tortues et les poissons peuvent être désorientés, perdre l'ouïe ou subir de graves blessures. Pour les espèces déjà en situation précaire dans cet environnement extrêmement chaud, ce stress supplémentaire peut être dévastateur", explique la source.

Le détroit d'Ormuz est un corridor énergétique crucial par lequel transite environ 20 à 25% de la consommation mondiale de pétrole. Même en temps de paix, l'intense trafic de pétroliers représente un risque constant pour la faune marine, notamment en raison des collisions avec les baleines et les marsouins, et des risques de marées noires et autres formes de pollution environnementale.

L'Iran a actuellement bloqué tout passage par le détroit et, selon les informations fournies à la BBC, prévoit de maintenir fermée cette partie stratégique de l'océan Indien pendant six mois.

Des travaux de recherche à long terme risquent d'être perdus.

Le biologiste marin décrit comment une grande partie du travail de longue haleine consacré à la cartographie et à la protection du milieu marin risque aujourd'hui d'être perdue.

"Depuis de nombreuses années, les recherches menées dans cette région visent à comprendre comment ces écosystèmes uniques survivent dans l'une des mers les plus extrêmes du monde. Si la guerre se poursuit, nous risquons de perdre des espèces et des décennies de connaissances avant même d'avoir pleinement compris ce qui se trouve ici et comment l'écosystème fonctionne réellement".

À propos de Deep Sea Reporter : Notre ambition est d'étudier et de rendre compte des enjeux liés à la mer et à la vie sous-marine. Nous agissons dans l'intérêt public et sommes indépendants de tout intérêt politique, commercial ou autre.

source :  Deep Sea Reporter

traduit par  Candice van Eijk-Vacle

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