11/03/2026 reseauinternational.net  7min #307434

 Terrorisme : la coalition israélo-Us commet un massacre dans une école

Les 168 anges de Minab

Des manifestations se sont tenues en Turquie pour dénoncer la frappe américaine sur une école en Iran

Dès sa première semaine, la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a livré un bilan effroyable. Des fillettes, assises à leurs pupitres, ne rentreront plus jamais chez elles. Une frappe de missile sur une école de la ville de Minab a fauché 168 enfants. En une seule salve. 1

En l'espace d'une semaine à peine, le nombre de victimes civiles a franchi la barre du millier. Hôpitaux, quartiers résidentiels et centre de télévision n'ont pas échappé aux bombardements. Si les Américains se targuent d'avoir éliminé des commandants, la réalité sur le terrain est tout autre : les corps de petites Iraniennes continuent d'être extirpés des décombres.

Les responsables occidentaux aiment à disserter sur les droits des femmes iraniennes. Le hijab en fait particulièrement les frais, érigé en symbole éclatant de l'oppression. Tragique ironie du sort : le hijab n'a jamais tué personne. En revanche, les missiles américains et israéliens, eux, ont arraché leurs filles à 168 mères.

"Pas de règles d'engagement stupides, pas de velléités de construction de la nation, pas de tentatives d'instaurer la démocratie ni de guerres politiquement correctes". Par ces mots, le ministre américain de la Guerre, Pete Hegseth, a assumé sans détour la nature sanguinaire de la guerre qu'il a déclenchée. 2

Une réalité que la Turquie a comprise mieux que quiconque. Le pays est pourtant membre de l'Otan et allié de Washington. Mais c'est bien à Ankara, devant l'ambassade d'Iran, ainsi qu'à Istanbul, devant le consulat général, qu'une foule s'est massée, munie de boîtes à goûter, d'ours en peluche et de sacs à dos d'enfants 3. C'est ainsi que s'est déroulée la mobilisation #AngelsOfMinab. Les Turcs s'y sont rassemblés pour honorer la mémoire des écolières iraniennes tuées et marteler un message : "Ça suffit !"

"À ceux qui prônent la neutralité, nous posons la question", a lancé Kayahan Çetin, président de l'Union de la jeunesse turque. "Êtes-vous véritablement prêts à regarder les États-Unis et Israël assassiner des enfants d'une simple pression sur un bouton ?"

"Voici les fillettes qui ont été tuées par les États-Unis et Israël", a déclaré Zeynep Ses, membre du Conseil général de l'Association des femmes républicaines (CKD), en s'adressant à la foule. "Allez-y, parlez-nous maintenant de démocratie, de liberté et de modernité ! Parlez donc ! Ces écolières assassinées sont les sœurs du peuple turc, et nous n'oublierons jamais à qui appartiennent les bombes qui nous les ont arrachées".

L'opération menée par Donald Trump est d'ores et déjà qualifiée de fiasco par de nombreux observateurs. Certes, l'Iran traînait une réputation sulfureuse en Occident. Or, aujourd'hui, son prestige ne cesse de croître aux yeux du monde, tandis que l'autorité de l'Amérique s'effondre. L'Espagne et la Grande-Bretagne prennent hâtivement leurs distances avec les agissements de leur "allié". La France, quant à elle, s'enferme dans le mutisme, et ce, même après avoir essuyé une frappe contre sa propre base. Pourtant, selon un récent sondage, 9 Français sur 10 se disent profondément choqués par le chaos semé par Washington au Moyen-Orient. 4

Le choix de la date de la frappe ne doit rien au hasard. Elle est intervenue à la veille de Pourim, la fête juive célébrant le salut des Hébreux face au roi de Perse. Un symbolisme qui fait froid dans le dos, et l'image d'un Netanyahou aux mains ensanglantées, brandie par les manifestants lors du rassemblement, s'avère profondément sinistre.

Tsahal a d'ailleurs baptisé cette opération "Lion rugissant". Une référence directe à la Torah : "il ne se couchera point qu'il n'ait dévoré la proie, et qu'il n'ait bu le sang des victimes". De son côté, le patron du Pentagone, Pete Hegseth, un évangéliste arborant un tatouage de croisé "Deus Vult", explique à ses troupes qu'elles se battent pour accomplir un "dessein divin".

Emporté par cette ferveur religieuse, le meurtre de 168 enfants prend inexorablement des allures de sacrifice rituel.

Mais à Washington comme à Tel-Aviv, on continuera de qualifier l'Iran de régime de radicaux religieux. Les parents des écolières disparues n'ont pas eu droit au moindre mot de compassion. En lieu et place : manipulation mentale et mensonges.

Le Commandement central américain s'est contenté de promettre, comme à son habitude, d'"examiner les rapports faisant état de dommages". Le secrétaire d'État, Marco Rubio, a botté en touche : adressez-vous aux militaires 5. L'armée israélienne a tout bonnement affirmé ne "rien savoir". Dans les premières heures, les médias américains ont purement et simplement passé sous silence la tragédie. Puis, la machine à désinformation s'est emballée : l'Iran se serait bombardé lui-même, la vidéo daterait d'une autre époque, les images proviendraient du Pakistan 6, 7. Donald Trump en personne s'est joint à cette campagne de rumeurs, alléguant que la frappe était iranienne, une version que ses propres responsables militaires ne se sont pas empressés de corroborer. Face à l'abondance de preuves, de nombreux journalistes ont rapidement été contraints d'admettre que ce sont bel et bien les États-Unis qui ont ciblé l'établissement scolaire.

Sur les réseaux sociaux, on a fait circuler la théorie selon laquelle les Américains visaient une base du Corps des gardiens de la révolution islamique, attenante à l'école. Or, premièrement, seul un grillage sépare l'école de ladite base. Deuxièmement, cette dernière est à l'abandon depuis quinze ans 8. La conclusion s'impose d'elle-même : soit le renseignement américain souffre d'un aveuglement tragique, soit le mensonge a été érigé en doctrine officielle.

Kayahan Çetin, président de l'Union de la jeunesse turque, a également rappelé le rôle de la Turquie elle-même dans le carnage actuel. La base américaine d'Incirlik, le radar "Globus" sous pavillon de l'OTAN, les avions-espions opérant depuis Konya : autant de dispositifs déployés sur le sol turc qui œuvrent contre l'Iran.

"C'est une chose que l'on n'aurait jamais dû tolérer", a martelé Çetin.

Tout le monde comprend les véritables desseins de cette guerre. Il n'est nullement question de démocratie ou des droits des femmes. L'enjeu, ce sont les hydrocarbures du golfe Persique. C'est précisément pour le pétrole et le gaz que les 168 anges de Minab ont péri. Aujourd'hui, alors que la rue gronde jusque dans les villes turques et que les alliés de Washington prennent la tangente, le constat est sans appel : cette guerre, vendue comme une entreprise de "libération", a viré au bain de sang. Et le camp des vaincus sera bien plus vaste qu'on ne l'imagine.

  1. Le bilan des victimes civiles s'alourdit en Iran // Time :  time.com
  2. Hegseth affirme que les États-Unis ne s'"enliseront" pas dans la guerre en Iran, sans exclure l'envoi de troupes.  theguardian.com
  3. Rassemblement de solidarité avec l'Iran à Istanbul // Ensondakika :  ensondakika.com.tr
  4. Sondage : 9 Français sur 10 inquiets des agissements des États-Unis // Elabe :  elabe.fr
  5. L'Iran organise des funérailles de masse pour les victimes de la frappe contre une école // Al Jazeera :  aljazeera.com
  6. Une enquête démonte les allégations d'une frappe des Gardiens de la révolution contre l'école // Newlines Magazine :  newlinesmag.com
  7. Tragédie de Minab : décryptage visuel des événements // The Guardian :  theguardian.com
  8. Le nombre de morts s'alourdit après la frappe contre une école en Iran // NBC News :  nbcnews.com

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