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Un enfant sur une colline surplombant des abris de fortune. [Photo d'illustration]
L'ordre d'évacuation lancé par l'armée sud-soudanaise à Akobo, ville contrôlée par l'opposition, a forcé près de 100 000 habitants à fuir vers l'Éthiopie, a alerté l'UNICEF. Cette vague de réfugiés s'ajoute à une crise humanitaire déjà dramatique, avec des hôpitaux pillés et une malnutrition alarmante chez les enfants.
L'exode brutal, déclenché au début du mois dans l'extrême est du Soudan du Sud, révèle l'intensité des combats qui menacent de replonger le pays dans une guerre civile totale, seulement quelques années après l'accord de paix de 2018.
L'armée avait exigé, le 6 mars, le départ immédiat des civils et des organisations humanitaires d'Akobo, dans l'État de Jonglei. L'ONU avait rejeté cette injonction et défié l'armée en restant à Akobo pour protéger les civils. Cependant, les forces armées affirment désormais contrôler la ville, mais les informations restent contradictoires en raison des coupures de communication. Une source sécuritaire citée par l'AFP indique que les forces gouvernementales ont détruit des bâtiments pour créer une zone tampon autour de la caserne.
L'UNICEF a dénoncé une situation "qui se détériore pour les enfants". "On estime à 100 000 le nombre de personnes ayant traversé la frontière vers l'Éthiopie", précise l'agence onusienne dans son communiqué, alors que des massacres ont été perpétrés au début du mois.
Une crise humanitaire qui s'aggrave à vue d'œil
Toutes les personnes soignées à l'hôpital d'Akobo ont fui. L'établissement a été pillé et est désormais fermé. Vingt-huit structures de santé ont été détruites, pillées ou fermées depuis janvier dans le Jonglei, alors que le choléra sévit. Médecins Sans Frontières (MSF) a dû évacuer son personnel le 7 mars, abandonnant des centaines de milliers de personnes sans soins. "Les conséquences pour les populations sont dévastatrices", a déclaré Christophe Garnier, chef de mission de MSF. L'organisation rapporte que l'hôpital soutenu pour la pédiatrie a été saccagé, tout comme sa pharmacie et son bureau.
L'ONU, via l'OCHA, avait exprimé sa "vive inquiétude" dès le 10 mars face à cet ordre d'évacuation visant aussi les casques bleus et les ONG. Akobo abritait alors près de 270 000 habitants, dont la moitié de femmes et d'enfants totalement dépendants de l'aide. L'UNICEF évalue à 100 000 les Sud-Soudanais qui ont fui vers l'Éthiopie voisine.
South Sudan Violence Forces 100,000 to Flee to EthiopiaUNICEF reports that roughly 100,000 people have fled the opposition-held town of Akobo in Jonglei State after South Sudan's army ordered an evacuation earlier this month. The move comes amid escalating clashes between... pic.twitter.com/S4YELSmfTk
- CBI News (@cbinewstv) March 17, 2026
L'urgence humanitaire pourrait tourner à la catastrophe dans un contexte économique tendu en Afrique avec le blocage du détroit d'Ormuz.
Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, reste rongé par la pauvreté, la corruption et les affrontements récurrents entre les forces de Salva Kiir et celles de Riek Machar. L'accord de 2018 s'effrite depuis 2025, ravivant la peur d'un conflit ouvert.